Un mois d’octobre bien complet pour la démocratie participative

Un mois d’octobre bien complet pour la démocratie participative

La démocratie participative a été rythmé en ce mois d’octobre par un ensemble d’interventions de l’équipe OSP en France et en Espagne ! Entre Madrid, Barcelone, Marseille, Poitiers, Paris les destinations ont été nombreuses et les occasions n’ont pas manqué pour présenter notre expérience du logiciel Decidim.

Virgile Deville au colloque de l’Association des Maires d’Île-de-France à Paris

Virgile intervient au colloque de l'Association des Maires d'Île-de-France au sujet à la table ronde "Les outils de la civic-tech vont-ils transformer la participation citoyenne ?"

Retrouvez ici notre article sur l’intervention de Virgile

Léo Cochin à l’événement « Innovations sociales : notre meilleur investissement » de Paris-Bercy

Léo Cochin s’est rendu le 14 octobre à Bercy dans le cadre de l’évènement « Innovation sociale, notre meilleur investissement » organisé par la Direction des achats de l’Etat (DAE), le LIBERTÉ LIVING-LAB et Le French Impact .

Plusieurs acteurs publics ont exprimé leur volonté d’orienter l’achat public vers une recherche permanente d’efficience économique mais aussi sociale. Utilisé aujourd’hui par plus de 150 institutions, le logiciel libre DECIDIM s’inscrit dans une logique durable de l’investissement public. Chaque investissement destiné à l’amélioration de ce bien commun permet à une large communauté internationale d’explorer sereinement l’innovation démocratique et sociale. L’investissement dans un logiciel open source permet en effet aux acteurs publics de ne pas être dans une situation de dépendance vis à vis de leur prestataire.

Eloïse Gabadou à l’Europeanlab de Madrid

Eloïse représentait Decidim et OSP lors de l’Europeanlab de Madrid, le 18 et 19 octobre 2019. Ce laboratoire d’idées rassemble chaque année 250 acteurs européens pour éclairer, soutenir et accompagner les initiatives qui feront la culture de demain.
Au programme de ces deux jours de réflexion et de rencontres : débats, rencontres, bibliothèque vivante, musique, plateau radio, ateliers pour enfants, workshop..
Eloïse a présenté Decidim et Open Source Politics lors d’une table ronde au sur la citoyenneté numérique, la smartcity, et les communes digitales

Valentin Chaput à Marseille pour l’événement « Faire ensemble » de Numérique En Commun(s)

Le 18 octobre 2019, OSP s’est rendu à Marseille à l’événement « Faire Ensemble ». Cette rencontre nationale organisée par Numérique en commun[s] rassemble pendant deux jours les partie-prenantes de la construction de la société numérique.

En parallèle des enjeux d’inclusion numérique largement débattus dans le cadre de Numérique en Commun(s) , Valentin Chaput a présenté la dimension européenne du projet Decidim lors d’un échange avec Louise Guillot de la 27e Région à propos des communs. En quoi faire société autour des communs permet d’assurer la pérennité et le développement de ressources relevant de l’intérêt général ? Cette question nous a fait vivre un débat passionnant au Mars Medialab.

Antoine Gaboriau aux rencontres, citoyenneté numérique 2019 à Poitiers

Antoine Gaboriau est intervenu le 7 octobre au sujet des outils numériques open source durant l’événement « Rencontres, citoyenneté numérique » organisé en partenariat avec le Conseil de développement de Grand Poitiers. Il était accompagné de

Ensemble, ils abordaient le sujet de la civic tech, et discutaient des initiatives menées via la société civile à travers le numérique. À tour de rôle, ils listaient des méthodes existantes permettant aux citoyens de s’impliquer dans les institutions et dans l’élaboration des politiques publiques.

Virgile Deville au Decidim Fest de Barcelone

Démocratie participative: Decidim Fest de Barcelone

Lors du Decidim Fest 2019, le 29, 30 et 31 octobre, Virgile Deville représentera OSP lors d’un workshop : « Participation en pratique : Processus participatifs et budgets« .

Il parlera de l’expérience d’Open Source Politics dans la mise en place de budgets participatifs en utilisant Decidim. Open Source Politics a aujourd’hui installé une vingtaine de budgets participatifs pour des collectivités, ce qui permet de tirer des enseignements, que Virgile détaillera lors de son intervention.

À sa table ronde, Virgile sera accompagné de :

  • Alberto Labarga (Université publique de Navarra, Open Knowledge Foundation)
  • Sílvia Luque (Fondation Ferrer i Guàrdia)
  • Óscar Pretel Ramírez (ancien conseiller en participation, et transparence de la mairie de Saragosse)
La technopolitique pour repenser les réseaux numériques

La technopolitique pour repenser les réseaux numériques

En 2011, des centaines de milliers d’Espagnol.es, manifestent dans les rues pour protester contre l’inaction politique face à la crise économique qui secoue le pays. Les syndicats et les partis politiques restent paralysés face à ce mouvement d’une ampleur inédite. Pendant des semaines, les Indignés campent et organisent seul.es une contestation de masse.

Dans ce moment d’effervescence, une réflexion inédite naît, renouvelant les rapports entre politique et technologie. L’organisation des multiples actions des Indignés via des outils numériques nourrit cette réflexion en fondant un argument désormais presque classique : les technologies numériques autorisent les citoyen.nes à s’organiser eux-mêmes, à prendre leurs propres décisions et à fixer seul.es leurs objectifs

En dehors des instances classiques de représentation et d’expression des intérêts des citoyen.nes, les différents outils développés par les activistes du 15M leur ont permis de coordonner d’innombrables manifestations et actions coup-de-poing. Ils ont créé des structures de fonctionnement horizontales ; ils ont réussi à penser l’engagement des citoyen.nes par la co-construction de réseaux numériques.

Ce point était cardinal dans le développement de ces technologies ; il fallait inclure tous et toutes les citoyen.nes dès la conception d’un outil. Donner le maximum de garanties de transparence, d’égalité et de redevabilité était donc dans toutes les têtes. L’intégration de ces principes démocratiques au commencement de l’élaboration technique a directement favorisé l’utilisation critique et stratégique des outils numériques au service d’une action politique collective ; ce que les activistes appellent encore aujourd’hui la technopolitique.

Decidim, fer de lance de la technopolitique

C’est cet esprit qui préside, en 2016, à la création du projet Decidim. Les instigateur.trices de ce projet, pour beaucoup des chercheur.es et ancien.nes activistes du 15M, avaient la volonté de relier les citoyen.nes via un outil dédié à la prise de décision collaborative. L’enjeu n’était pas de reproduire le 15M à l’intérieur des institutions plus que d’introduire les citoyen.nes à ces débats ; en somme, il fallait créer un outil pédagogique facilitant l’engagement des citoyen.nes et leur donnant envie d’aller plus loin dans la quête de leur propre autonomie politique.

Dans ce contexte intellectuel militant, Decidim s’est présenté comme  l’outil numérique qui traduit en pratique la technopolitique en visant la responsabilisation progressive des citoyen.nes, à travers un Contrat social strict et des principes profondément démocratiques inscrits dans le code même de la plateforme

Pour Open Source Politics, l’enjeu est de taille ; il s’agit de conserver et diffuser l’état d’esprit profondément pédagogique qui fonde la création du logiciel tout en permettant son appropriation par des acteurs qui peuvent avoir des objectifs différents des activistes du 15M. Nous travaillons donc au quotidien pour que les plateformes numériques que nous lançons introduisent les gens à la technopolitique en offrant des espaces favorisant l’expression et la discussion, médiées par un cadre et des objectifs concertationnels ou laissées libres.

Diffuser une nouvelle culture du numérique

C’est précisément ce que nous avons voulu illustrer lors du Decidim Day le 12 septembre dernier. Cette journée d’ateliers, de plénières et de tables rondes organisée par notre équipe fut une belle occasion d’expliquer le terme de technopolitique à des oreilles françaises peu habituées, ainsi que d’illustrer notre propre conception de cette idée. 

Nous avons donc cherché à faire infuser les différentes réflexions soulevées par la technopolitique dans notre propre événement. La plénière d’inauguration devait permettre d’aborder deux approches différentes du rapport entre technologie et politique ; l’une à visée régulatrice développée à l’intérieur de l’Assemblée Nationale par Paula Forteza, l’autre construite patiemment et de manière décentralisée par Santiago Siri et l’équipe de Democracy Earth. 

Trois parcours ont ensuite orienté les échanges dans différentes directions. Nous avons eu l’occasion de questionner la place de l’Etat et des collectivités dans la construction et le soutien aux communs numériques mais également la pertinence de la diffusion de la technopolitique dans le secteur de l’entreprise et de l’émergence de nouveaux modes de gouvernance industrielle. Une table ronde dédiée s’est également demandée s’il était possible d’identifier les différents rôles que les citoyen.nes occupent et incarnent pendant les processus de participation. Fondamentalement technopolitique, cette discussion a pu entrer dans le vif du sujet. Quelle pédagogie, quel accompagnement pour amener les citoyen.nes à s’emparer des questions politiques via la technologie ?

Tout cela nous a encouragé à discuter également de l’émergence d’un réseau français des communs généraliste, afin d’ouvrir la réflexion technopolitique à d’autres acteurs issus d’autres milieux. L’élargissement de la discussion à des exemples d’outils numériques internationaux a aussi largement contribué à l’exhaustivité des points de vue sur le sujet. Enfin, la pédagogie devant se penser comme inclusive et destinée au plus large public possible, Open Source Politics souhaitait proposer des ateliers sur le thème de l’accessibilité, de l’inclusion numérique, de la synthèse et de l’auto-gouvernance.  

Enjeux technopolitiquesChantiers Decidim et OSP
Traitement de jeux de données massifs et synthèse des consultationsDepuis 2017 nous investigons sur l'application du traitement automatique de la langue aux corpus de texte et de données issus des consultations. Relire nos articles à ce sujet sur Medium partie I et II.
Inclusion numérique et accessibilitéOpen Source Politics est sociétaire de la Mednum, la coopérative de l'inclusion numérique
Identité numérique- OSP développe un connecteur France Connect pour Decidim qui sera disponible cet automne 2019. - Decidim permet mettre en place des systèmes de vérification  d'identité contextuelle à l'action réalisée par l'utilisateur (vote sur une budget participatif) personnalisé.
ReprésentativitéDecidim est l'une des seules plateforme à proposer un module de tirage au sort.
Décentralisation et sécurité de la donnéeDecidim propose déjà un certain nombre de garanties pour la donnée que la plateforme génère (API, empreinte cryptographique des propositions etc.). Dans le cadre du projet Européen Decode, Decidim a pu experimenter avec la technologie blockchain pour effectuer des signatures électroniques.

Le positionnement critique de la technopolitique nous permet de penser et construire nos stratégies de participation et le développement de Decidim en fonction des enjeux actuels (inclusion, prise de décision décentralisée…). Il nous encourage également au quotidien à réfléchir à des questions de pointe sur le sujet de la participation citoyenne et à nous remettre continuellement en cause sur la finalité de Decidim tel qu’il est conçu et développé par OSP. Le Decidim Day fut une réussite, en partie car il a été l’occasion de démontrer notre méthode et d’inviter nos partenaires (présents et futurs) à prendre toute leur part dans cette méthode, en constante évolution.

Les outils de la civic-tech vont-ils transformer la participation citoyenne ?

Les outils de la civic-tech vont-ils transformer la participation citoyenne ?

Virgile Deville, co-fondateur d’Open Source Politics (OSP), est intervenu le jeudi 19 septembre 2019 à l’occasion du colloque sur la concertation citoyenne : « Au lendemain du grand débat national, quelle perspectives pour la démocratie participative à l’échelle locale? » organisé par l’Association des Maires d’Ile de France (AMIF). OSP répondait à la question « les outils de la civic-tech vont-ils transformer la participation citoyenne ? »

Virgile Deville intervient à la table ronde "Les outils de la civic-tech vont-ils transformer la participation citoyenne ?" lors du Colloque sur la concertation citoyenne organisé par l'AMIF (Association des Maires d'Île de France)

Ce colloque était l’occasion pour OSP de présenter le rôle des plateformes numériques comme Decidim dans le cadre de concertations citoyennes et de partager notre expérience quant à la mise en place de ces plateformes au sein des collectivités territoriales.

Le logiciel libre Decidim s’adapte aux besoins de ces institutions et propose un système d’information complet et transparent pour la démocratie numérique, permettant de modéliser n’importe quel processus participatif.

En dehors de l’excellente formule de Mathieu MonotMaire-Adjoint de Pantin, référent de la commission participation citoyenne de l’AMIF, sur l’évolution du rôle du maire : 

Nous avons successivement admiré les maires gestionnaires et bâtisseurs maintenant j’ai la conviction que c’est au tour des maires concerteurs !

nous retenons 3 points de cette expérience :

Des biens communs numériques pour propulser les concertations publiques, une évidence

Pourquoi ? Les biens communs numériques sont porteurs de valeurs telles que la transparence et l’intégrité des données, la protection des données personnelles, l’égalité des participants et la reddition des comptes. Le modèle proposé par Decidim combinant licence libre (AGPLv3) et contrat social pose les garanties démocratiques nécessaire à toute démarche de démocratie numérique. 

Pour aller plus loin sur ce sujet, nous vous recommandons l’article de @calimaq (Lionel Maurel) qui aborde le concept de Logiciel Libre à mission en prenant Decidim comme exemple.

L’hybridation numérique / présentiel est essentielle

Les outils numériques ne sont pas magiques et la participation active est le fruit d’un apprentissage progressif. Des gages de transparence sont nécessaires pour donner confiance aux citoyens et ceux-ci ne peuvent être transmis que par des interactions humaines. Il est par conséquent nécessaire de garantir une hybridation d’espaces de participation numérique et présentiel.

Le travail d’OSP avec les institutions pousse aujourd’hui à avoir un usage critique et stratégique des outils numériques au service d’une action politique, collective et souveraine.

Des usages de plus en plus avancés, des plateformes toujours plus complètes

Une plateforme pour les municipalités c’est avant tout une plateforme modulaire et configurable.

Les démarches participatives au sein des municipalités doivent considérer les différents degrés d’engagement (cf. schéma ci-dessous). Pour ce faire, l’outil en question doit permettre de modéliser tout type de démarche participative. Decidim est particulièrement efficace face à cet enjeu avec son architecture modulaire et profondément configurable. C’est un véritable Lego de la participation où les institutions définissent l’architecture de leur espaces de participation sur mesure en activant et configurant des fonctionnalités participatives.

Schéma de l'évolution du degrés d'implication des citoyens à travers les usages

Les enjeux technopolitiques que la civic tech doit encore relever

Nous avons conclu notre intervention en rappelant que la participation numérique n’en est encore qu’à ses débuts. La mise en plateforme comme Decidim soulève des questions passionnantes :

Enjeux technopolitiquesChantiers Decidim et OSP
Traitement de jeux de données massifs et synthèse des consultationsDepuis 2017 nous investigons sur l’application du traitement automatique de la langue aux corpus de texte et de données issus des consultations. Relire nos articles à ce sujet sur Medium partie I et II.
Inclusion numérique et accessibilitéOpen Source Politics est sociétaire de la Mednum, la coopérative de l’inclusion numérique
Identité numérique– OSP développe un connecteur France Connect pour Decidim qui sera disponible cet automne 2019.
– Decidim permet mettre en place des systèmes de vérification  d’identité contextuelle à l’action réalisée par l’utilisateur (vote sur une budget participatif) personnalisé.
ReprésentativitéDecidim est l’une des seules plateforme à proposer un module de tirage au sort.
Décentralisation et sécurité de la donnéeDecidim propose déjà un certain nombre de garanties pour la donnée que la plateforme génère (API, empreinte cryptographique des propositions etc.).
Dans le cadre du projet Européen Decode, Decidim a pu experimenter avec la technologie blockchain pour effectuer des signatures électroniques.

Autant de défis qu’il nous est possible de relever collectivement grâce au modèle ouvert à la collboration proposé par Decidim qui réunit déjà une multitudes d’acteurs complémentaires (universitaires, développeurs, sociologues, politistes, designers…). Un cadre de travail qui permet de les relever en réseau en mutualisant les efforts, les investissements et les apprentissages.

Nous tenions à remercier l’AMIF à cette occasion pour l’organisation du colloque et pour l’invitation à la table ronde.

Pour plus de détails, vous pouvez contacter notre équipe ici : contact@opensourcepolitics.eu
Pour en connaître plus sur Open Source Politics cliquez ici
Retrouvez la présentation de Virgile ici :