Business Development – Stage

Business Development – Stage

Tu recherches une expérience professionnelle porteuse de sens et d’impact sur notre démocratie ? L’équipe d’Open Source Politics t’accueille pour un stage concret, au contact des démarches les plus innovantes de participation citoyenne.

Présentation de l’entreprise

Open Source Politics est l’un des leaders français du secteur en pleine croissance de la civic tech. Depuis plus de trois ans, nous accompagnons plus d’une cinquantaine d’institutions et acteurs privés de premier plan dans leurs concertations numériques et budgets participatifs, grâce à Decidim, la plateforme de participation citoyenne d’envergure utilisée dans une dizaine de pays.

Véritable entreprise-écosystème, nous défendons avec nos partenaires en France et à l’étranger une certaine vision de la démocratie participative numérique axée sur la transparence, la collaboration, le respect de la vie privée et l’accessibilité.

Ta mission : propager la civic tech dans les territoires

Intégré·e dans une équipe de 15 personnes et en relation étroite avec nos nombreux partenaires, tu es chargé·e de la vente et de la prospection client.

Porte-parole d’Open Source Politics, ta principale mission est de présenter nos solutions de démocratie participative numérique et leurs bénéfices à nos clients potentiels. Tout en sachant être à l’écoute de leurs besoins, tu sais exprimer avec clarté et conviction la valeur ajoutée de nos offres en orientant les interlocuteurs rencontrés vers celle qui est la plus adaptée. Chargé du suivi et de la satisfaction client tu disposes d’une excellente connaissance du produit, tu présentes au client les nouvelles fonctionnalités et l’accompagne dans la réussite de son projet de concertation.

Doté·e d’un excellent relationnel et d’un mental d’acier, tu t’adresses en priorité aux acteurs publics et tu explores de nouveaux marchés potentiels dans les secteurs privé, associatif et politique. 

Pour mener à bien ta mission tu rejoins une équipe commerciale déjà structurée qui sera là pour te former aux enjeux du marché et t’accompagner vers une autonomie totale.

Profil recherché

  • A l’écoute, tes principales qualités sont l’empathie, la bienveillance et la rigueur ;
  • Organisé, tu construis minutieusement ton planning de prospection ;
  • Stratégique, tu renseignes et segmente ton fichier de prospection ;
  • Efficace, tu sais tirer partie des outils de prospection (Hubspot, Hunter.io etc.) ;
  • Autonome et sociable, tu sais t’intégrer facilement dans une équipe pluri-disciplinaire.

Pratique

  • Durée : 6 mois à temps plein 
  • Disponibilité : septembre 2020
  • Rémunération légale + 50 % du titre de transport 
  • Possibilité d’embauche ou de missions au terme du stage
  • Locaux : télétravail (Covid19)
  • Envoyez vos candidatures (CV + email d’introduction) à virgile@opensourcepolitics.eu et contact@opensourcepolitics.eu
Customer success management – Stage

Customer success management – Stage

Tu recherches une expérience professionnelle porteuse de sens et d’impact sur notre système démocratique ? L’équipe d’Open Source Politics t’accueille pour un stage concret, au contact de démarches pionnières en matière de participation citoyenne.

Présentation de l’entreprise

Open Source Politics est l’un des leaders français du secteur en pleine croissance de la civic tech. Depuis plus de trois ans, nous accompagnons plus d’une cinquantaine d’institutions et acteurs privés de premier plan dans leurs concertations numériques et budgets participatifs, grâce à Decidim, la plateforme de participation citoyenne d’envergure utilisée dans une dizaine de pays.

Véritable entreprise-écosystème, nous défendons avec nos partenaires en France et à l’étranger une certaine vision de la démocratie participative numérique axée sur la transparence, la collaboration, le respect de la vie privée et l’accessibilité.

Ta mission : optimiser l’utilisation de Decidim pour tes clients

Intégré-e dans une équipe de 15 personnes en forte croissance, tu accompagnes nos clients pour qu’ils aient une utilisation optimale de Decidim et de ses fonctionnalités. Tu travailles étroitement avec la team produit en qualifiant les bugs remontés par les clients et tu es force de proposition sur les améliorations à apporter au logiciel. La team Support est en première ligne pour répondre à nos clients, il te faudra donc devenir un Ninja ⛩ de Decidim pour accomplir les missions qui seront les tiennes :

  • Répondre aux tickets entrants envoyés par le client  ;
  • Identifier et comprendre la demande du client, et déterminer s’il s’agit d’un bug du logiciel ou d’une demande de nouvelle fonctionnalité ;
  • Mettre à jour et améliorer la documentation et les différents supports d’apprentissages ;
  • Travailler avec la team Produit pour identifier et prioriser les bugs ;
  • Partager les retours utilisateur pour aider à construire la feuille de route Produit ;
  • Évaluer les données utilisateur afin d’améliorer le produit et les process.

En travaillant au contact de nombreux innovateurs sociaux, tu auras l’occasion de développer des compétences en gestion de projet agile et en culture web.

Profil recherché

  • Une curiosité pour les enjeux numériques ;
  • Un intérêt pour la Civic Tech et le renouveau démocratique ;
  • Une grande aisance rédactionnelle en français ;
  • La maîtrise de l’anglais et/ou de l’espagnol écrit et parlé sera appréciée ;
  • La capacité à s’intégrer de manière autonome dans une équipe pluri-disciplinaire ;
  • Expérience : Une première expérience en support applicatif en relation directe avec des clients finaux est un plus.

Pratique

  • Durée : 6 mois à temps plein
  • Disponibilité : septembre 2020
  • Rémunération légale + 50 % du titre de transport
  • Possibilité d’embauche ou de missions au terme du stage
  • Locaux : télétravail tant que la pandémie Covid19 durera
  • Envoyez vos candidatures (CV + email d’introduction) à virgile@opensourcepolitics.eu et contact@opensourcepolitics.eu
Parlements numériques : adapter les institutions démocratiques aux réalités du 21e siècle

Parlements numériques : adapter les institutions démocratiques aux réalités du 21e siècle

The coronavirus crisis should be a catalyst for institutionalising the use of digital tools in parliament

Cet article est une traduction réalisée par Open Source Politics de l’article publié sur le Medium « Participo », une publication de l’OCDE. Pour consulter l’article original de Paula Forteza, cliquez ici.

Depuis le début de la crise du coronavirus, les processus législatifs sont au point mort en raison de l’éloignement physique. De nombreux législateurs testent actuellement des technologies qui permettront à leurs institutions démocratiques de se réunir, de délibérer et de voter malgré ces mesures restrictives. Nous devons profiter de cet élan pour être ambitieux en termes de procédures législatives participatives et collaboratives. Comment ? En institutionnalisant l’utilisation des outils numériques au Parlement avec les mesures de sécurité et de protection de la vie privée nécessaires.

Les technologies numériques pour assurer la continuité démocratique pendant la crise

L’Assemblée Nationale a introduit des solutions temporaires pour préserver le débat parlementaire en utilisant des applications de vidéoconférence pour les délibérations en commission. Toutefois, le vote législatif se fait toujours en personne et n’est possible que pour un nombre très limité de députés. Ce choix de maintenir le fonctionnement des institutions principalement sur le plan physique s’explique par des raisons à la fois historiques et techniques : sincérité du vote, sécurité, tradition, etc.

Notre parlement est en retard dans la modernisation de ses processus, contrairement, par exemple, aux parlements d’Amérique latine qui sont pionniers dans ce domaine. Outre l’utilisation d’applications de vidéoconférence, les parlements du Brésil, du Chili et de l’Équateur ont développé leurs propres plateformes et solutions en ligne pour l’enregistrement des présences, la vérification du quorum et le vote. Dans au moins six autres pays d’Amérique du Sud – Argentine, Colombie, Costa Rica, Honduras, Jamaïque et Mexique – les organes législatifs ont commencé à expérimenter la participation virtuelle, en l’appliquant à des espaces non décisionnels tels que les groupes de travail ou les réunions de commissions. En Europe des pays comme le Royaume-Uni ou l’Espagne avancent plus vite que nous. Nous devrions suivre ces exemples.

En France, l’un des arguments les plus courants contre la numérisation du parlement, est qu’elle affaiblira l’aspect « cérémonial » de la délibération parlementaire. On fait valoir que la numérisation pourrait menacer les devoirs symboliques des députés et leur poids politique vis-à-vis des autres branches du pouvoir, y compris l’exécutif. Une autre raison peut être le manque de culture et de compétences numériques au sein du parlement français. Une étude récente a montré que seuls 5,37 % des députés se considéraient comme des experts du numérique, 10,23 % comme des connaisseurs et 12,65 % comme des enthousiastes.

Pour parvenir à un parlement numérique, il faudrait également recruter des profils techniques et du matériel adapté dans les deux chambres. En ce qui concerne les préoccupations au niveau politique, la doctrine doit évoluer. Les parlements numériques sont peut-être moins solennels que les procédures traditionnelles, mais cette horizontalité est bénéfique et peut rapprocher les élus de leurs citoyens.

La protection des données personnelles, la sécurité et l’accessibilité sont les conditions pour un parlement numérique

Je ne plaide pas pour une course aveugle à la numérisation : bien sûr, il y a certaines limites à l’introduction d’outils numériques dans la prise de décision institutionnelle. Par exemple, Zoom a été fortement critiqué en raison du manque de clarté des politiques de protection des données personnelles, du manque de sécurité et des violations des données personnelles.

Si l’on considère le vote à distance, plusieurs questions de sécurité se posent, comme la fraude par exemple. L’utilisation des outils numériques au Parlement est confrontée à d’autres défis, comme une bande passante Internet inégale, des problèmes techniques (mauvais son, problèmes de connexion, etc.), ainsi qu’une culture et des compétences numériques inégales. Toutefois, cela ne signifie pas que nous devons cesser de moderniser les organes législatifs. Au contraire, nous devrions aborder et résoudre ces problèmes qui ont été rendus plus visibles grâce à des mesures d’éloignement physique.

Outre les défis techniques, l’utilisation des outils numériques exige des normes élevées en matière de confidentialité des données, de cybersécurité et de décentralisation. Tout d’abord en appliquant le règlement général européen sur la protection des données, ainsi que des garanties plus strictes contre la surveillance gouvernementale et l’utilisation abusive des données personnelles.

En outre, les solutions web libres et open source devraient être la norme en matière d’outils numériques, tant dans les institutions que dans les administrations publiques. Par exemple, les applications de vidéoconférence décentralisées de poste à poste telles que Jitsi ou Big Blue Button peuvent constituer une excellente alternative à Zoom ou Google Meet.

Plus largement, les civic tech peuvent nous aider à poursuivre la délibération citoyenne en période d’éloignement physique, à condition qu’elles soient ouvertes, éthiques et répondent à un besoin réel. À titre d’exemple, j’ai utilisé à plusieurs reprises la plateforme Decidim pour établir un dialogue avec et entre les citoyens. Pendant la crise COVID-19, j’ai lancé avec 65 autres députés la plateforme « Le jour d’après« , où les citoyens pouvaient proposer, délibérer et voter sur des idées pour décider collectivement de la direction à prendre après la crise.

Les technologies numériques peuvent soutenir des démocraties plus résiliantes, plus innovantes et plus vivantes

Les mesures de confinement ont montré l’urgence d’adapter nos institutions et processus démocratiques pour en assurer la continuité, même en temps de crise. Aujourd’hui, près de 79 % des Français interrogés ont un sentiment négatif à l’égard de la politique. Au-delà de la réponse à l’urgence, de telles évolutions techniques – et culturelles – pourraient contribuer à renforcer la confiance des citoyens dans les élus et les institutions en favorisant la participation, la transparence et la responsabilité.

Il existe une myriade d’exemples, d’outils et de méthodes pour soutenir la modernisation et l’ouverture de nos parlements, par exemple en publiant les agendas des parlementaires et leurs dépenses, en assurant la transparence du lobbying au sein du parlement ou en faisant participer les citoyens à l’élaboration des lois.

Enfin, la question sous-jacente n’est pas de savoir si nous avons besoin de plus ou moins d’outils numériques dans nos institutions. Il s’agit de prendre en compte la transformation majeure de notre société, la révolution numérique, et d’y adapter notre culture politique. Nous pouvons utiliser les défis actuels pour construire une démocratie résiliante, innovante et réellement vivante. Même si la présente discussion porte sur l’utilisation des outils numériques, le but ultime reste de transformer et d’adapter nos institutions aux besoins et aux réalités du XXIe siècle.

Paula Forteza, née le 8 août 1986 à Paris, est une femme politique française. Elle est députée au Parlement depuis juin 2017, représentant les citoyens français d’Amérique latine et des Caraïbes. Elle a passé plus de 20 ans de sa vie en Amérique latine. Après plusieurs expériences au sein du gouvernement de la ville de Buenos Aires, de l’administration française, à Etalab, ou dans l’entreprenariat, elle souhaite placer le numérique, la transparence et la participation citoyenne au cœur du débat politique en France.

Retour sur le Decidim Fest 2019 : l’événement annuel de la communauté Decidim

Retour sur le Decidim Fest 2019 : l’événement annuel de la communauté Decidim

Article rédigé avec la collaboration de Nicholas Saul, Doctorant à l’école de droit de Sciences Po Paris qui également assisté au Decidim Fest.

L’objectif du DecidimFest est de réunir les différents acteurs (chercheurs, entreprises, associations, etc.) de la communauté Decidim à l’international, de présenter les dernières avancées du projet Decidim et de s’inspirer d’autres communautés et de logiciels libres aux missions similaires. Chaque année, l’équipe d’Open Source Politics (OSP) est invitée à présenter ses cas d’usages et c’est pour nous l’occasion de renforcer nos relations avec nos partenaires espagnols et internationaux.

Dans cet article vous trouverez un condensé de ce qui nous a été présenté pendant ces trois jours.

Perspective sur le futur : la Roadmap 2023

Avant que commence officiellement le Decidim Fest, nous avons eu l’occasion d’assister à l’Assemblée Générale de l’association Decidim, pour prendre la mesure de ce qui avait été accompli jusqu’ici et de la roadmap des années à venir.

Ce qu’il faut retenir :
L’association Decidim a désormais son statut légal et a enregistré sa marque. De plus, un accord entre Localret (la centrale d’achat de services informatiques catalane) et la ville de Barcelone a été signé pour promouvoir la plateforme Decidim sur les quatre prochaines années. Enfin il est désormais possible de devenir membre de l’association pour un montant annuel de 40 euros (cliquez ici pour en savoir plus).

L’un des enjeux des quatre prochaines années est de trouver différentes voies de financement pour assurer une stabilité financière. L’association souhaite faire grossir ses effectifs afin d’assurer la maintenance du cœur de la technologie, approfondir la documentation (technique, fonctionnelle, cas d’usage), le diffuser au plus grand nombre et promouvoir les garanties démocratiques et éthiques du projet. L’assemblée générale s’est terminée par une présentation des retours d’expérience sur le Decidim Day organisé par OSP le 12 septembre 2019 avec plus de 150 participants et 30 intervenants avec l’objectif global de faire connaître Decidim en France et penser le futur du bien commun numérique. Pour plus d’informations, voir ici

Premier jour : la construction d’une infrastructure accessible

L’introduction de la journée s’est faite par le nouveau responsable de la participation de la ville de Barcelone (Marc Serra). Il a annoncé la mise en place d’un budget participatif de grande envergure et d’un plan de formation à Decidim pour les plus éloignés du numérique afin d’assurer une meilleure inclusion dans les outils technopolitiques.

D’autres interventions se sont concentrées sur les problématiques clés de la gouvernance digitale : comment procurer une réponse directe à l’impact qu’ont les géants du web sur la démocratie, comment assurer la démocratisation de la technologie et de la société, ou encore comment résoudre le conflit entre la notion de vie privée et l’exigence contemporaine de la connexion permanente.

Les présentations ont illustré tout au long de la journée comment le modèle décentralisé, libre et open source qui respecte les données personnelles et l’anonymat des participants permet une distribution rapide des données et de la gouvernance dans de multiples contextes.

Ce qu’il fallait retenir :
Arnau Monterde, coordinateur du projet Decidim au sein de la ville de Barcelone a présenté la feuille de route court terme pour le logiciel. De nombreuses améliorations seront apportées à l’existant afin de continuer à améliorer la qualité, la robustesse et la facilité d’usage de Decidim pour les utilisateurs et les administrateurs. A plus long terme, la communauté Decidim continuera d’explorer la sécurisation des votes grâce à la blockchain (à noter que des prototypes très solides ont déjà été produits à l’occasion du projet Decode), l’utilisation d’une intelligence artificielle éthique au service de la démocratie participative, la fédération des instances Decidim etc.Nous retenons également l’intervention de Ben Cerveney, de la Fondation Public Code, dont l’objectif est d’accompagner les institutions publiques dans la production et l’adoption de biens communs numériques. Sa présentation a mis en avant à quel point la ville représente un échelon idéal pour produire du “public code”. Decidim est un excellent exemple de cette vision car initié par la ville de Barcelone et ayant mis en place la plupart des bonnes pratiques recommandée par la Public Code Foundation, à savoir

Bonnes pratiques Public Code FoundationCe que Decidim met en place
Animer une communauté autour du projetL’association Decidim
La communauté Meta Decidim
Le Decidim Fest, Decidim Day etc.

Avoir une équipe dédiée à la gestion du produit
Decidim Product Team
Assurer la qualité du code et respecter les standardsCouverture de toute l’application par des tests unitaires
Support utilisateur et mutualisation des bonnes pratiquesMeta Decidim, Club des utilisateurs francophones

On retient deux citations :

« Software is merging with policy that’s why public institution need technological sovereignty »

Decidim Fest 2019, Ben Cerveney Public Code Foundation

« Software is transitioning from technology to infrastructure, cities have a civic responsibility to build public codes bases »

Decidim Fest 2019, Ben Cerveney Public Code Foundation

L’après-midi fut marqué pour OSP par l’intervention de Virgile Deville au sein du panel comment améliorer concrètement les budgets et les processus participatifs ? Avec l’exemple de cinq premières institutions qui ont renouvelé l’expérience pour une deuxième édition, Virgile illustre comment OSP a mis en oeuvre des améliorations techniques sur l’expérience utilisateur qui ont permis d’augmenter sensiblement la participation lors des phases de vote des projets.

Virgile Deville au Decidim Fest
Virgile Deville au Decidim Fest

Nous étions ravis de voir que Paula Forteza avait fait le déplacement pour venir présenter différents cas d’usages de Decidim en France. Elle a donc présenté l’utilisation de Decidim par la Convention Citoyenne pour le Climat, mais aussi son site servant à recueillir des questions citoyennes à poser au  Gouvernement à l’Assemblée Nationale, et son implication dans la campagne Vivons Paris où Decidim est utilisé pour tirer au sort des candidats citoyens aux élections municipales. Sa présence en tant que pionnière de la civic tech, de l’open data, de la transparence des gouvernements est pour nous un signal fort que Decidim est maintenant largement identifié en France comme outil de référence pour mener des démarches de concertation.

Paula Forteza au Decidim Fest
Paula Forteza au Decidim Fest

Deuxième jour : Cas pratiques et recherche, les résultats de Decidim sur le terrain

Lors de la seconde journée, les présentations se sont focalisées sur des cas pratiques à succès, mais également sur la présentation de nombreuses recherches scientifiques sur l’usage des outils numériques de gouvernance et de participation dans des instances publiques ou privées.

L’un des cas concret les plus marquant fut celui du budget participatif de la ville de Helsinki, présenté par Katja Henttonen, qui utilise Decidim depuis 2 ans. De nombreuses initiatives y ont été prises, dont la mise en place d’un réseau d’ambassadeurs locaux et d’une étape supplémentaire pour approfondir collaborativement les propositions. L‘instance Decidim d’Helsinki est maintenant celle qui compte le plus d’utilisateurs au monde (plus de 70k utilisateurs).

La ville d’Helsinki a présenté le travail de user research mis en œuvre par la ville pour simplifier au maximum l’expérience utilisateur. De nombreux développements ont été réalisés par la ville d’Helsinki et reversés en open source à la communauté. C’est d’ailleurs à cette occasion qu’OSP a collaboré sur un module simplifiant l’expérience utilisateur pour la phase de vote. Le budget participatif a attiré 40 000 nouveaux utilisateurs et maintenant 10 % (59 000 utilisateurs) de la population y est inscrite !

L’autre moment fort de la matinée a été une table ronde qui a abordé le phénomène de capitalisme de surveillance et ses alternatives avec Mara Balestrini, Antonio Calleja et Liliana Arroyo Mollner.

Ce qu’il faut retenir : 

  • L’exemple du @decodeproject qui a réalisé un pilote utilisant Decidim avec un prototype de signature électronique sur la blockchain où les données de l’utilisateur sont stockées dans un portefeuille numérique dont il a le contrôle. C’est ce type de technologie permettant d’envisager l’identité de manière décentralisée qui est ciblée par la décision du gouvernement que nous mentionnons dans notre introduction.
  • L’étude toute récente « My data my rules, form data extractivism to digital empowerment »  qui démontre que d’autres modèles économiques sont possibles où la donnée est envisagée comme commun, où les utilisateurs contrôlent leurs données.
  • Le « Smart Citizen Kit » un capteur #opensource très facile à installer pour que n’importe quel citoyen puisse devenir producteur de donnée et faire ses propres mesures afin d’interpeller les pouvoirs publics ou les entreprises.

La seconde partie de l’après-midi a été ponctuée par la présentation des derniers résultats des différentes chercheurs de la communauté Decidim. Maite Lopez Sanchez de l’Universitat Autonoma de Barcelona, a fait un travail remarquable sur la manière d’utiliser l’intelligence artificielle dans les processus participatifs de Decidim. En utilisant des algorithmes d’optimisation, elle et son équipe ont démontré que l’on pouvait nettement améliorer la manière dont nous choisissons les projets lauréats d’un budget participatif. Au lieu de choisir simplement par ordre décroissant de vote les projets lauréats, cette équipe de chercheur a utilisé un algorithme sélectionnant les projets selon deux variables : maximisation de l’utilisation du budget et du nombre de soutiens représenté par la sélection. Les résultats sont impressionnants : +30% du budget utilisé, + 70% de soutiens représentés. Biens conscients de la méfiance que peuvent avoir les citoyens envers les algorithmes, Maite a insisté sur l’importance d’utiliser des algorithmes open source et de mettre au point des supports pédagogiques expliquant le fonctionnement de ces algorithmes.

Pablo Aragon a quant à lui présenté une étude comparée des plateformes de pétitions de Madrid et Barcelone. Il a notamment démontré comment des choix techniques triviaux ont des conséquences politiques importantes. Le cas d’espèce présenté expliquait comment le fait de mettre avant les pétitions les plus récentes sur Decide Madrid biaisait leur capacité à récolter suffisamment de support, c’est pour cela que sur Decidim les listes de propositions et d’initiatives sont affichées de manière aléatoire.

C’est Xabier Barrandarian qui a conclu cette édition du Decidim Fest avec une présentation du White Paper de Decidim qui se veut collaboratif et dont la vocation est de donner un contexte à ce projet technopolitique, d’expliquer les choix d’architecture technique et fonctionnelle et d’envisager comment l’avènement du réseau technopolitique décentralisé démocratise la société.

Un mot pour conclure

Le Decidim Fest a su réunir une fois de plus une diversité d’acteurs (sociaux, économiques, scientifiques et politiques) indispensable à tout projet touchant à la démocratie. Nous prenons comme un signe de maturité la présence de nombreux acteurs internationaux : la fondation Mozilla, Public Code Foundation, Better NYC, la député Paula Forteza, les villes de Mexico et d’Helsinki. Nous sommes heureux de voir que les institutions catalanes (la ville de Barcelone, Localret, la Généralité de Catalogne) initiatrices et fers de lance du projet prévoient de continuer d’investir massivement dans Decidim. Pour finir, les premiers résultats des différents projets de recherche nous ont paru prometteurs et c’est une richesse incomparable que d’avoir une communauté scientifique qui prend du recul sur l’impact de Decidim sur la société.

Nous ne pouvons nous empêcher de conclure en évoquant la décision du gouvernement espagnol interdisant les technologies de decentralized identity comme Decode Project qui donne un contrôle total à l’utilisateur sur ses données et celle de la justice catalane déclarant nul le cadre juridique encadrant la participation des citoyens, l’un des plus avancé au monde.

Lien vers le tweet de Pablo Aragon





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