Decidim a 4 ans 🎂

Decidim a 4 ans 🎂

Toute l’équipe d’Open Source Politics souhaite un joyeux anniversaire à Decidim ! Le chemin parcouru par cette communauté en si peu de temps est impressionnant. Retour sur notre rencontre avec ce commun numérique hors normes.

Decidim c’est …

L’écosystème Decidim

Decidim c’est bien plus qu’un dépôt de code sur Github, rentrons dans les détails :

  • Decidim c’est un projet technopolitique d’approfondissement et de transformation de la démocratie participative à travers la conception et la mise en œuvre d’une plateforme numérique.
  • Decidim c’est un projet fondé sur des principes d’égalité, de transparence, de traçabilité et d’intégrité de la donnée qui a placé l’éthique au centre de sa démarche. Si ce n’est pas déjà fait lisez le contrat social.
  • Decidim fournit des garanties démocratiques indispensables à tout projet #civictech grâce aux grands principes qui sont à la base de son architecture
    • 1️⃣ Ouvert à la collaboration
    • 2️⃣ Transparence, traçabilité, intégrité
    • 3️⃣ Des garanties de qualité démocratique
    • 4️⃣ Vie privée et sécurité
  • Decidim est un véritable bien commun numérique gouverné démocratiquement et constitué d’un un réseau international :
    • 🔧 d’entreprises innovantes qui, comme Open Source Politics, contribuent au code source et accompagnent le déploiement et l’utilisation de l’outil
    • 🧱 d’institutions qui utilisent et financent l’évolution du logiciel
    • 💡 de chercheurs qui analysent sous tous les angles son impact sur la société
    • 🙋‍♀️ de citoyens qui contribuent au projet ou sur les démarchent mises en place

Decidim et Open Source Politics, la rencontre

Decidim est dans la pleine lignée des objectifs et des valeurs qu’Open Source Politics s’était fixé à sa création en 2016. Quand Virgile Deville, notre responsable produit, en a entendu parlé pour la 1ère fois à une conférence Smart City organisée par la ville de Lyon et Le Monde ce fut de suite une évidence.

Le cas d’usage sur lequel le logiciel a été lancé il y a 4 ans est venu terminer de nous convaincre. Decidim a effet été lancé pour servir à la co-construction du plan d’action municipal de la ville de Barcelone qui servirait pour toute la mandature. Plus de 40 000 citoyens ont participé à ce processus massif. Cette démarche participative reste une des innovations démocratiques les plus marquantes du secteur civic tech.

L’adoption par notre équipe

Peu après nous prenions la décision de concentrer tous nos efforts sur Decidim en :

Notre équipe est responsable de presque un tiers des instances en production de Decidim.

Un paris gagnant

Aujourd’hui nous sommes heureux de voir que Decidim s’impose comme standard pour la mise en oeuvre de démarches participatives numériques en France, en Europe et à l’international. Il est utilisé par des institutions de toute taille, des collectivités territoriales à la Commission Européenne en passant par le Sénat et l’Assemblée Nationale.

Customer success management – Stage

Customer success management – Stage

Tu recherches une expérience professionnelle porteuse de sens et d’impact sur notre système démocratique ? L’équipe d’Open Source Politics t’accueille pour un stage concret, au contact de démarches pionnières en matière de participation citoyenne.

Présentation de l’entreprise

Open Source Politics est l’un des leaders français du secteur en pleine croissance de la civic tech. Depuis plus de trois ans, nous accompagnons plus d’une cinquantaine d’institutions et acteurs privés de premier plan dans leurs concertations numériques et budgets participatifs, grâce à Decidim, la plateforme de participation citoyenne d’envergure utilisée dans une dizaine de pays.

Véritable entreprise-écosystème, nous défendons avec nos partenaires en France et à l’étranger une certaine vision de la démocratie participative numérique axée sur la transparence, la collaboration, le respect de la vie privée et l’accessibilité.

Ta mission : optimiser l’utilisation de Decidim pour tes clients

Intégré-e dans une équipe de 15 personnes en forte croissance, tu accompagnes nos clients pour qu’ils aient une utilisation optimale de Decidim et de ses fonctionnalités. Tu travailles étroitement avec la team produit en qualifiant les bugs remontés par les clients et tu es force de proposition sur les améliorations à apporter au logiciel. La team Support est en première ligne pour répondre à nos clients, il te faudra donc devenir un Ninja ⛩ de Decidim pour accomplir les missions qui seront les tiennes :

  • Répondre aux tickets entrants envoyés par le client  ;
  • Identifier et comprendre la demande du client, et déterminer s’il s’agit d’un bug du logiciel ou d’une demande de nouvelle fonctionnalité ;
  • Mettre à jour et améliorer la documentation et les différents supports d’apprentissages ;
  • Travailler avec la team Produit pour identifier et prioriser les bugs ;
  • Partager les retours utilisateur pour aider à construire la feuille de route Produit ;
  • Évaluer les données utilisateur afin d’améliorer le produit et les process.

En travaillant au contact de nombreux innovateurs sociaux, tu auras l’occasion de développer des compétences en gestion de projet agile et en culture web.

Profil recherché

  • Une curiosité pour les enjeux numériques ;
  • Un intérêt pour la Civic Tech et le renouveau démocratique ;
  • Une grande aisance rédactionnelle en français ;
  • La maîtrise de l’anglais et/ou de l’espagnol écrit et parlé sera appréciée ;
  • La capacité à s’intégrer de manière autonome dans une équipe pluri-disciplinaire ;
  • Expérience : Une première expérience en support applicatif en relation directe avec des clients finaux est un plus.

Pratique

  • Durée : 6 mois à temps plein
  • Disponibilité : septembre 2020
  • Rémunération légale + 50 % du titre de transport
  • Possibilité d’embauche ou de missions au terme du stage
  • Locaux : télétravail tant que la pandémie Covid19 durera
  • Envoyez vos candidatures (CV + email d’introduction) à virgile@opensourcepolitics.eu et contact@opensourcepolitics.eu
Parlements numériques : adapter les institutions démocratiques aux réalités du 21e siècle

Parlements numériques : adapter les institutions démocratiques aux réalités du 21e siècle

The coronavirus crisis should be a catalyst for institutionalising the use of digital tools in parliament

Cet article est une traduction réalisée par Open Source Politics de l’article publié sur le Medium « Participo », une publication de l’OCDE. Pour consulter l’article original de Paula Forteza, cliquez ici.

Depuis le début de la crise du coronavirus, les processus législatifs sont au point mort en raison de l’éloignement physique. De nombreux législateurs testent actuellement des technologies qui permettront à leurs institutions démocratiques de se réunir, de délibérer et de voter malgré ces mesures restrictives. Nous devons profiter de cet élan pour être ambitieux en termes de procédures législatives participatives et collaboratives. Comment ? En institutionnalisant l’utilisation des outils numériques au Parlement avec les mesures de sécurité et de protection de la vie privée nécessaires.

Les technologies numériques pour assurer la continuité démocratique pendant la crise

L’Assemblée Nationale a introduit des solutions temporaires pour préserver le débat parlementaire en utilisant des applications de vidéoconférence pour les délibérations en commission. Toutefois, le vote législatif se fait toujours en personne et n’est possible que pour un nombre très limité de députés. Ce choix de maintenir le fonctionnement des institutions principalement sur le plan physique s’explique par des raisons à la fois historiques et techniques : sincérité du vote, sécurité, tradition, etc.

Notre parlement est en retard dans la modernisation de ses processus, contrairement, par exemple, aux parlements d’Amérique latine qui sont pionniers dans ce domaine. Outre l’utilisation d’applications de vidéoconférence, les parlements du Brésil, du Chili et de l’Équateur ont développé leurs propres plateformes et solutions en ligne pour l’enregistrement des présences, la vérification du quorum et le vote. Dans au moins six autres pays d’Amérique du Sud – Argentine, Colombie, Costa Rica, Honduras, Jamaïque et Mexique – les organes législatifs ont commencé à expérimenter la participation virtuelle, en l’appliquant à des espaces non décisionnels tels que les groupes de travail ou les réunions de commissions. En Europe des pays comme le Royaume-Uni ou l’Espagne avancent plus vite que nous. Nous devrions suivre ces exemples.

En France, l’un des arguments les plus courants contre la numérisation du parlement, est qu’elle affaiblira l’aspect « cérémonial » de la délibération parlementaire. On fait valoir que la numérisation pourrait menacer les devoirs symboliques des députés et leur poids politique vis-à-vis des autres branches du pouvoir, y compris l’exécutif. Une autre raison peut être le manque de culture et de compétences numériques au sein du parlement français. Une étude récente a montré que seuls 5,37 % des députés se considéraient comme des experts du numérique, 10,23 % comme des connaisseurs et 12,65 % comme des enthousiastes.

Pour parvenir à un parlement numérique, il faudrait également recruter des profils techniques et du matériel adapté dans les deux chambres. En ce qui concerne les préoccupations au niveau politique, la doctrine doit évoluer. Les parlements numériques sont peut-être moins solennels que les procédures traditionnelles, mais cette horizontalité est bénéfique et peut rapprocher les élus de leurs citoyens.

La protection des données personnelles, la sécurité et l’accessibilité sont les conditions pour un parlement numérique

Je ne plaide pas pour une course aveugle à la numérisation : bien sûr, il y a certaines limites à l’introduction d’outils numériques dans la prise de décision institutionnelle. Par exemple, Zoom a été fortement critiqué en raison du manque de clarté des politiques de protection des données personnelles, du manque de sécurité et des violations des données personnelles.

Si l’on considère le vote à distance, plusieurs questions de sécurité se posent, comme la fraude par exemple. L’utilisation des outils numériques au Parlement est confrontée à d’autres défis, comme une bande passante Internet inégale, des problèmes techniques (mauvais son, problèmes de connexion, etc.), ainsi qu’une culture et des compétences numériques inégales. Toutefois, cela ne signifie pas que nous devons cesser de moderniser les organes législatifs. Au contraire, nous devrions aborder et résoudre ces problèmes qui ont été rendus plus visibles grâce à des mesures d’éloignement physique.

Outre les défis techniques, l’utilisation des outils numériques exige des normes élevées en matière de confidentialité des données, de cybersécurité et de décentralisation. Tout d’abord en appliquant le règlement général européen sur la protection des données, ainsi que des garanties plus strictes contre la surveillance gouvernementale et l’utilisation abusive des données personnelles.

En outre, les solutions web libres et open source devraient être la norme en matière d’outils numériques, tant dans les institutions que dans les administrations publiques. Par exemple, les applications de vidéoconférence décentralisées de poste à poste telles que Jitsi ou Big Blue Button peuvent constituer une excellente alternative à Zoom ou Google Meet.

Plus largement, les civic tech peuvent nous aider à poursuivre la délibération citoyenne en période d’éloignement physique, à condition qu’elles soient ouvertes, éthiques et répondent à un besoin réel. À titre d’exemple, j’ai utilisé à plusieurs reprises la plateforme Decidim pour établir un dialogue avec et entre les citoyens. Pendant la crise COVID-19, j’ai lancé avec 65 autres députés la plateforme « Le jour d’après« , où les citoyens pouvaient proposer, délibérer et voter sur des idées pour décider collectivement de la direction à prendre après la crise.

Les technologies numériques peuvent soutenir des démocraties plus résiliantes, plus innovantes et plus vivantes

Les mesures de confinement ont montré l’urgence d’adapter nos institutions et processus démocratiques pour en assurer la continuité, même en temps de crise. Aujourd’hui, près de 79 % des Français interrogés ont un sentiment négatif à l’égard de la politique. Au-delà de la réponse à l’urgence, de telles évolutions techniques – et culturelles – pourraient contribuer à renforcer la confiance des citoyens dans les élus et les institutions en favorisant la participation, la transparence et la responsabilité.

Il existe une myriade d’exemples, d’outils et de méthodes pour soutenir la modernisation et l’ouverture de nos parlements, par exemple en publiant les agendas des parlementaires et leurs dépenses, en assurant la transparence du lobbying au sein du parlement ou en faisant participer les citoyens à l’élaboration des lois.

Enfin, la question sous-jacente n’est pas de savoir si nous avons besoin de plus ou moins d’outils numériques dans nos institutions. Il s’agit de prendre en compte la transformation majeure de notre société, la révolution numérique, et d’y adapter notre culture politique. Nous pouvons utiliser les défis actuels pour construire une démocratie résiliante, innovante et réellement vivante. Même si la présente discussion porte sur l’utilisation des outils numériques, le but ultime reste de transformer et d’adapter nos institutions aux besoins et aux réalités du XXIe siècle.

Paula Forteza, née le 8 août 1986 à Paris, est une femme politique française. Elle est députée au Parlement depuis juin 2017, représentant les citoyens français d’Amérique latine et des Caraïbes. Elle a passé plus de 20 ans de sa vie en Amérique latine. Après plusieurs expériences au sein du gouvernement de la ville de Buenos Aires, de l’administration française, à Etalab, ou dans l’entreprenariat, elle souhaite placer le numérique, la transparence et la participation citoyenne au cœur du débat politique en France.

Retour sur le Decidim Fest 2019 : l’événement annuel de la communauté Decidim

Retour sur le Decidim Fest 2019 : l’événement annuel de la communauté Decidim

Article rédigé avec la collaboration de Nicholas Saul, Doctorant à l’école de droit de Sciences Po Paris qui également assisté au Decidim Fest.

L’objectif du DecidimFest est de réunir les différents acteurs (chercheurs, entreprises, associations, etc.) de la communauté Decidim à l’international, de présenter les dernières avancées du projet Decidim et de s’inspirer d’autres communautés et de logiciels libres aux missions similaires. Chaque année, l’équipe d’Open Source Politics (OSP) est invitée à présenter ses cas d’usages et c’est pour nous l’occasion de renforcer nos relations avec nos partenaires espagnols et internationaux.

Dans cet article vous trouverez un condensé de ce qui nous a été présenté pendant ces trois jours.

Perspective sur le futur : la Roadmap 2023

Avant que commence officiellement le Decidim Fest, nous avons eu l’occasion d’assister à l’Assemblée Générale de l’association Decidim, pour prendre la mesure de ce qui avait été accompli jusqu’ici et de la roadmap des années à venir.

Ce qu’il faut retenir :
L’association Decidim a désormais son statut légal et a enregistré sa marque. De plus, un accord entre Localret (la centrale d’achat de services informatiques catalane) et la ville de Barcelone a été signé pour promouvoir la plateforme Decidim sur les quatre prochaines années. Enfin il est désormais possible de devenir membre de l’association pour un montant annuel de 40 euros (cliquez ici pour en savoir plus).

L’un des enjeux des quatre prochaines années est de trouver différentes voies de financement pour assurer une stabilité financière. L’association souhaite faire grossir ses effectifs afin d’assurer la maintenance du cœur de la technologie, approfondir la documentation (technique, fonctionnelle, cas d’usage), le diffuser au plus grand nombre et promouvoir les garanties démocratiques et éthiques du projet. L’assemblée générale s’est terminée par une présentation des retours d’expérience sur le Decidim Day organisé par OSP le 12 septembre 2019 avec plus de 150 participants et 30 intervenants avec l’objectif global de faire connaître Decidim en France et penser le futur du bien commun numérique. Pour plus d’informations, voir ici

Premier jour : la construction d’une infrastructure accessible

L’introduction de la journée s’est faite par le nouveau responsable de la participation de la ville de Barcelone (Marc Serra). Il a annoncé la mise en place d’un budget participatif de grande envergure et d’un plan de formation à Decidim pour les plus éloignés du numérique afin d’assurer une meilleure inclusion dans les outils technopolitiques.

D’autres interventions se sont concentrées sur les problématiques clés de la gouvernance digitale : comment procurer une réponse directe à l’impact qu’ont les géants du web sur la démocratie, comment assurer la démocratisation de la technologie et de la société, ou encore comment résoudre le conflit entre la notion de vie privée et l’exigence contemporaine de la connexion permanente.

Les présentations ont illustré tout au long de la journée comment le modèle décentralisé, libre et open source qui respecte les données personnelles et l’anonymat des participants permet une distribution rapide des données et de la gouvernance dans de multiples contextes.

Ce qu’il fallait retenir :
Arnau Monterde, coordinateur du projet Decidim au sein de la ville de Barcelone a présenté la feuille de route court terme pour le logiciel. De nombreuses améliorations seront apportées à l’existant afin de continuer à améliorer la qualité, la robustesse et la facilité d’usage de Decidim pour les utilisateurs et les administrateurs. A plus long terme, la communauté Decidim continuera d’explorer la sécurisation des votes grâce à la blockchain (à noter que des prototypes très solides ont déjà été produits à l’occasion du projet Decode), l’utilisation d’une intelligence artificielle éthique au service de la démocratie participative, la fédération des instances Decidim etc.Nous retenons également l’intervention de Ben Cerveney, de la Fondation Public Code, dont l’objectif est d’accompagner les institutions publiques dans la production et l’adoption de biens communs numériques. Sa présentation a mis en avant à quel point la ville représente un échelon idéal pour produire du “public code”. Decidim est un excellent exemple de cette vision car initié par la ville de Barcelone et ayant mis en place la plupart des bonnes pratiques recommandée par la Public Code Foundation, à savoir

Bonnes pratiques Public Code FoundationCe que Decidim met en place
Animer une communauté autour du projetL’association Decidim
La communauté Meta Decidim
Le Decidim Fest, Decidim Day etc.

Avoir une équipe dédiée à la gestion du produit
Decidim Product Team
Assurer la qualité du code et respecter les standardsCouverture de toute l’application par des tests unitaires
Support utilisateur et mutualisation des bonnes pratiquesMeta Decidim, Club des utilisateurs francophones

On retient deux citations :

« Software is merging with policy that’s why public institution need technological sovereignty »

Decidim Fest 2019, Ben Cerveney Public Code Foundation

« Software is transitioning from technology to infrastructure, cities have a civic responsibility to build public codes bases »

Decidim Fest 2019, Ben Cerveney Public Code Foundation

L’après-midi fut marqué pour OSP par l’intervention de Virgile Deville au sein du panel comment améliorer concrètement les budgets et les processus participatifs ? Avec l’exemple de cinq premières institutions qui ont renouvelé l’expérience pour une deuxième édition, Virgile illustre comment OSP a mis en oeuvre des améliorations techniques sur l’expérience utilisateur qui ont permis d’augmenter sensiblement la participation lors des phases de vote des projets.

Virgile Deville au Decidim Fest
Virgile Deville au Decidim Fest

Nous étions ravis de voir que Paula Forteza avait fait le déplacement pour venir présenter différents cas d’usages de Decidim en France. Elle a donc présenté l’utilisation de Decidim par la Convention Citoyenne pour le Climat, mais aussi son site servant à recueillir des questions citoyennes à poser au  Gouvernement à l’Assemblée Nationale, et son implication dans la campagne Vivons Paris où Decidim est utilisé pour tirer au sort des candidats citoyens aux élections municipales. Sa présence en tant que pionnière de la civic tech, de l’open data, de la transparence des gouvernements est pour nous un signal fort que Decidim est maintenant largement identifié en France comme outil de référence pour mener des démarches de concertation.

Paula Forteza au Decidim Fest
Paula Forteza au Decidim Fest

Deuxième jour : Cas pratiques et recherche, les résultats de Decidim sur le terrain

Lors de la seconde journée, les présentations se sont focalisées sur des cas pratiques à succès, mais également sur la présentation de nombreuses recherches scientifiques sur l’usage des outils numériques de gouvernance et de participation dans des instances publiques ou privées.

L’un des cas concret les plus marquant fut celui du budget participatif de la ville de Helsinki, présenté par Katja Henttonen, qui utilise Decidim depuis 2 ans. De nombreuses initiatives y ont été prises, dont la mise en place d’un réseau d’ambassadeurs locaux et d’une étape supplémentaire pour approfondir collaborativement les propositions. L‘instance Decidim d’Helsinki est maintenant celle qui compte le plus d’utilisateurs au monde (plus de 70k utilisateurs).

La ville d’Helsinki a présenté le travail de user research mis en œuvre par la ville pour simplifier au maximum l’expérience utilisateur. De nombreux développements ont été réalisés par la ville d’Helsinki et reversés en open source à la communauté. C’est d’ailleurs à cette occasion qu’OSP a collaboré sur un module simplifiant l’expérience utilisateur pour la phase de vote. Le budget participatif a attiré 40 000 nouveaux utilisateurs et maintenant 10 % (59 000 utilisateurs) de la population y est inscrite !

L’autre moment fort de la matinée a été une table ronde qui a abordé le phénomène de capitalisme de surveillance et ses alternatives avec Mara Balestrini, Antonio Calleja et Liliana Arroyo Mollner.

Ce qu’il faut retenir : 

  • L’exemple du @decodeproject qui a réalisé un pilote utilisant Decidim avec un prototype de signature électronique sur la blockchain où les données de l’utilisateur sont stockées dans un portefeuille numérique dont il a le contrôle. C’est ce type de technologie permettant d’envisager l’identité de manière décentralisée qui est ciblée par la décision du gouvernement que nous mentionnons dans notre introduction.
  • L’étude toute récente « My data my rules, form data extractivism to digital empowerment »  qui démontre que d’autres modèles économiques sont possibles où la donnée est envisagée comme commun, où les utilisateurs contrôlent leurs données.
  • Le « Smart Citizen Kit » un capteur #opensource très facile à installer pour que n’importe quel citoyen puisse devenir producteur de donnée et faire ses propres mesures afin d’interpeller les pouvoirs publics ou les entreprises.

La seconde partie de l’après-midi a été ponctuée par la présentation des derniers résultats des différentes chercheurs de la communauté Decidim. Maite Lopez Sanchez de l’Universitat Autonoma de Barcelona, a fait un travail remarquable sur la manière d’utiliser l’intelligence artificielle dans les processus participatifs de Decidim. En utilisant des algorithmes d’optimisation, elle et son équipe ont démontré que l’on pouvait nettement améliorer la manière dont nous choisissons les projets lauréats d’un budget participatif. Au lieu de choisir simplement par ordre décroissant de vote les projets lauréats, cette équipe de chercheur a utilisé un algorithme sélectionnant les projets selon deux variables : maximisation de l’utilisation du budget et du nombre de soutiens représenté par la sélection. Les résultats sont impressionnants : +30% du budget utilisé, + 70% de soutiens représentés. Biens conscients de la méfiance que peuvent avoir les citoyens envers les algorithmes, Maite a insisté sur l’importance d’utiliser des algorithmes open source et de mettre au point des supports pédagogiques expliquant le fonctionnement de ces algorithmes.

Pablo Aragon a quant à lui présenté une étude comparée des plateformes de pétitions de Madrid et Barcelone. Il a notamment démontré comment des choix techniques triviaux ont des conséquences politiques importantes. Le cas d’espèce présenté expliquait comment le fait de mettre avant les pétitions les plus récentes sur Decide Madrid biaisait leur capacité à récolter suffisamment de support, c’est pour cela que sur Decidim les listes de propositions et d’initiatives sont affichées de manière aléatoire.

C’est Xabier Barrandarian qui a conclu cette édition du Decidim Fest avec une présentation du White Paper de Decidim qui se veut collaboratif et dont la vocation est de donner un contexte à ce projet technopolitique, d’expliquer les choix d’architecture technique et fonctionnelle et d’envisager comment l’avènement du réseau technopolitique décentralisé démocratise la société.

Un mot pour conclure

Le Decidim Fest a su réunir une fois de plus une diversité d’acteurs (sociaux, économiques, scientifiques et politiques) indispensable à tout projet touchant à la démocratie. Nous prenons comme un signe de maturité la présence de nombreux acteurs internationaux : la fondation Mozilla, Public Code Foundation, Better NYC, la député Paula Forteza, les villes de Mexico et d’Helsinki. Nous sommes heureux de voir que les institutions catalanes (la ville de Barcelone, Localret, la Généralité de Catalogne) initiatrices et fers de lance du projet prévoient de continuer d’investir massivement dans Decidim. Pour finir, les premiers résultats des différents projets de recherche nous ont paru prometteurs et c’est une richesse incomparable que d’avoir une communauté scientifique qui prend du recul sur l’impact de Decidim sur la société.

Nous ne pouvons nous empêcher de conclure en évoquant la décision du gouvernement espagnol interdisant les technologies de decentralized identity comme Decode Project qui donne un contrôle total à l’utilisateur sur ses données et celle de la justice catalane déclarant nul le cadre juridique encadrant la participation des citoyens, l’un des plus avancé au monde.

Lien vers le tweet de Pablo Aragon





Pourquoi et comment nous choisissons de construire un modèle économique fondé sur des biens communs numériques.

Pourquoi et comment nous choisissons de construire un modèle économique fondé sur des biens communs numériques.

Pourquoi et comment nous choisissons de construire un modèle économique fondé sur des biens communs numériques.

Lorsque nous avons créé Open Source Politics, au cœur du bouillonnement démocratique du printemps 2016, nous avions l’habitude de conclure nos présentations en constatant que la civic-tech n’avait encore rien prouvé et que le premier enjeu pour assurer sa progression allait être de trouver un modèle économique pérenne.

Deux ans plus tard, une première sélection s’est naturellement opérée. D’un côté, les démarches citoyennes qui poursuivaient un horizon électoral ont été au bout de leurs expérimentations ; elles formeront le socle de sédimentation des prochaines itérations, avec un besoin crucial d’accès à de nouveaux financements. De l’autre, plusieurs entreprises ont débuté leur phase de croissance en commercialisant avec succès des plateformes et applications auprès d’institutions publiques et d’acteurs privés.

Puisque nous sommes souvent questionnés sur le modèle OSP, nous avons pris le temps, au cours des derniers mois, d’analyser les différentes approches de notre marché en cours de structuration. Une occasion de réfléchir à nos propres spécificités et d’anticiper les conséquences à long terme des choix politiques et économiques qui s’opèrent actuellement.

Indiquons tout d’abord que la recherche d’un modèle de rentabilité n’est pas obligatoire : pour les projets de nature associative, reposant essentiellement sur des contributions bénévoles et militantes, l’appel aux dons philanthropiques et/ou aux subventions publiques peut suffire. Citons l’exemple de l’association Regards citoyens, qui alerte d’ailleurs régulièrement sur les dérives potentielles d’un civic-business.

En revanche, pour que les démarches officielles de démocratie participative bénéficient du potentiel des civic-tech, il est nécessaire d’investir dans le développement d’outils sans cesse plus performants et dans un accompagnement méthodologique professionnel. C’est la voie dans laquelle nous nous sommes engagés avec OSP — sans abandonner nos actions associatives pour autant.

Aux États-Unis, la Knight Foundation en liste huit variantes mais, pour notre part, nous identifions à ce stade 4 grands modèles de financement de notre secteur d’activité : lever des fonds, vendre des données, vendre des licences, vendre des compétences. S’ils peuvent tous se révéler viables et lucratifs à court et moyen terme, ces modèles n’auront assurément pas les mêmes conséquences démocratiques à long terme.

Lever des fonds

C’est le modèle de financement classique d’une start-up pour accélérer sa croissance. En se projetant sur la réussite économique future d’une entreprise, un investisseur en capital-risque (aussi appelé venture capitalist ou business angel en anglais) va injecter beaucoup d’argent en échange de parts dans une société. Cet apport de liquidités permet à l’entreprise de recruter de nouveaux collaborateurs, d’investir en recherche et développement, de déployer un plan de communication plus ambitieux et d’asphyxier la concurrence dans la logique d’être l’acteur dominant du marché pour empocher à terme une mise quasi monopolistique — the winner takes all.

Nous faisions état fin 2016, à l’occasion du sommet mondial du Partenariat pour un Gouvernement ouvert organisé à Paris, de notre crainte que la civic-tech française, à rebours des tendances internationales, se détourne de la création des biens communs numériques pour s’orienter quasi exclusivement vers le financement de logiciels propriétaires.

Notre diagnostic est en train de se réaliser puisque certaines des “entreprises civic-tech” françaises les plus visibles ont levé plusieurs millions d’euros au cours des six derniers mois. Ainsi ont-elles pu doubler leurs effectifs en quelques mois et intensifier leur communication, parfois conjointe, à destination des institutions et du grand public.

Lever des fonds n’est pas un problème en soi, bien au contraire, mais ce n’est en réalité qu’un financement temporaire pour accélérer la mise en place du véritable business model d’une entreprise. Par conséquent, la question essentielle est bien celle-ci : quel est le modèle économique qui a convaincu des investisseurs publics et privés de s’engager auprès de ces acteurs de la civic-tech ?

Vendre des données

Dès juin 2015, à l’occasion d’un test de l’application américaine Brigade, qui était présentée comme le “Tinder de la démocratie”, le potentiel économique du big data politique était perceptible. Les plateformes qui collectent dans leurs bases de données nos opinions sous forme de réponses à des micro-sondages ou de signatures de pétitions se constituent de véritables mines d’or dans notre dos.

Quand bien même elles se défendraient de le faire aujourd’hui, quelles garanties ces entreprises nous apportent-elles qu’elles n’exploiteront pas demain ces données à des fins commerciales, quand le niveau de l’offre et le besoin de trésorerie seront trop irrésistibles ? Les décideurs politiques, les journalistes et les grands acteurs économiques, qui investissent déjà des fortunes dans les mesures de l’opinion effectuées par les instituts de sondage, n’attendent que cela : des outils qui permettent de cibler précisément un segment de la population pour lui adresser le contenu qui lui plaira au regard de son historique politique et qui assurera ainsi le succès d’une élection ou d’une entreprise de lobbying.

Deux expériences concrètes du pouvoir discrétionnaire de ces plateformes ont levé nos derniers soupçons.

Lors de la récente consultation “Démocratie numérique” dont nous assurions la modération et la synthèse pour l’Assemblée nationale, un tiers du trafic global enregistré sur la plateforme est provenu d’un lien direct vers sa propre proposition que Change.org a partagé avec 1,5 million de fans sur Facebook et adressé par email à ses 500 000 utilisateurs les plus intéressés par les questions institutionnelles. Logiquement, cette proposition fut de très loin la plus populaire (quasiment 20% de l’ensemble des votes exprimés sur un total de 1700 contributions). En un seul message ciblé, Change.org a eu plus d’impact qu’un mois de communication quotidienne de l’Assemblée nationale sur ses réseaux sociaux et que la dizaine d’entretiens du président de l’institution et de plusieurs député-e-s, pourtant relayés par nos plus grands médias écrits, radio et télévisés ! C’est formidable pour de nombreuses causes qu’une plateforme comme Change.org ait atteint une telle masse critique, mais un si grand pouvoir impose de grandes responsabilités.

Dans le cadre de missions d’accompagnement de concertations publiques locales, nous avons par ailleurs eu l’occasion de diffuser des “Facebook Ads”. Il s’agit de publications sponsorisées dont nous avons pu calibrer l’audience avec une précision redoutable : en échange de quelques dizaines d’euros, nous pouvions placer l’invitation à une réunion publique ou le lien vers un questionnaire sous les yeux des quelques milliers d’utilisateurs de Facebook résidant dans tel ou tel quartier, correspondant à telle ou telle tranche d’âge et ayant démontré par leurs likes un intérêt pour tel ou tel sujet.

Si l’échantillon est assez conséquent, l’investissement est considérablement plus efficace — notamment auprès des jeunes citoyens — que la diffusion de tracts sur le marché ou l’envoi d’un courrier dans les boîtes aux lettres. Le problème, c’est que Facebook limite volontairement la portée des messages pour nous inciter à rajouter quelques euros en échange d’un affichage plus important. Les plateformes de pétitions fonctionnent de la même façon : payez 10 euros pour que votre pétition soit directement envoyée à 1000 signataires potentiels supplémentaires. Et ainsi de suite.

L’adage est désormais célèbre : “Sur Internet, quand c’est gratuit, c’est nous le produit.”

Dans une “économie de l’attention” où il est de plus en plus difficile de faire passer un message à caractère civique hors des bulles d’initiés déjà convaincus et impliqués, la définition de l’ordre du jour démocratique peut-elle ne plus dépendre que des filtres payants imposés sans transparence ni contre-pouvoir par des plateformes privées ?

Vendre des licences

Une mauvaise traduction de “free software” induit en erreur de nombreux interlocuteurs qui nous sollicitent : ce n’est pas parce qu’un logiciel est libre qu’il est gratuit.

Sans même parler du développement du logiciel, l’utiliser présente des coûts de déploiement, de configuration, d’hébergement et de maintenance. Inversement, une fois qu’il est développé et en dehors des coûts précités, la duplication d’un logiciel a un coût marginal nul. Le développement ayant déjà été financé et réalisé, n’importe qui peut en bénéficier. En échange, il faut investir dans les prochaines évolutions, qui bénéficieront en retour à tous. À l’inverse, dans le cas d’un logiciel propriétaire, il est nécessaire de payer une licence d’exploitation pour un logiciel qui existe déjà, afin de rentabiliser l’investissement initial comme dans le cas d’un produit manufacturé. Au passage, en cas de position dominante tendant vers le monopole, il y a fort à parier que vous allez payer de plus en plus cher puisque vous n’avez pas d’alternative.

Ainsi l’État français a-t-il payé de plus en plus cher pour utiliser une même plateforme propriétaire. Au lieu de faire monter en compétences les administrations dans la gestion d’une solution de base et d’investir dans son amélioration — quitte à confier cette dernière à des entreprises de développement privées — la puissance publique accepte de payer, licence après licence, une plateforme dont elle ne maîtrise ni le code source ni la stratégie d’évolution. De manière cocasse, c’est déjà un investissement public, via une participation de la Caisse des Dépôts et Consignations, qui finance en partie le développement de cette solution qui prive L’État de sa souveraineté en matière de démocratie participative en ligne !

Recourir à l’offre Software as a Service (SaaS) d’une entreprise qui a fait ses preuves est un choix confortable qui déresponsabilise les décideurs et les équipes techniques des ministères et des collectivités territoriales. Il présente selon nous — et nous le disons en tant que citoyens au-delà des intérêts concurrents de notre entreprise — un risque majeur de privatisation d’outils et de compétences qui doivent au contraire être partagés avec le plus grand nombre.

Faudrait-il au contraire que l’État crée sa propre plateforme ou rachète les droits de celle de son prestataire privilégié ? Ce serait potentiellement tout aussi grave, dans l’hypothèse imprévisible d’un gouvernement aux pratiques liberticides qui se servirait de telles plateformes pour un fichage des opinions des participants ou une modification a posteriori de leurs contributions. C’est notamment la position de nos inspirateurs barcelonais qui ont conçu la plateforme Decidim dont nous sommes partenaires. Virgile Deville a développé cette argumentation début décembre 2017 lors d’une conférence du think tank Décider Ensemble autour des rapports d’institutionnalisation ou d’indépendance entre civic-tech et démocratie représentative.

Chaque choix de design et d’intégration effectué par une équipe technique sur une plateforme a, même inconsciemment, un impact sur les utilisateurs. Prenons un exemple : le fait de connaître le résultat d’un vote avant de participer modifie nos comportements. Avec un logiciel libre, nous pouvons avoir un débat sur le fait de donner accès ou non à cette information aux participants — quitte éventuellement à développer les deux options. Dans le cas d’un logiciel propriétaire, un module de visualisation des avis positifs, neutres ou négatifs participe d’une offre globale à prendre ou à laisser car ces choix décisifs ont déjà été arbitrés par les développeurs qui, in fine, contrôlent le sens de votre processus participatif. Code is Law.

Vendre des compétences

Que faire alors ? Comment financer des outils numériques réellement démocratiques ? Le processus de création d’un bien commun viable est assurément plus lent, mais à terme il est considérablement plus vertueux et plus résilient.

L’Assemblée Nationale vient de montrer l’exemple : à l’automne 2017, elle a fait appel à Open Source Politics pour la conseiller dans la configuration et l’utilisation d’une instance DemocracyOS que son équipe technique a appris à utiliser et à déployer sur les serveurs sécurisés de son propre hébergeur. Elle est désormais libre de mener autant de consultations sur DemocracyOS qu’elle le souhaite avec ses propres ressources. Autre avantage, l’Assemblée Nationale a pu missionner Open Source Politics pour analyser les contributions sans que nous ayons accès à la base de données en cours de consultation, et donc sans que nous ayons aucun moyen d’altérer les contributions des citoyens. L’Assemblée Nationale a tiré les conclusions de son utilisation et émis un cahier des charges pour des évolutions fonctionnelles souhaitables avec un horizon de plusieurs mois. Une instance démocratique — le Bureau de l’Assemblée Nationale — a validé certaines de ces évolutions et commandé leur réalisation. L’investissement de l’Assemblée nationale bénéficiera à n’importe quelle institution et n’importe quel collectif citoyen qui voudra s’en saisir, partout dans le monde.

Voilà ce qu’est un bien commun numérique. Voilà ce que doit être un investissement public dans un code public.

Quel est l’intérêt d’Open Source Politics si nos clients peuvent se passer de nous dès que le transfert de compétences a eu lieu ? En réalité, ce modèle est totalement cohérent avec le modèle qui consiste à vendre de multiples prestations : héberger et maintenir un outil pour les clients qui n’ont pas les ressources internes suffisantes, développer de nouvelles fonctionnalités lorsque nos clients financent ces améliorations qui seront mutualisées, enfin accompagner l’usage de ces technologies par des formations, des supports de communication, du conseil stratégique, de la modération et de l’analyse…

Depuis le printemps 2016, nous avons élargi notre champ de compétences à l’animation d’ateliers d’intelligence collective et au traitement automatique du langage, afin de comprendre toutes les étapes d’un processus démocratique ouvert et moderne, en ligne et hors ligne. Nous ne vendons pas un bien captif ; nous partageons un savoir-faire. La plateforme de participation n’est qu’un outil, une partie d’un processus qui se heurte encore à des barrières sociologiques et cognitives qui excluent de la participation une large partie de la population. De même que les plateformes n’évoluent pas en un claquement de doigts, la participation citoyenne ne se décrète pas en un jour.

Il faut, pour reprendre une formule issue d’une réunion de travail avec la mairie de Nancy, donner aux citoyens du pouvoir, du sens et du temps. Du pouvoir, pour qu’ils décident vraiment : 2300 parents d’élèves et enseignants nancéiens ont participé à la première votation en ligne sur l’évolution des rythmes scolaires ; le maire a suivi leur décision. Du sens, pour qu’ils comprennent les démarches auxquelles ils prennent part : grâce à un intense travail de terrain, 14 % des locataires ont voté au premier budget participatif de la RIVP — un record. Du temps, pour que l’habitude se crée et que la confiance se gagne : depuis deux ans, la mairie de Nanterre a pu mener plus d’une dizaine de campagnes de concertation successives pour élargir progressivement le profil des citoyens impliqués.

Notre code commun

Nous abordons les défis qui se présentent à nous avec beaucoup d’humilité. Les plateformes civic-tech sont encore largement perfectibles, les pratiques démocratiques sont fondamentalement à repenser. Depuis le premier jour, nous avons désiré construire une entreprise qui nous ressemble et qui soit alignée avec nos valeurs. Nous avons encore tant à faire, mais nous ne sommes pas seuls et nous savons ce dont le collectif nous rend capable.

Autour de nous, des partenaires géniaux s’engagent pour que le modèle d’une démocratie réellement ouverte existe et nous les remercions pour leur soutien — citons par exemple Entr’ouvert et sa solution de gestion de la relation usager Publik que nous voulons rendre interopérable avec nos plateformes, La MedNum qui soutient les nouveaux modèles de développement de l’innovation en partenariat avec les territoires ou Medias-Cité qui porte la création des chèques APTIC pour diffuser les compétences des acteurs de la médiation numérique auprès de tous ceux qui en ont besoin.

Autour de nous, une vingtaine d’institutions francophones s’apprêtent à rejoindre une communauté d’utilisateurs qui réfléchit et investit de concert dans le futur de nos outils… en partageant avec les mairies de Barcelone, Helsinki et Turin, avec les gouvernements d’Argentine ou de Belgique.

Autour de nous, et nous vous en avons déjà présentés quelques-uns, des chercheurs et des militants du monde entier se mobilisent, non pas pour construire de nouvelles rentes économiques, mais pour faire de la démocratie du XXIe siècle notre bien commun.

Open Source Politics est une entreprise qui développe des plateformes de démocratie participative pour des acteurs publics, privés et associatifs. Contactez-nous si vous souhaitez vous engager dans un dispositif de concertation ou un budget participatif utilisant des outils civic-tech !

@ValentinChaput

@OpenSourcePol

Besoin d'une explication, d'une démo

Laissez nous votre contact nos équipes vous recontacterons dans les plus brefs délais pour fixer un rendez-vous.

Nous vous recontacterons au plus vite.