Les nouvelles fonctionnalités apportées par la version 0.9 de Decidim

Les nouvelles fonctionnalités apportées par la version 0.9 de Decidim

Les nouvelles fonctionnalités apportées par la version 0.9 de Decidim

L’équipe de développement de Decidim a annoncé le 6 février 2018 l’arrivée d’une mise à jour pour la plateforme, effectuant de nombreuses améliorations du code, résolvant quelques problèmes et introduisant de nouvelles fonctionnalités pour tou.te.s ses utilisateur.trice.s. Nous traduisons ici en français l’annonce des nouveautés afin de les transmettre à la communauté francophone.

Nouvelles fonctionnalités

Cette nouvelle mise à jour comporte de nombreuses améliorations, principalement en termes de communication entre participant.e.s, telles que :

Surnoms : Les surnoms uniques pour les participant.e.s ont été ajoutés. #2360

Vérification des utilisateur.trice.s : A partir du panneau d’administration, les administrateur.trice.s peuvent vérifier certain.e.s utilisateur.trice.s et inscrire un texte attestant de cette vérification sur leurs profils. #2405

Profil public : La page du profil public comprend désormais les renseignements suivants : Nom, Surnom, Avatar, Label “officiel”, URL personnelle, Courte biographie. #2391, #2360, #2401, #2405, #2494.

Mentions : Vous pouvez mentionner un.e autre participant.e en commentaire et elle recevra une notification par e-mail. #2491

Notifications : De nouvelles notifications relayant l’activité de la plateforme ont été activées, dans différentes catégories :

  • Les abonné.e.s d’un processus participatif reçoivent une notification quand une nouvelle phase est ouverte. #2544
  • Les abonné.e.s d’un processus participatif reçoivent une notification quand un nouveau composant est ouvert. #2515
  • Les abonné.e.s à une proposition reçoivent une notification quand une réponse est postée. #2508
  • Vous pouvez suivre d’autres participant.e.s à la plateforme et recevoir des notifications à propos de leur activité. #2401, #2452

Bannières pour valoriser un contenu particulier :

  • Bannière permanente : Vous pouvez ajouter une bannière permanente pour mettre en avant un contenu particulier. #2547
  • Banière de mise en valeur : Une bannière peut être ajoutée à la page d’accueil pour mettre en valeur un contenu spécifique (qui peut être un espace, un processus, une fonctionnalité…) #2572

Assemblées : Les Assemblées — que nous avons traduites en Agoras — sont maintenant intégrées à Decidim (elles sont activées par défaut à partir de maintenant) #2510 et des administrateurs d’agoras peuvent être créés#2463

Débats: Les Débats (catégorie qui n’était jusqu’alors accessible qu’à Decidim Barcelone) sont maintenant intégrés à Decidim, et sont disponibles pour tous les processus participatifs. Ils ont également fait l’objet d’améliorations depuis le module originel, telle que l’autorisation des participant.e.s à créer eux/elles-mêmes des débats. Ce lien vous donne accès à la liste des nouvelles fonctionnalités : #2506

Nouvelles fonctionnalités pour les administrateurs

  • Échanges privés entre admins : Les administrateurs d’un espace peuvent ajouter des commentaires privés aux propositions à travers le panneau d’administration. #2490
  • Suivi des propositions du budget participatif : Les projets d’un budget participatif peuvent être liés à la catégorie « Suivi des projets », pour contrôler leur mise en œuvre. #2467

Amélioration de l’expérience utilisateur

Administration : Le panneau d’administration des propositions autorise le tri par différents critères. #2419

Éditer des propositions : Les propositions peuvent non seulement être éditées pendant une période de temps définie, mais peuvent maintenant aussi être retirées aussi longtemps qu’elles n’ont reçu aucun soutien. #2289. Les propositions retirées ne sont pas supprimées, elles apparaissent dans la liste des « Propositions retirées » sans aucune information sur leur auteur.e.

Newsletter : La Newsletter a été améliorée en ajoutant un lien qui autorise la désinscription et la possibilité de l’ouvrir dans votre navigateur. Des codes UTM ont aussi été ajoutés afin de permettre la traçabilité des connexions et ainsi de mieux contrôler les analyses quantitatives. #2359

Commentaires : Les compteurs de commentaires prennent désormais en compte les commentaires de réponse aux commentaires. #2551

Navigation dans le menu des fonctionnalités : La barre de navigation horizontale a été supprimée. #2495

Notifications par défaut : Les notifications sont activées par défaut. Les participant.e.s peuvent les désactiver à partir des e-mails les prévenant de nouvelles notifications. #2517

Conversations : La liste des conversations est triée par ordre croissant depuis les conversations les plus récentes. A l’inverse, le fil de messages à l’intérieur d’une conversation est en ordre chronologique (les plus récents sont situés à la fin). #2520

Réparation de bugs

Suivi des projets : Le pourcentage moyen est calculé en fonction de tous les éléments. #2638

Conversations

  • Les conversations d’un.e participant.e avec lui/elle-même ne sont pas autorisées. #2630
  • Les conversations multiples avec le-la même participant.e ne sont pas autorisées. #2376
  • Les conversations sont maintenant accessibles depuis les appareils mobiles. #2364

Redirection après login : #2321, #2504 Les liens ou boutons qui nécessitent d’être authentifié.e sont maintenant accessibles. Une fois authentifié.e, vous êtes redirigé.e vers l’URL d’origine, évitant ainsi la perte de votre fil de navigation.

Statistiques : Les statistiques de la page d’accueil ont été mises à jour. #2221

Vous pouvez tester Decidim et toutes ses fonctionnalités sur notre instance demo.decidim.opensourcepolitics.eu

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Comment fonctionne la plateforme de démocratie participative Decidim ?

Comment fonctionne la plateforme de démocratie participative Decidim ?

Comment fonctionne la plateforme de démocratie participative Decidim ?

Decidim, dont le nom vient de l’expression catalane signifiant “décidons maintenant”, est une infrastructure numérique dédiée à la démocratie participative, entièrement conçue et réalisée de façon collaborative selon les règles du logiciel libre. Sur un plan technique, Decidim est un framework (ou environnement de développement) conçu avec le logiciel de développement Ruby on Rails. Decidim permet aux utilisateurs de créer et de configurer une plateforme ou un portail web à usage de réseau social permettant l’exercice de la participation des citoyens. Ce portail permet à toute organisation (conseil municipal ou de quartier, association, université, ONG, collectifs locaux, coopératives) de mettre en place des processus massifs de consultation tels que des budgets participatifs, des enquêtes publiques ou des appels à idées.

Afin de saisir parfaitement la façon dont Decidim fonctionne, il faut comprendre la distinction entre les espaces de participation et les outils de participation. La nuance paraît fine au début et peut être difficile à saisir mais elle permet de mieux comprendre la structure de la plateforme :

  • Les espaces de participation. Ils constituent le cadre à l’intérieur duquel la participation est organisée, les canaux et médias à travers lesquels les citoyens et les membres des collectifs peuvent formuler leurs revendications, élaborer leurs propositions et prendre des décisions. Quatre espaces de participation sont disponibles dans Decidim : Initiatives, Processus, Agoras et Consultations. On peut par exemple envisager : une initiative citoyenne pour obtenir la modification d’un règlement (Initiative) ; une assemblée générale d’un collectif de travailleurs (Agora) ; un budget participatif, un processus électoral ou une consultation pour définir un objectif à long terme (Processus) ; un référendum sur un sujet précis (Consultation). Processus et Agora sont déjà intégrés dans la plateforme en version 0.9, les deux autres espaces seront disponible à la fin du printemps.
  • Les outils de participation. Ce sont les fonctionnalités qui permettent l’interaction entre la plateforme et les espaces de participation. Decidim propose pour l’instant les outils suivants : rencontres, conférences, appels à idées, dépôt de propositions, enquêtes par questionnaire, discussions et débats, résultats, suivi de la réalisation des projets, votes, pages et newsletters.

Les utilisateurs de la plateforme (les participant.e.s), interagissent à travers des mécanismes de participation — que nous appelons outils de participation — qui remplissent des fonctions spécifiques à l’intérieur de chaque espace de participation. En d’autres termes, les Initiatives, les Agoras, les Processus et les Consultations ont à leur disposition des outils qui composent et rythment les différents espaces de participation.

 

Les caractéristiques des 4 espaces de participation

 

  • Les Processus constituent un espace dans lequel un administrateur peut créer, activer, désactiver et gérer différents outils de participation, avec la possibilité de les lier entre eux et de les configurer en fonction des différentes étapes programmées.
  • Les Agoras offrent à un administrateur la possibilité de définir des groupes et des collectifs qui se retrouvent périodiquement, de détailler leur composition, de faire la liste de leurs rencontres (avec géo-localisation), de faciliter la tenue des réunions en gérant l’agenda, la capacité des lieux et l’inscription des participants si nécessaire, en prenant position sur les propositions et délibérations émises par les assemblées.
  • Les Initiatives permettent à un administrateur de lancer de façon collaborative des initiatives citoyennes, de définir leurs objectifs et leur déroulement, de collecter des soutiens, de recueillir le fruit des discussions et des débats, d’organiser la mobilisation des habitants autour de points de rencontres pour la signature de pétitions.
  • Les Consultations sont un espace d’organisation de référendums, permettant de susciter des discussions et des débats autour du sujet retenu. Elles sont connectés à un système de vote sécurisé et à un espace de publication des résultats.

A l’intérieur de ces espaces de participation s’articulent donc différents outils, personnalisant l’espace selon la volonté de l’administrateur ou organisation lançant l’espace.

 

Les divers outils de participation

 

  • L’outil propositions permet de créer une proposition officielle ou citoyenne géo-localisée, d’y associer des documents, de naviguer à travers les propositions et de leur appliquer des filtres.
  • L’outil résultats transforme les propositions en constats ou en décisions, en rendant publique une réponse officielle à leur acceptation ou à leur rejet.
  • L’outil de suivi offre la possibilité de répartir les décisions d’action en projets unitaires dont on rend compte de la mise en place avec un module de visualisation des états d’avancement.
  • L’outil enquêtes peut être utilisé pour concevoir et publier des enquêtes et sondages et afficher leurs résultats.
  • L’outil commentaires permet aux utilisateurs de commenter les propositions, de les apprécier par des votes, de répondre et de réagir aux réponses en recevant des notifications.
  • L’outil votes offre la possibilité d’appliquer plusieurs modes de scrutins aux propositions : illimité, limité, pondéré, valorisé en fonction d’un budget, etc.
  • L’outil pages permet de créer des pages à contenu informationnel comportant des textes formatés, des images et des vidéos.
  • L’outil rencontres en présentiel permet de convoquer des réunions, de gérer leur localisation et leur date ainsi que l’enregistrement des participants et de publier ensuite les compte-rendus des travaux et les résultats des débats.
  • L’outil conférences (à venir) permet de créer un site web associé à une conférence thématique avec des outils spécifiques d’organisation (inscriptions, ateliers, programme, conférenciers, etc).
  • L’outil newsletter est disponible pour envoyer une lettre d’information aux personnes inscrites sur la plateforme, ou plus sélectivement à celles concernées par un espace particulier (à venir).

Ces outils donnent donc véritablement corps aux différentes démarches de participation et encadrent les diverses formes que peuvent prendre les contributions des citoyen.ne.s sur la plateforme. Pour contribuer et/ou voter, les utilisateur.trice.s doivent d’abord passer par une vérification de leur identité, potentiellement opérée en plusieurs étapes qui sont destinées à certifier le sérieux et la crédibilité de la plateforme.

Classification des participant.e.s

 

Les participant.e.s à une plateforme Decidim peuvent être répartis en trois catégories, correspondant à des possibilités d’interaction plus ou moins importantes avec le contenu de la plateforme :

  • Les Visiteurs peuvent voir tout le contenu de la plateforme sans s’enregistrer.
  • Les Membres enregistrés peuvent contribuer à la plateforme : après avoir fourni un nom d’utilisateur, un pseudonyme, un mot de passe et une adresse email (ou une identification via certains réseaux sociaux), ils peuvent commenter, faire des propositions, envoyer des messages et suivre certain.e.s participant.e.s ou événements, recevoir des notifications.
  • Les Membres vérifiés bénéficient d’un niveau plus étendu de participation. Ils peuvent être accrédités comme membre d’une organisation, ou comme résident.e/électeur.trice d’une municipalité ou encore appartenir à un groupe détenant un pouvoir organisationnel ou de décision (association, communauté, collectif, etc). Une fois leur statut confirmé, ils peuvent s’inscrire à des réunions, défendre des propositions, signer des pétitions et voter dans des consultations.

Les participant.e.s peuvent s’enregistrer de façon individuelle ou en tant que membre d’une association ou d’une organisation. Des profils représentant des groupes d’utilisateur.trice.s peuvent être créés avec la possibilité de s’exprimer soit collectivement soit à titre individuel. Les préférences de notification peuvent être configurées à la fois pour les statuts individuels et pour les statuts collectifs.

 

Plus qu’un logiciel libre, une véritable communauté

 

Decidim dépasse en qualité tout ce que nous avons pu observer en termes de logiciel libre civic tech. Une dizaine de développeurs contribuent régulièrement au projet, les issues GitHub (problèmes dans le code, déposés sur la plateforme de centralisation GitHub) sont traitées en quelques heures, des réponses vous sont apportées en quelques minutes sur Gitter (messagerie instantanée dédiée aux utilisateur.trice.s de GitHub) et l’application est couverte à 98% par des tests unitaires — c’est-à-dire que chaque outil est testé individuellement afin d’en vérifier le bon fonctionnement. Ces quelques précisions illustrent parfaitement le dynamisme du projet Decidim et la qualité technique de son développement, qui font de la plateforme un projet destiné au long terme et à la recherche de l’amélioration constante de ses fonctionnalités.

C’est en nous rendant à la Decidim Jam, la conférence annuelle qui rassemble la communauté autour de l’outil, que nous avons pris la mesure de ce qui se cachait derrière le code. Decidim est animé par une communauté de plusieurs centaines de personnes de tous horizons. Citoyen.ne.s, développeur.euse.s, designers, agents publics, politiques et chercheur.e.s s’y retrouvent pour co-construire cet outil de participation envisagé comme un véritable commun que chacun fait vivre au gré de ses contributions.

La communauté s’organise autour de 4 grands organes :

  • Un groupe de coordination inter-municipal, composé d’utilisateur.trice.s qui partagent leurs expériences et assurent une partie du financement ;
  • Un groupe de recherche (Decidim Lab) regroupant des chercheur.e.s de 3 universités différentes, qui organisent des rencontres, des conférences, des débats… ;
  • SOM decidim (physique) et Metadecidim (numérique) qui sont les espaces de rencontres et de travail pour co-construire l’outil.

Ils s’organisent autour de 5 axes de réflexion : tech, gouvernance, recherche, expérience utilisateur et mobilisation. C’est sur meta.decidim.barcelona que les nouvelles fonctionnalités sont décidées et planifiées. Le schéma ci-dessous décrit le processus d’émergence, d’adoption et de développement de toute nouvelle fonctionnalité que la communauté souhaite ajouter à Decidim.

On peut constater que ce processus est relativement élaboré mais demeure néanmoins souple, ce qui illustre bien l’esprit initial de construction de Decidim. Ainsi, même la gouvernance de Decidim (l’ajout de nouvelles fonctionnalités) est ouverte, ce qui permet une transparence totale du processus et une liberté moindre d’interprétation laissée aux développeurs ; le code est sous le contrôle direct des institutions et des citoyen.ne.s.

Pour compléter ce processus, il faut noter qu’il y a également des entreprises, dont Open Source Politics, qui maintiennent, développent de nouvelles fonctionnalités et font de la prestation de service autour de Decidim pour les institutions.

Ces spécificités de l’organisation du développement de Decidim en fait un outil numérique particulièrement actif. L’avantage de l’adoption d’un tel outil réside principalement dans l’inclusion automatique au sein d’un large panel d’utilisateurs qui partagent leur expérience de la plateforme et guident donc tout nouvel arrivant. Il s’agit également de bâtir un logiciel satisfaisant un maximum d’usages possibles, dans un maximum de situations possibles.

Testez l’outil sur notre instance de démonstration demo.decidim.opensourcepolitics.eu.

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Decidim, la plateforme de participation citoyenne d’envergure européenne

Decidim, la plateforme de participation citoyenne d’envergure européenne

Decidim, la plateforme de participation citoyenne d’envergure européenne

Cet article sur Decidim (plateforme de participation citoyenne) est basé sur une série de conversations que nous avons eues avec Pablo Aragon, Xabier Barandiaran, Josep Jaume[1] et de nombreux autres collaborateurs du projet open source Decidim.

decidim.org

Invités en avril 2017 à l’événement “Gouverner la ville autrement” organisé par le Grand Lyon et Le Monde, nous avons rencontré Francesca Bria, responsable de l’innovation de la municipalité de Barcelone, et découvert par la même occasion leur nouvelle plateforme Decidim : un framework open source pour la participation citoyenne numérique.

D’où vient la plateforme de participation citoyenne Decidim ?

La plateforme a été lancée en février 2017, quelques mois après la prise de fonction de la nouvelle municipalité. L’élection des candidat.e.s de Barcelona en Comù au Conseil municipal de la ville est advenue notamment vial’identification de problématiques ultra-localisées — Ada Colau, la maire de Barcelone, était elle-même co-fondatrice de la Plateforme des victimes du crédit hypothécaire (Plataforma d’Afectats per la Hipoteca), une association créée en réaction à la crise immobilière espagnole. Ancré dans les solutions locales, le Conseil municipal a également dû penser d’emblée à l’échelle plus large de la ville et de ses alentours : il fallait que les différentes villes de l’agglomération catalane puissent se servir d’espaces de participation dédiés et autonomes sur Decidim.

Un des principaux points de la candidature de Barcelona en Comù était sa filiation avec le mouvement des Indignés, et l’adoption de la revendication de ces derniers consistant en l’ouverture de la démocratie. Cette revendication, dirigée contre les pratiques de la classe politique espagnole dans son ensemble, a nourri la réflexion sur l’adoption d’une plateforme numérique facilitant la participation de tou.te.s à la prise de décision municipale.

L’exigence de multiplication des points de vue, en d’autres termes la nécessité d’inclusion, s’est ainsi exprimée dans l’élaboration du processus participatif de construction du Plan d’action de la ville et de l’agglomération. Les personnes impliquées ont estimé qu’une plateforme numérique était nécessaire, et qu’il était important d’utiliser la technologie open source pour ce processus afin de garantir transparence et mutualisation. Ils ont dans un premier temps pensé à adapter la technologie de la plateformedecide.madrid, Consul. Très vite, l’équipe en charge du projet se rend compte de la difficulté à adapter l’outil aux besoins de la ville de Barcelone, dont les fonctionnalités ont été pensées dans le contexte politique bien précis que nous avons exposé ci-dessus.

Il en est allé de même pour les quelques autres outils disponibles, relativement peu nombreux, qui ont été étudiés en amont de la construction de la plateforme de participation citoyenne Decidim : la plateforme d’e-pétitions gov.uk (Royaume-Uni), Your Priorities (Islande), Open Irekia (Pays Basque). L’environnement technique du futur outil était ainsi assez pauvre, et aucune de ces plateformes ne répondait complètement aux besoins de la gestion quotidienne des institutions locales.

Ce contexte multifactoriel a directement mené le nouveau Conseil municipal barcelonais à l’expression du besoin de créer un outil flexible. Ses multiples options de configuration devaient permettre aux administrateurs de s’assurer que les fonctionnalités de participation puissent s’adapter à des besoins locaux spécifiques. La modularité de la plateforme autoriserait dès lors l’utilisation de la plateforme dans des contextes extrêmement différents, d’échelles ultra-localisées à l’agglomération entière et au-delà, ce qui nécessitait des possibilités de configuration de la plateforme extrêmement poussées.

La ville de Barcelone a alors investi plusieurs centaines de milliers d’euros dans le développement de Decidim. L’attribution des marchés publics évoluait en même temps, ce qui a permis à la ville de choisir un groupement de plusieurs PME barcelonaises à la pointe de l’innovation dans le domaine du développement web. Dès le départ, cette commande publique a en effet été pensée pour ne pas créer de dépendance envers un prestataire unique : le marché a ainsi été divisé en plusieurs lots et un écosystème de trois ou quatre entreprises se répartissent les fonctionnalités à développer en fonction de leur domaine de prédilection. En quelques mois, la première version du logiciel sort et plusieurs milliers de citoyens participent à la co-construction du plan d’action municipal.

Comme l’a présenté un des leaders du projet dans une interview, l’objectif principal du développement de Decidim était de construire un outil qui centralise de nombreuses fonctionnalités rendant possible une participation multiple des citoyen.ne.s à la politique de la ville. Selon lui, plus que de permettre un « simple » budget participatif, il fallait autoriser la discussion entre habitant.e.s sur spectre le plus vaste possible de sujets touchant à la politique municipale. Ainsi, il fallait doter la ville d’un outil à mi-chemin entre une plateforme tournée exclusivement vers la prise de décision technique et efficace et un réseau social (et politique). Decidim opère cette hybridation et s’impose en contre-modèle des grandes plateformes américaines en mettant code open source et sa structure qui garantit la vie privée des utilisateur.trice.s, la transparence, l’indépendance vis-à-vis de structures privées. L’équipe en charge du projet veut également que la plateforme instaure, de manière intrinsèque au code, le respect des droits individuels digitaux ainsi que l’égalité [voir l’article sur le contrat social de Decidim].

En plus de Barcelone, Decidim a été déployée dans une dizaine de municipalités en Espagne, et s’apprête à être utilisée plus largement à travers l’Europe (Turin, Helsinki…) et dans des institutions nationales (État fédéral de Belgique). Ces institutions s’inscrivent par ce choix dans un mouvement où partage d’expérience, inclusion, collaboration, transparence, mutualisation des ressources et respect des données personnelles sont au cœur de la construction d’une démocratie participative numérique.

Cet élargissement de l’utilisation de l’outil au niveau européen est d’ailleurs un des projets cruciaux de Decidim afin de recueillir un nombre toujours plus important d’expériences et donc d’évolutions potentielles de la plateforme. Les nouvelles fonctionnalités prévues (et déjà financées) permettront donc de positionner Decidim comme la plateforme de démocratie participative de référence en Europe.

Depuis l’été dernier, Open Source Politics a adapté le logiciel aux besoins francophones. Nous l’avons déployé pour plusieurs institutions françaises dont la mairie d’Angers, la région Nouvelle-Aquitaine et la Commission Nationale du Débat Public. Désormais partenaire officiel de Decidim, Open Source Politics participe avec beaucoup de motivation à son développement et son adoption en France et en Europe.

1] Pablo Aragon est chercheur à l’Université Pompeu Fabra et Xabier Barandiaran est professeur de philosophie à l’Université du Pays Basque. Josep Jaume Rey est lui co-fondateur de l’entreprise de développement informatique Codegram, qui participe au code de la plateforme Decidim.

Open Source Politics est une entreprise qui développe des plateformes de démocratie participative pour des acteurs publics, privés et associatifs. Contactez-nous si vous souhaitez vous engager dans un dispositif de concertation ou un budget participatif utilisant des outils civic-tech !

@OpenSourcePol

Comment nous avons co-construit une Agora permanente à Nanterre ?

Comment nous avons co-construit une Agora permanente à Nanterre ?

Virgile Deville et Alain Buchotte nous racontent la collaboration d’Open Source Politics avec la mairie de Nanterre pour créer la plateforme de consultation de la ville : participez.nanterre.fr.

Comment s’est établi le contact avec la mairie de Nanterre ?

Virgile Deville : À l’époque, mi-2015, nous venions de créer l’association DemocracyOS France et c’est avec Pierre-Louis Rolle que le contact s’est établi. Il était alors coordinateur des projets numériques et citoyens à la Direction de la Vie Citoyenne de Nanterre. Cette direction gère un tiers-lieu municipal, l’Agora, maison des initiatives citoyennes, où l’on trouve un espace public numérique, un espace de conférences/débats/projections, une radio citoyenne et un jardin partagé. Pierre-Louis Rolle, qui participait à un groupe de travail sur le renouvellement de la ville participative et des outils de concertation, a dans un premier temps contacté DemocracyOS, dont les membres l’ont redirigé vers DemocracyOS. C’est comme cela que lui et moi nous sommes rencontrés — pour l’anecdote, nous avons découvert que nous étions presque voisins — et avons commencé à travailler ensemble. C’est de là qu’a émergé l’idée d’une Agora permanente, un “tiers-lieu connecté de l’expression citoyenne”.

Quel était leur besoin ?

V.D. : La commande du maire Patrick Jarry et d’Hassan Hmani, adjoint au maire à la ville participative, consistait à développer un outil numérique de concertation permettant d’élargir le public concerné, de rendre le processus plus inclusif et d’innover dans le domaine. Nanterre a une longue tradition de participation citoyenne. La ville a créé en 1977 les premiers conseils de quartiers et organise des concertations régulièrement. Toutefois, les personnes impliquées sont, comme partout, les mêmes depuis des années et les méthodes traditionnelles peinent à mobiliser les jeunes et les minorités. Nous sommes donc partis de la volonté politique municipale pour créer la plateforme adaptée, plutôt que d’arriver avec un outil tout fait à lui proposer. L’outil se devait d’être open source et de contenir plusieurs logiciels, afin que n’importe quel service de la mairie puisse créer une campagne de concertation en ligne en fonction de sa problématique. À terme, l’objectif est que l’outil soit mobilisable par la société civile.

Alain Buchotte : Au départ, il y avait tout de même l’idée qu’une instance de DemocracyOS serait une bonne base pour amorcer le virage numérique voulu par la mairie de Nanterre. Nous nous sommes vite rendus compte que l’outil standard ne serait pas suffisant, et qu’il devrait être amélioré par des fonctionnalités supplémentaires afin de supporter l’intégralité du contenu associé à la concertation, d’être transparent avec les habitants sur les règles de concertation et les informations sur le projet pour construire des contributions plus riches. Nous avons aussi senti chez Pierre-Louis Rolle une très grande motivation pour intégrer d’autres outils open source qu’il avait découvert à travers sa propre veille dans le domaine.

 

Pouvez-vous nous décrire la phase de construction de la plateforme ?

V.D. : Une fois le projet validé par le bureau municipal, nous avons commencé à travailler conjointement avec la mairie, sachant que le cahier des charges était à préciser. L’aspect incertain du livrable nous a dans un premier temps causé un peu d’inquiétude. Toutefois, l’équipe de l’Agora nous a soumis l’idée d’utiliser la semaine de l’innovation publique en novembre 2015 comme tremplin, en organisant un hackathon sur la ville participative. Nous avons rassemblé plus de 60 personnes, développeurs, élus, agents publics et citoyens sur les thèmes de l’open data, de la cartographie collaborative et de la consultation publique. Des étudiants ont aussi pris part à cet évènement pour participer à la rédaction de 60 pages de notes de compte-rendu contenant les retours des citoyens sur leur vision idéale de la plateforme. Cette étape de design collaboratif nous a permis d’établir un premier cahier des charges. Par la suite, nous avons réuni une équipe projet motrice. Nous avons commencé par imaginer la future concertation du quartier du Parc, un secteur de Nanterre engagé dans un plan de rénovation urbaine de plusieurs millions d’euros. Malgré une telle enveloppe budgétaire, un certain nombre d’éléments du projet restaient à définir et une concertation paraissait judicieuse pour réfléchir avec les citoyens. Il s’agissait donc vraiment d’une campagne de gestion de proximité.

Hackathon sur la ville participative (novembre 2015)

Pouvez-vous nous parler d’un évènement spécifique sur lequel la plateforme a été utilisée ?

V.D. : En janvier 2016, le maire a décidé de lancer la plateforme sur les Assises pour la ville, un événement rassemblant les citoyens de la ville à travers des assemblées, des débats, des réunions en appartements pour échanger sur l’évolution de la ville. C’était la première fois que les Assises avaient un pendant numérique. Le moment était bien choisi car, du fait de l’intégration de la ville dans la métropole, la mairie faisait face à une réduction budgétaire et donc une nécessité de redéfinir le projet de ville. Les élus et les citoyens se sont mobilisés et ont été plutôt convaincus par la démarche, d’autant plus que l’outil numérique a permis de garder trace des échanges durant les Assises, d’une manière inédite. Au final, ce sont plus de 1500 personnes qui ont pu s’approprier la plateforme rien que sur cet évènement, un très bon bêta test donc !

A.B. : Les Assises pour la ville nous ont donné l’opportunité de regarder comment nos outils numériques pouvaient coller au mode de récolte de contributions citoyennes déjà mis en œuvre. Cela nous a aussi obligé à développer des fonctionnalités supplémentaires (le module de contributions collectives notamment). Le processus des Assises nous a apporté un volume de contenu assez important, en termes de contributions. Il nous a permis de faire une utilisation réelle de notre plateforme. Les Assises ont été le moteur du développement du site.

Au niveau opérationnel, comment votre collaboration s’est-elle déroulée ?

V.D. : Nous étions presque incubés à l’Agora de Nanterre, j’y allais très souvent, notamment pendant les premiers mois. Il a fallu collaborer avec les différents services de la mairie et se former à la concertation pour produire un outil qui n’allait pas décevoir les attentes des citoyens. Tout cela a demandé du temps, et malgré des livrables préalables présentés en janvier 2016, on a dû mettre les bouchées doubles pour rendre une plateforme stable au mois de mars, qui était la date limite pour présenter notre première version. La semaine précédant le rendu a été éprouvante, mais nous sommes parvenus à un résultat satisfaisant puisque la ville l’a adopté et l’utilise encore à ce jour.

Virgile, Valentin et Anne-Gaël Chiche, responsable de l’Agora, en réunion à Nanterre — début 2016

A.B. : Pour ma part, j’étais moins présent sur place ; étant en charge de l’aspect technique, du développement, j’ai plus travaillé à distance. Notre mode de fonctionnement était en permanence itératif, nous nous sommes lancés dedans à 150%. D’un point de vue logistique ce n’est pas forcément une bonne chose, mais ce type d’expérience où l’on ne travaille presque que sur un seul projet pendant plusieurs mois reste très formateur.

Comment fonctionnait la première version de la plateforme ? Comment fonctionne la seconde ?

V.D. : La plateforme est composée de plusieurs outils qui permettent des fonctionnalités différentes :

Il est à noter qu’en l’occurrence, la gestion des concertations se fait sous un format de “campagnes”, c’est à dire que les services de la mairie qui mobilisent l’outil rassemblent les différentes consultations au sein d’un même dispositif global. Pour ce qui est de la seconde version, nous avons fait une mise à jour de la base technique, en passant de Drupal 7 à Drupal 8. Cela nous permet d’avoir plus de compatibilité entre les différents projets. La grande nouveauté c’est le module de cartographie collaborative, une fonctionnalité très intéressante car unique sur le marché. D’ailleurs, ce module pourra être testé sur la prochaine campagne de la plateforme : “La fibre pour tous à Nanterre” !

participez.nanterre.fr est la plateforme de consultation de la ville !

A.B. : Je dirais que la première version était un produit minimum viable présentant les fonctionnalités de base. Certaines ambitions initiales, comme la cartographie via Ushahidi n’ont pas pu se faire, faute de temps. Mais c’est une bonne chose au final car un an plus tard, nous sommes tellement montés en compétence (notamment sur Drupal) que le module de cartographie que comptera la seconde version sera construit directement sur la plateforme, plutôt qu’avec un outil supplémentaire.

Que retirez-vous de cette expérience à Nanterre ?

A.B. : Je pense que c’est très rare de pouvoir se lancer de cette manière. Cette expérience nous a permis de nous développer et sans ce projet nous n’aurions peut-être simplement pas pu poursuivre notre aventure. Elle nous a aussi poussé à créer l’entreprise Open Source Politics, qui jusque là n’était qu’un meetup, pour proposer un accompagnement professionnel aux institutions et entreprises engagées dans des concertations et poursuivre par ailleurs des activités bénévoles au sein de l’association DemocracyOS ????????. Nous avons aussi conscience que cette expérience nous a coûté, financièrement, dans le sens où nous ne l’avions pas vendu très cher et que nous y avons passé beaucoup de temps. Cet investissement était nécessaire pour entamer une démarche collaborative entre la mairie et nous. Nous ne pourrions plus suivre une telle méthodologie, mais ce fût tout de même une très grande chance car ce projet a apporté de premiers financements à l’association, qui à ce jour subsiste encore grâce à ces revenus.

Le hackathon “Coder la ville” a lancé notre collaboration de 18 mois avec la mairie de Nanterre !

V.D. : C’était une expérience spéciale parce que la mairie de Nanterre est la première institution à nous avoir fait confiance. Nous y avons appris qu’une concertation est un processus assez complexe, qui nécessite une ingénierie de la concertation spécifique pour déterminer la meilleure façon de problématiser le sujet : comment poser les bonnes questions, quel doit être le degré de l’engagement de la mairie par rapport aux retours des citoyens, quels sont les leviers de mobilisation etc. En plus de cela, la commande était très plaisante : nous n’avons pas construit un outil pour lui trouver un utilisateur mais nous sommes partis d’un besoin spécifique et nous avons créé un outil adapté. Cette expérience m’a aussi donné quelques idées sur les circonstances idéales dans lesquelles travailler : les meilleurs projets sont ceux que l’on peut construire avec un agent public motivé qui pousse le projet en interne. Ils permettent de créer des dispositifs de participation qui sont à la hauteur des attentes des citoyens parce que l’institution est sincère sur ce qu’elle va faire de leurs contributions. Je retiens aussi beaucoup l’aspect collaboratif : nous avons vraiment construit un outil ensemble et, alors que nous n’avions pas du tout le même statut, j’étais très souvent à Nanterre et je me sentais aussi responsabilisé qu’un agent de la ville. Puis il y a eu ce hackathon de la semaine de l’innovation publique, qui a préfiguré ce que nous avons fait par la suite au sein d’Open Democracy Now. Enfin, les Assises de la ville, qui nous ont permis de mettre autour de la table des agents publics du service de l’urbanisme, des développeurs, l’élu, les citoyens… Cette expérience a été un test très précieux pour appréhender les problématiques que l’on doit traiter en tant qu’entreprise de la civic tech.

Open Source Politics est une entreprise qui développe des plateformes de démocratie participative pour des acteurs publics, privés et associatifs. Contactez-nous si vous souhaitez vous engager dans un dispositif de concertationou un budget participatif utilisant des outils civic-tech !

Noe Jacomet (@NoeJcm)

@OpenSourcePol

Conseils de quartier 2.0 : nos 20 propositions

Conseils de quartier 2.0 : nos 20 propositions

20 propositions pour des conseils de quartier 2.0

L’engagement des citoyens progressera par la pratique démocratique concrète. Avec les associations CivicWise et Democracy OS France, nous nous sommes appliqués cette maxime en proposant au budget participatif de la Ville de Paris de dynamiser les conseils de quartier dans le 19e arrondissement. Notre projet n’a pas été sélectionné, malgré près de 500 votes réunis sur les 8 000 votants dans le 19e. Refusant de nous arrêter à cette déception, nous partageons les leçons que nous retenons de cet exercice et nos propositions pour la suite.

Le premier budget participatif au monde

Fer de lance des nouvelles interactions qu’Anne Hidalgo veut impulser avec les citoyens parisiens, le budget participatif est incontestablement un succès. Près de 93 000 participants cette année — sans compter les 66 000 enfants qui ont participé à la déclinaison dans les écoles — c’est 40 % de plus que l’an dernier et plus du double de la première édition lancée à l’automne 2014. Avec 100 millions d’euros d’investissements directement attribués par les habitants, dont un tiers à destination des quartiers populaires, les Parisiens disposent tout simplement du plus gros budget participatif au monde !

Année après année, la démarche s’approfondit. Limité à la sélection parmi des projets déjà dans les cartons de l’administration en 2014, le budget participatif répartit depuis 2015 les investissements entre des projets directement soumis par des habitants. Cette année, les associations pouvaient candidater et un véritable accompagnement a été organisé au printemps pour associer les porteurs de projets dès la phase d’évaluation par les services municipaux. Ce tamis administratif et collaboratif a fait ressortir les 600 projets soumis au vote parmi les 3 000 propositions déposées en ligne en février dernier.

Le dispositif semble attirer tous les publics : 13 000 votants habitent dans des quartiers populaires ; plus de 15 000 citoyens de moins de 30 ans ont voté en ligne ; le total légèrement supérieur de votes papier (47 000 contre 45 000 votes électroniques) laisse penser que les personnes plus âgées et/ou moins connectées ont également déposé leurs bulletins dans les urnes de nombreux espaces publics.

Dans ce contexte, faut-il conclure de notre résultat que ces citoyens, dans leur grande diversité, ne sont finalement pas si intéressés qu’on le dit par les outils et démarches civic-tech, qui peinent globalement à convaincre le grand public malgré une exposition médiatique grandissante ? Au-delà de notre projet de doter les conseils de quartier de méthodes d’intelligence collective et de plateformes participatives, il est à noter qu’aucun projet labellisé “Ville intelligente et numérique” n’a été retenu à l’échelle de tout Paris. A l’inverse, près de 50 % des projets lauréats concernent le cadre de vie et la propreté. Ce résultat, dans la lignée des premières éditions, pose la question de ce qui est comparable : à l’avenir, ne serait-il pas intéressant pour la diversité des projets soutenus que chaque votant ne dispose que d’un nombre limité de votes par catégorie ?

Nos 20 propositions pour des conseils de quartier 2.0

A l’image du budget participatif qui se perfectionne d’une année sur l’autre, la démocratie est un processus dynamique qui demande du temps pour parvenir à un nouvel équilibre. La période est paradoxale : la “crise démocratique” figure dans tous les discours alors que nos écosystèmes bouillonnent d’initiatives en ligne et hors ligne pour accompagner la transition vers un système et des pratiques politiques qui apportent plus de place et de sens aux citoyens. Rendus modestes par le chemin que nous avons à parcourir, mais porteurs de valeurs ambitieuses, nous adoptons au sein de CivicWise et Democracy OS France une approche locale, basée sur le concret et la coopération. Nous expérimentons à l’échelle de notre quartier, qui rayonne autour de la Place des Fêtes et de Volumes, l’espace de coworking où nous créons et travaillons au quotidien.

Nous avons débuté notre collaboration au premier trimestre 2016 en organisant deux “meetups” pour rassembler une cinquantaine d’habitants des environs. Ces deux ateliers créatifs nous ont permis de définir nos attentes collectives — que les conseils de quartier ne remplissent pas à l’heure actuelle — puis nos idées sur les activités, les méthodes décisionnelles et les supports numériques qu’il faudrait développer pour donner plus d’attractivité et d’impact à ces rendez-vous citoyens. Nous les avons ensuite comparées au fonctionnement existant des conseils de quartier en assistant à plusieurs séances. Nous avons synthétisé ces travaux dans une liste de 20 propositions qui ambitionnent de dynamiser l’engagement démocratique local en attirant des participants plus divers aux réunions, en développant de nouveaux formats débouchant sur de véritables décisions co-construites avec les citoyens et de nouveaux outils numériques adaptés.

Open Source Politics est une entreprise qui développe des plateformes de démocratie participative pour des acteurs publics, privés et associatifs. Contactez-nous si vous souhaitez vous engager dans un dispositif de concertationou un budget participatif utilisant des outils civic-tech !

@Valentin Chaput

@OpenSourcePol

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