Conception d’une assemblée citoyenne en ligne : le point de vue d’un praticien

Conception d’une assemblée citoyenne en ligne : le point de vue d’un praticien

Cet article est une traduction réalisée par Open Source Politics de l’article publié sur le Medium « Participo », une publication de l’OCDE. Pour consulter l’article original de Marcin Gerwin, cliquez ici.

Cela peut sembler concevoir l’impensable. Une assemblée citoyenne en ligne ? L’un des éléments essentiels d’une assemblée citoyenne est de créer un espace permettant aux gens de se rencontrer en face à face. C’est là que réside la magie des assemblées citoyennes. Alors pourquoi aller en ligne ?

Eh bien, parfois, des situations inimaginables apparaissent, et on commence à se demander : et si ? Serait-il possible de parvenir à un apprentissage, une délibération et des recommandations collectives de grande qualité grâce aux outils numériques ? Ma réponse à ces questions est – oui. Il est certain que ce serait une expérience différente des réunions en personne. Mais cela pourrait fonctionner.

À ma connaissance, aucune assemblée citoyenne en ligne n’a encore été organisée. Bien que diverses formes de délibération en ligne aient été expérimentées, je pense ici à transférer en ligne l’ensemble du processus avec un groupe choisi au hasard et représentatif du grand public, en suivant les mêmes phases d’apprentissage, de délibération et de formation de recommandations collectives que lors d’une assemblée citoyenne en face à face.

Phase de formation aux compétences numériques

Je commencerais par une phase de formation d’au moins deux semaines afin de m’assurer que tous les participants savent comment utiliser l’équipement et les logiciels, comment se joindre à une réunion, comment mettre et enlever le son – toutes les bases. Ce pourrait aussi être un moment de convivialité où les gens feraient connaissance, parleraient de choses de la vie quotidienne et s’habitueraient à avoir une conversation en ligne.

Pour aider les personnes qui n’ont pas d’expérience dans l’utilisation d’Internet, des assistants techniques personnels pourraient être recrutés (il pourrait s’agir de bénévoles). Dans certains cas, il pourrait être nécessaire d’acheter du matériel approprié, comme des tablettes avec l’internet LTE (comme dans les téléphones portables), afin que les gens n’aient pas besoin d’avoir un routeur à la maison. Comme les frais de lieu ou de restauration sont éliminés, il pourrait être possible d’acheter du matériel électronique de bonne qualité sans augmenter les coûts globaux.

Phase d’apprentissage

Nous pourrions nous appuyer sur plus de 40 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation en ligne pour concevoir la phase d’apprentissage. Par exemple, elle pourrait consister en des présentations d’experts et de parties prenantes en ligne et des documents de lecture. Il n’est pas nécessaire que ce soit en direct. Les gens pourraient regarder ou lire quand cela leur convient le mieux. Les présentations devraient être relativement courtes, environ 12 minutes.

Pour encourager l’apprentissage, les animateurs pourraient proposer des tâches hors ligne ou ludiques, comme dresser une liste des choses les plus intéressantes que les gens ont apprises ou remplir des tableaux divertissants en rapport avec le matériel. Ensuite, un appel de groupe d’étude animé pourrait permettre aux participants de partager leurs apprentissages. En règle générale, tous les appels devraient être relativement courts – une heure, au maximum 1,5 heure, si les participants sont d’accord. Ils pourraient être organisés 3 à 4 fois par semaine, et s’étaler sur environ deux mois (en fonction de la question et de sa complexité).

Les appels de groupe en direct pourraient inclure des séances de questions-réponses avec des experts et des parties prenantes, au cours desquelles les participants pourraient se diviser en petits groupes pour discuter de la matière avant de se réunir à nouveau en plénière (cette fonction de « salle de discussion » existe sur Zoom, Jitsi et d’autres plateformes similaires). Ces petits groupes pourraient suivre les mêmes bonnes pratiques que celles qui se déroulent en personne, avec 7-8 personnes par groupe, plus un animateur principal et un coanimateur.

Délibération

Pour la phase de délibération, la clé est la conversation en petit groupe. Une option possible est que les animateurs puissent recueillir les idées des petits groupes et les partager avec les autres groupes, en s’assurant que les connaissances se répandent de manière égale. Des projets de recommandations pourraient être élaborés de la même manière. Toutes les recommandations pourraient passer par le même processus d’analyse, en considérant des questions telles que : quels sont les avantages et les inconvénients ; quels sont les coûts ; qui serait responsable de leur mise en œuvre ; et autres compromis connexes.

Comme les gens ont des préférences de lecture différentes et que certains préfèrent une copie physique de longs documents, le projet de recommandations et l’analyse qui l’accompagne pourraient être imprimés sous forme de brochure par les organisateurs et remis aux participants pour une réflexion personnelle avant la prise de décision.

Prise de décision collective

La dernière étape consiste à trouver un terrain d’entente pour finaliser les recommandations collectives. Dans les assemblées citoyennes que j’ai organisées en Pologne, cela se fait généralement par un mélange de discussion et de vote (voir détails ici). Cette phase peut être réalisée en ligne, en remplissant des bulletins de vote électroniques ou en utilisant l’un des outils de prise de décision collective existants.

Conclusion

Aurais-je confiance dans les résultats de ce processus ? Oui, s’il a été bien conçu et facilité. Serait-ce la même chose qu’une assemblée citoyenne en face à face ? Non. Néanmoins, cela vaut la peine d’essayer parce que la situation de crise actuelle, et toute crise qui s’ensuit, sont précisément le type de moments où les voix des citoyens doivent être entendues haut et fort, de manière significative et démocratique.

Marcin Gerwin, PhD, est un spécialiste polonais de la démocratie délibérative et de la durabilité. Il conçoit et coordonne des assemblées citoyennes. Il co-dirige le Centre pour les assemblées climatiques et il est l’auteur de « Assemblées de citoyens » : Guide to Democracy that Works » (Assemblées citoyennes : guide pour une démocratie qui fonctionne).

Comment les outils numériques peuvent-ils soutenir la délibération ?

Comment les outils numériques peuvent-ils soutenir la délibération ?

Cet article est une traduction réalisée par Open Source Politics de l’article publié sur le Medium « Participo », une publication de l’OCDE. Pour consulter l’article original de Mauricio Mejia et Claudia Chwalisz, cliquez ici.

Dans le cadre de notre travail sur la participation citoyenne innovante, nous avons lancé une série d’articles pour ouvrir une discussion et rassembler des preuves sur l’utilisation des outils et des pratiques numériques dans les processus de délibération représentatifs. Ce travail s’appuie sur le prochain rapport de l’OCDE : Participation citoyenne innovante et nouvelles institutions démocratiques : Catching the Deliberative Wave (juin 2020).

Le rapport et cette série se concentrent sur les processus de délibération représentatifs, qui impliquent qu’un groupe de personnes choisies au hasard, largement représentatif d’une communauté, prenne le temps d’ apprendre et collaborer ensemble grâce à une délibération facilitée pour former des recommandations collectives aux décideurs politiques, comme l’Assemblée des citoyens irlandais.

En collaboration avec nos collègues travaillant sur l’innovation dans le domaine de l’administration numérique et du secteur public, nous nous appuierons sur les recherches effectuées par MySociety, NESTA et de nombreux autres innovateurs et praticiens pour analyser l’état de l’art en termes de support numérique pour les processus de délibération.

Nous présentons ici les principales questions que cette série va explorer :

1. Comment les outils numériques peuvent-ils soutenir les processus de délibération représentatifs ?

Le contexte actuel oblige les décideurs politiques et les praticiens à sortir des sentiers battus et à s’adapter à l’incapacité de la délibération physique. Comment les outils numériques peuvent-ils permettre la poursuite de processus planifiés ou en cours comme les assemblées de citoyens, en garantissant que les décideurs politiques puissent toujours recueillir des recommandations de citoyens informés pour éclairer leur prise de décision? De nouvelles expériences sont en cours, et les preuves recueillies pourraient également être appliquées à d’autres situations où le face à face n’est pas possible ou plus difficile, comme les processus internationaux ou toute situation empêchant le rassemblement physique.

Cette série couvrira les phases essentielles qu’un processus de délibération représentatif devrait suivre, comme établi dans le prochain rapport de l’OCDE : apprentissage, délibération, prise de décision et recommandations collectives. En raison de la nature différente de la conduite d’un processus en ligne, nous considérerons en outre une phase nécessaire avant l’apprentissage : la formation des compétences. Les articles exploreront l’utilisation des outils numériques à chaque phase, en abordant les questions relatives aux outils, méthodes, preuves et limites appropriés.

Ils examineront également comment l’utilisation de certains outils numériques pourrait renforcer les principes de bonne pratique tels que l’impact, la transparence et l’évaluation :

  • Impact : Les outils numériques peuvent aider les participants et le public à mieux suivre l’état d’avancement des recommandations proposées et leur impact sur la prise de décision finale. Un parallèle peut être établi avec l’utilisation étendue de cette méthodologie par les Nations unies pour le suivi et l’évaluation de l’impact des objectifs de développement durable (SDG).
  • Transparence : Les outils numériques peuvent faciliter la transparence tout au long du processus. L’utilisation d’outils collaboratifs permet d’assurer la transparence quant à l’auteur du résultat final du processus (possibilité de retrouver les contributeurs du document et les différentes versions). En publiant le code et les algorithmes appliqués pour le processus de sélection aléatoire (tri) et les données ou statistiques utilisées pour la stratification, on pourrait obtenir une transparence totale sur la manière dont les participants sont sélectionnés.
  • Évaluation : La collecte et l’analyse des données peuvent aider les chercheurs et les décideurs politiques à évaluer le processus (par exemple, la qualité des délibérations, les enquêtes auprès des participants, l’évolution de l’opinion). La publication de ces données dans un format structuré et ouvert peut permettre une évaluation plus large et contribuer à la recherche. Au cours de l’année prochaine, l’OCDE préparera des lignes directrices pour l’évaluation conformément aux principes de bonnes pratiques afin de permettre une analyse comparative des données.

La série examinera également comment l’utilisation des technologies émergentes et des outils numériques pourrait compléter les processus en face à face, par exemple :

  • L’intelligence artificielle (IA) et les technologies basées sur le texte (c’est-à-dire le traitement du langage naturel, NLP (natural language processing) : L’utilisation d’outils basés sur l’IA pourrait-elle enrichir les processus de délibération ? Par exemple : cartographie des groupes d’opinion, recherche de consensus, analyse des contributions massives des participants externes au stade précoce de la contribution des parties prenantes. La NLP pourrait-elle permettre la traduction simultanée vers d’autres langues, l’analyse des sentiments et la transcription automatique ? Ces possibilités existent déjà, mais soulèvent des questions plus pertinentes concernant la fiabilité et l’expérience des utilisateurs. Comment pourrait-on les relier à l’analyse humaine, à la discussion et à la prise de décision ?
  • Réalité virtuelle/réalité augmentée : Le développement de ces technologies émergentes pourrait-il permettre aux participants d’être immergés dans des environnements virtuels et de simuler ainsi des délibérations en face-à-face des expériences qui permettent et renforcent l’empathie avec des futurs possibles ou des expériences vécues par d’autres ?

2. Quelles sont les limites de l’utilisation des outils numériques pour les processus de délibération représentatifs ?

L’utilisation des outils numériques dans les processus de délibération se heurte aux mêmes limites que dans de nombreux autres processus participatifs. La série explorera et découvrira également des limites, telles que :

  • Le manque d’interaction sociale : L’interaction en ligne peut ne pas avoir le même effet qu’en face à face. Cependant, il existe des études intéressantes sur la qualité de la socialisation dans les espaces en ligne. Les cas de communautés en ligne comme Anonymous ou le lien social pendant les mouvements sociaux (Occupy, Arab Spring, Sunflower Movement, Indignados) peuvent aider à rassembler des preuves sur l’interaction sociale en ligne. Une comparaison supplémentaire pourrait être faite avec la communauté des jeux en ligne et l’interaction sociale qui s’en suit, construite grâce aux outils en ligne et numériques.
  • La fracture numérique : Pour que les outils numériques permettent une participation inclusive et égale entre les participants, nous devons aborder les différents types d’exclusion (compétences, accès, genre, revenus, usages) et comment les atténuer.
  • La technologie nuisible : La technologie n’est pas neutre et peut avoir des effets négatifs sur le processus démocratique (dépendance à l’égard de logiciels propriétaires, problèmes de respect de la vie privée, etc.). Lorsqu’ils utilisent des outils numériques, les organisateurs, les décideurs politiques et les participants doivent être conscients des risques associés et tenir dûment compte des implications éthiques de toute utilisation de la technologie ou de données personnelles.
  • La confiance et la légitimité : Quels sont les impacts sur la confiance entre les participants, et aussi sur la confiance du public dans les processus virtuels ? Quelles sont les perceptions du public quant à la légitimité des processus de délibération menés en ligne ?

3. Dans quels autres contextes ces enseignements pourraient-ils être appliqués ?

Bien que cette série se concentre principalement sur la manière dont les outils numériques peuvent améliorer les processus de délibération représentatifs, tels que les assemblées de citoyens, les jurys et les comités, de nombreux éléments à emporter pourraient être utiles dans d’autres situations.

La question peut également être retournée. Les parlements nationaux, les universités et les partis politiques utilisent les outils numériques pour s’adapter aux méthodes et à la dynamique du XXIe siècle. Cette série comprendra également des exemples de pratiques des institutions mentionnées ci-dessus pour adapter les phases principales d’un processus de délibération en s’appuyant sur leur expérience de l’utilisation des outils numériques pour la délibération et la participation des citoyens.

La série « Digital for Deliberation » se concentre sur l’utilisation de la technologie, mais l’objectif est de contribuer à la discussion générale sur les processus de délibération représentatifs pour l’élaboration des politiques et, plus largement, à la mise en œuvre du principe de gouvernement ouvert de la participation des citoyens.

Le numérique pour la délibération : Capter la vague de délibération

Le numérique pour la délibération : Capter la vague de délibération

Cet article est une traduction réalisée par Open Source Politics de l’article publié sur le Medium « Participo », une publication de l’OCDE. Pour consulter l’article original de Mauricio Mejia, cliquez ici.

Le domaine de travail « Participation innovante des citoyens » de l’OCDE explore les changements de paradigme en cours vers une gouvernance plus inclusive. L’idée est de mieux comprendre les nouvelles formes de prise de décision délibérative, collaborative et participative qui se produisent, en analysant ce qui fonctionne bien et ce qui ne fonctionne pas, et en se demandant comment les institutions démocratiques pourraient changer à long terme en conséquence. (Voir notre premier article sur le Participo qui explique le contexte).

Le premier rapport de ce volet de travail se concentre sur l’utilisation des processus de délibération représentatifs par les institutions publiques. Capter la vague de délibération : Catching the Deliberative Wave : Innovative Citizen Participation and New Democratic Institutions (juin 2020), est la première étude comparative empirique internationale qui examine le fonctionnement des processus délibératifs représentatifs pour la prise de décision publique et discute de l’opportunité de leur institutionnalisation.

Le rapport se concentre sur de nombreux aspects des processus de délibération, mais reconnaît qu’il s’agit de la première pierre d’une recherche plus approfondie sur la délibération pour l’élaboration des politiques publiques. L’utilisation des outils numériques pour enrichir les processus de délibération constitue un domaine de recherche et de discussion plus approfondi.

La situation actuelle et les conséquences de COVID-19 auront certainement un impact sur la façon dont nous interagissons et dont nous exerçons nos activités quotidiennes (et civiques). Au moment où nous écrivons ces lignes, des millions de personnes sont physiquement isolées et essaient de poursuivre leurs activités normalement. Nous nous adaptons aux nouveaux outils et méthodes pour tirer le meilleur parti du travail à domicile et maintenir des liens sociaux avec nos amis, collègues et familles.

L’épidémie de coronavirus affecte également l’organisation des processus de délibération en cours ou à venir. Les assemblées citoyennes française et britannique sur le climat, par exemple, envisagent l’utilisation d’outils de conférence numériques pour remplacer ou compléter les réunions physiques qui sont reportées jusqu’à nouvel ordre.

Même les institutions traditionnelles de longue date comme le Parlement européen, la Chambre des Communes britannique et le Parlement libanais envisagent l’utilisation d’outils vidéo et d’applications de vote électronique pour remplacer les débats et réunions parlementaires en face à face. D’autres organisations, comme les partis politiques, mettent également en place des outils numériques pour poursuivre leurs activités normalement et pourraient être une source d’inspiration pour notre travail.

Nous estimons que le moment est bien choisi pour ouvrir la discussion sur l’utilisation des outils numériques pour les processus de délibération, en collaboration avec nos collègues travaillant sur le gouvernement numérique et l’innovation dans le secteur public.

Plutôt que de remplacer le face-à-face par la délibération numérique, nous voulons rassembler toutes les preuves pertinentes sur la façon dont les outils et les pratiques numériques peuvent améliorer et soutenir les processus de délibération en personne. Même si l’accent sera mis sur l’utilisation de la technologie, l’objectif est de contribuer à la discussion générale et au cadre des processus de délibération pour l’élaboration des politiques. Autrement dit, les outils numériques sont le moyen d’atteindre une fin, et non une fin en soi.

Expérience d’un nouveau genre à l’université

Expérience d’un nouveau genre à l’université

À l’aide de la plateforme Decidim, 138 étudiants en Master 2 en science politique de l‘Université Paris Est Créteil ont la possibilité de co-construire une charte de l’égalité homme/femme en prévision de l’ouverture de l’Ecole Internationale d’Etudes Politiques en septembre 2020.

À l’origine de la démarche

Des étudiants concernés par la participation

C’est dans le cadre d’un cours sur la Civic tech qu’émerge cette initiative : bâtir, en s’assurant de la participation du plus grand nombre, un référentiel réglementaire commun encadrant les enjeux de genre à l’université – soit une première pierre décisive et forte de sens dans la construction de cette future école. Cette œuvre commune s’appuie sur plusieurs fonctionnalités mises à disposition par la plateforme qui, agencées côte à côte, favorisent l’émergence d’une intelligence collective au sujet de l’égalité homme/femme et de l’inclusion de toutes et de tous. 


Trois outils participatifs :

Pour mettre en œuvre cette démarche participative, trois outils déployés par la plateforme ont été sélectionnés : 

  • Une enquête sous forme de deux questionnaires ;
  • Des espaces de débats autour de propositions émises par les participants ;
  • La fonctionnalité de texte participatif pour une co-rédaction de la charte. 

L’enquête

L’enquête sur les inégalités homme/femme au sein de l’établissement repose sur la fonctionnalité “questionnaire” de Decidim. L’enquête est divisée en deux parties distinctes sur les sujets suivants :  

  • Perception générale des inégalités hommes/femmes
  • Faits observés aux cours de vos études supérieures 

Les questions sont pour la plupart construites selon le modèle classique des questionnaires à choix multiples. La démarche permet également aux participant·es de préciser leur pensée sur certaines questions propices à une expression plus fine et détaillée. Cet agencement sur mesure permet de cadrer l’enquête tout en laissant la place aux participants de s’exprimer librement au sein de celle-ci. Seul·e l’administrateur·ice dispose de la possibilité d’exploiter les réponses au questionnaire. 

Les débats 

La fonctionnalité “débat” de Decidim permet d’organiser des espaces de discussion virtuels autour de thèmes proposés directement par les participants. Chacun ou chacune peut choisir de s’abonner aux thèmes qu’il ou elle souhaite suivre, mais aussi apporter sa contribution par les échanges en commentaires.

La co-construction de la charte

La fonctionnalité de texte participatif de Decidim donne la possibilité à tous les participants de directement suivre, soutenir, commenter ou encore amender chaque partie de la charte en cours de co-construction. Ainsi, l’écriture de la charte n’est plus déléguée à certaines personnes précises. Elle devient une œuvre collective sur laquelle chaque participants a, individuellement, la possibilité d’apporter sa contribution. Un historique des amendements est accessible pour chaque paragraphe afin de garantir une totale transparence quant aux évolutions du texte.

Quel apport de l’outil numérique pour cette démarche ?

Nous avons demandé à Emilie Frenkiel, chercheuse au LIPHA, maîtresse de conférences en sciences politiques à l’université Paris Est-Créteil et encadrante de la démarche, quel a été l’apport de la plateforme Decidim dans cette démarche : 

Impliquer une centaine d’étudiant dans une réflexion collective

 » Tout d’abord, l’outil m’a autorisée à me lancer dans cette démarche. Je n’aurais jamais pu concevoir d’impliquer une centaine d’étudiants dans une réflexion collective et prolongée sur les questions d’inégalités et de sexisme à l’Université sans les possibilités offertes par la plateforme. Cela a permis de redistribuer la parole dans la classe, au sens où cela permet à des étudiant.e.s qui ne prennent pas facilement la parole en cours ou qui travaillent ou sont malades et ne peuvent y assister de s’exprimer sur des questions qui touchent tout le monde. 

Différentes fonctionnalités qui ouvrent le champs des possibles

La plateforme leur permet de s’enregistrer sous un pseudonyme, ce qui est très important pour notre sujet. D’autre part, en confirmation de l’importance du design pour l’imaginaire et les formes concrètes des consultations, les différentes fonctionnalités ont encore ouvert le champ des possibles, en ce qui me concerne. Je ne savais pas comment lancer la discussion et la plateforme m’a permis de créer un long questionnaire, moins destiné à recueillir des données que d’engager les étudiant.e.s à débuter ou approfondir leur réflexion sur les inégalités de sexe à l’université, en général et d’après leur expérience de témoins, victimes, participant.e.s à un climat sexiste. Je ne savais pas quoi attendre du débat en ligne et n’avais pas anticipé des débats aussi nombreux, libres, précis, réflexifs et pertinents. 

la rédaction participative d’une charte pour l’égalité

Nous sommes maintenant engagé.e.s dans la dernière étape de la consultation : la rédaction participative d’une charte pour l’égalité qui sera mise en vigueur dans l’Ecole internationale d’études politiques qui ouvrira à la rentrée. Sans la plateforme, qui nous autorise à modifier et commenter pas à pas et à différents rythmes la charte dans l’espace de quelques semaines, ce niveau de réflexion, collaboration et délibération n’aurait pas été atteignable. »

Webinaire #1 : Pourquoi l’open source devient-il la norme pour les démarches participatives ?

Webinaire #1 : Pourquoi l’open source devient-il la norme pour les démarches participatives ?

Un webinaire qui a été animé le 22 avril 2020 par Eloïse Gabadou et Léna Dumont.

Retrouvez la présentation ci-dessous. 👇

Le webinaire en quelques mots…

Un logiciel open source est un logiciel dont le code source est ouvert. Le mouvement qui s’est formé autour de ce choix technologique prend de plus en plus d’ampleur dans notre société en général, et dans le secteur de la participation citoyenne en particulier.

Pourquoi cela ? Fruit du mouvement du logiciel libre, il répond en effet directement à l’exigence de nos sociétés pour plus de transparence et de vigilance face aux technologies déployées par les institutions et les organisations. L’open source nous interpelle sur la relation entre le gouvernement et les citoyen.nes, ainsi que sur la consultation préalable à tout choix technologique ou politique pouvant interférer dans la vie de chacun.e. Nous le constatons en ce moment avec l’application StopCovid qui suscite des interrogations légitimes, notamment sur l’utilisation des données personnelles.

La relation de confiance avec le.la citoyen.ne devient déterminante lors de démarches participatives publiques, en particulier lorsque les participant.e.s consulté.e.s demandent à connaître l’origine et la nature des logiciels et du traitement des données qui dessineront le futur de leur organisation, ou de leur ville, région ou pays. Pour Francesca Bria, ex-CTO de la ville de Barcelone, les logiciels libres et open source préservent “les droits fondamentaux des citoyen.ne.s” en “[permettant] de savoir ce que [les algorithmes] font et en [garantissant] l’absence de failles de sécurité”.

En ce qui concerne les organisations et entreprises privées, le choix de l’open source permet  d’ouvrir les portes de communautés diverses et représentatives de leur écosystème d’usage (institutions, entreprises, développeurs, utilisateurs finaux, chercheurs, etc.). Ces communautés permettent également la mutualisation des ressources et des investissements de développement pour proposer un logiciel évolutif et apprenant.

Le webinaire du 22 avril 2020 est revenu sur ce qu’est l’open source et sur l’ensemble des raisons pour lesquelles ce choix devient la norme pour les processus participatifs.

(Re)visionnez le webinaire 👇

Votre organisation (publique comme privée) souhaite mettre en place une démarche de participation ? Vous êtes simplement curieux.se d’en découvrir plus Decidim ? Contactez-nous 👉contact@opensourcepolitics.eu

Notre lead dev en connexion 4G, 2.5 membres de l’équipes touchés par le virus, une collection de memes sur le confinement, et pourtant…

Notre lead dev en connexion 4G, 2.5 membres de l’équipes touchés par le virus, une collection de memes sur le confinement, et pourtant…

Dans cet article, découvrez les clés d’une organisation très bien improvisée, et la naissance d’une nouvelle solidarité numérique.

Big-up à tous nos outils collaboratifs

Anticipant le confinement de quelques jours, nous avons décidé d’une réorganisation interne en « remote first » le temps de l’épidémie.

Il est vrai que nous avons tous, plus ou moins, l’habitude de télétravailler. Et il faut dire aussi qu’on dispose des meilleurs outils pour fonctionner à distance :

  • Notion : la base de connaissance qui permet d’organiser le travail des équipes. C’est ici que nous avons créé un espace « COVID-19 Remote Policy » pour partager les règles et bonnes pratiques de télétravail, ainsi que des doses d’ondes positives.
  • Une playlist collaborative Covid-19XOSP où l’on partage toutes nos musiques pépites pour garder le moral à distance.
  • Un dossier partagé -dont on taira le nom- où chacun.e va chercher les ressources dont il/elle a besoin.
  • Github : notre équipe technique a déjà l’habitude de travailler en finesse les codes de nos plateformes sur ce fameux outil collaboratif pour développeurs.
  • Rocket Chat : une alternative open source à Slack pour nos discussions du quotidien. C’est ici que nous avons ouvert un fil de discussion dédié au confinement où nous partageons nos ressentis, nos émotions et où nous parlons sur le dos du Covid-19… Il faut dire que deux personnes et demi de l’équipe ont des symptômes qui font penser qu’elles ont chopé le virus (la demie portion c’est Eloïse qui a subitement perdu le goût… d’ailleurs si quelqu’un le retrouve merci de nous mp).

C’est aussi sur Rocket Chat que, chaque jour, les membres des différentes équipes annoncent les tâches qu’ils vont réaliser pour la journée, mais aussi leurs points de blocage et leurs besoins (aide, avis, conseils…) :

Depuis que nous sommes tous à la maison, nous partageons au maximum ce que nous faisons avec les autres membres de l’équipe – et pas seulement pour que tout le monde soit au courant qu’on est bien en train de bosser et qu’on n’est pas en pleine partie de Sims. Être séparés physiquement impose que nous partagions davantage nos avancées et nos difficultés. Cela nous apporte en retour une meilleure visibilité sur le rôle et les missions de chaque membre de l’équipe… et ça en fait des channels de discussion à remonter !

  • Jitsi : on remercie du fond du cœur cette plateforme de visioconférence qui a ouvert plus de serveurs en France depuis le confinement, et qui sauve ainsi notre organisation. Nous avions déjà l’habitude d’utiliser Jitsi pour des rendez-vous et des formations à distance, mais depuis la quarantaine, c’est devenu l’espace central de notre organisation interne.

Chaque lundi, nous prenons la température de l’entreprise à travers les nouvelles de chacun de ses membres et discuter des gros sujets de la semaine. Il arrive que nous prenions le petit-déjeuner ensemble (pour les amateurs d’ASMR c’est vraiment pas mal).

Nous utilisons aussi Jitsi pour faire des entretiens individuels, histoire de nous assurer que chacun vive bien la situation, personnellement et professionnellement. 

Toute la semaine, Jitsi nous accompagne, et nous permet de suivre la tendance du Webinar… et on adore ! Nos différentes équipes en ont déjà organisé cinq !


Là c’est Pauline qui nous montre une fonctionnalité cachée de Decidim.

Le principe est de présenter au reste du staff les outils que l’on utilise, de donner des astuces d’organisation, et de partager ses compétences avec les autres. Nous observons déjà une bonne tendance pédagogique : pendant les webinars, nous ne partons pas du principe que les autres savent. Cela permet de consolider certaines bases, ou même d’en construire pour ceux qui viennent d’arriver chez OSP. Ces webinars nous permettent à tou.te.s de développer des soft skills précieux et de mieux comprendre le détail du travail de chacun. 

“Travailler à la maison c’est moins de distractions” nous dit Eloïse, “mais vos têtes me manquent”. C’est vrai que ça nous fait tou.te.s un peu bizarre de passer d’un open space rempli (grande pensée pour l’équipe du Liberté Living-Lab) à un.e salon/chambre/cuisine un peu vide. Nous faisons donc le maximum pour que personne ne se sente trop seul.e. 

Enfin, nous utilisons Jitsi avec nos clients pour des réunions de cadrage, pour des formations, ou pour faire le point sur les plateformes en cours, car l’activité ne s’est pas ralentie pour OSP !

La démocratie continue… et la solidarité numérique se construit.

Dans les circonstances que nous vivons, les plateformes de participation sont idéales pour continuer d’animer les communautés et/ou s’organiser à distance. En une dizaine de jours, déjà 6 organisations sont venues nous solliciter soit pour ouvrir des espaces d’organisation collaboratifs internes, soit pour mettre en place des réseaux d’entraide sur un territoire. 

En adaptant à la marge les fonctionnalités, nos plateformes permettent de bien organiser le partage d’informations, l’émergence de nouvelles solutions et la communication à distance. Plusieurs de ces projets dédiés au temps du confinement sont mis en place par nos équipes de conseils.

Le reste de nos plateformes continue de tourner. A titre d’exemple, la ville d’Angers et le département de Touraine maintiennent leurs budgets participatifs. Le débat national sur Politique Agricole Commune ou la consultation de l’Assemblée nationale sur l’identité numérique se poursuivent et leurs dates sont même prolongées.

Par ailleurs, les associations dont l’organisation est perturbée, peuvent disposer de Decidim gratuitement grâce au projet Agorasso mis en place par l’association Code for France, que nous accompagnons. Decidim peut permettre à toutes les structures d’inventer de nouveaux modes de fonctionnement, adaptés à la distanciation sociale. 

Au-delà d’une démocratie numérique qui continue de tourner, nous observons qu’une nouvelle solidarité se met en place un peu partout. Citons par exemple les plateformes enpremiereligne.fr et solidarite-numerique.fr qui permettent un système d’entraide destiné à soulager ceux qui ne peuvent pas s’arrêter de travailler ou rester à l’abri chez eux d’une part, et de partager des ressources pour faciliter les démarches du plus grand nombre d’autre part. Deux autres exemples civic-tech utiles face au Covid-19.

Vous l’aurez compris, notre activité se poursuit à distance, grâce aux meilleurs outils de collaboration disponibles. Ainsi, nous pouvons continuer d’accompagner nos plateformes numériques de participation basées sur des logiciels libres et résilients, qui trouvent un nouvel usage en ce moment si particulier. Prenez soin de vous et des autres en restant chez vous. Cela ne vous empêche pas de participer !

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