Notre lead dev en connexion 4G, 2.5 membres de l’équipes touchés par le virus, une collection de memes sur le confinement, et pourtant…

Notre lead dev en connexion 4G, 2.5 membres de l’équipes touchés par le virus, une collection de memes sur le confinement, et pourtant…

Dans cet article, découvrez les clés d’une organisation très bien improvisée, et la naissance d’une nouvelle solidarité numérique.

Big-up à tous nos outils collaboratifs

Anticipant le confinement de quelques jours, nous avons décidé d’une réorganisation interne en « remote first » le temps de l’épidémie.

Il est vrai que nous avons tous, plus ou moins, l’habitude de télétravailler. Et il faut dire aussi qu’on dispose des meilleurs outils pour fonctionner à distance :

  • Notion : la base de connaissance qui permet d’organiser le travail des équipes. C’est ici que nous avons créé un espace « COVID-19 Remote Policy » pour partager les règles et bonnes pratiques de télétravail, ainsi que des doses d’ondes positives.
  • Une playlist collaborative Covid-19XOSP où l’on partage toutes nos musiques pépites pour garder le moral à distance.
  • Un dossier partagé -dont on taira le nom- où chacun.e va chercher les ressources dont il/elle a besoin.
  • Github : notre équipe technique a déjà l’habitude de travailler en finesse les codes de nos plateformes sur ce fameux outil collaboratif pour développeurs.
  • Rocket Chat : une alternative open source à Slack pour nos discussions du quotidien. C’est ici que nous avons ouvert un fil de discussion dédié au confinement où nous partageons nos ressentis, nos émotions et où nous parlons sur le dos du Covid-19… Il faut dire que deux personnes et demi de l’équipe ont des symptômes qui font penser qu’elles ont chopé le virus (la demie portion c’est Eloïse qui a subitement perdu le goût… d’ailleurs si quelqu’un le retrouve merci de nous mp).

C’est aussi sur Rocket Chat que, chaque jour, les membres des différentes équipes annoncent les tâches qu’ils vont réaliser pour la journée, mais aussi leurs points de blocage et leurs besoins (aide, avis, conseils…) :

Depuis que nous sommes tous à la maison, nous partageons au maximum ce que nous faisons avec les autres membres de l’équipe – et pas seulement pour que tout le monde soit au courant qu’on est bien en train de bosser et qu’on n’est pas en pleine partie de Sims. Être séparés physiquement impose que nous partagions davantage nos avancées et nos difficultés. Cela nous apporte en retour une meilleure visibilité sur le rôle et les missions de chaque membre de l’équipe… et ça en fait des channels de discussion à remonter !

  • Jitsi : on remercie du fond du cœur cette plateforme de visioconférence qui a ouvert plus de serveurs en France depuis le confinement, et qui sauve ainsi notre organisation. Nous avions déjà l’habitude d’utiliser Jitsi pour des rendez-vous et des formations à distance, mais depuis la quarantaine, c’est devenu l’espace central de notre organisation interne.

Chaque lundi, nous prenons la température de l’entreprise à travers les nouvelles de chacun de ses membres et discuter des gros sujets de la semaine. Il arrive que nous prenions le petit-déjeuner ensemble (pour les amateurs d’ASMR c’est vraiment pas mal).

Nous utilisons aussi Jitsi pour faire des entretiens individuels, histoire de nous assurer que chacun vive bien la situation, personnellement et professionnellement. 

Toute la semaine, Jitsi nous accompagne, et nous permet de suivre la tendance du Webinar… et on adore ! Nos différentes équipes en ont déjà organisé cinq !


Là c’est Pauline qui nous montre une fonctionnalité cachée de Decidim.

Le principe est de présenter au reste du staff les outils que l’on utilise, de donner des astuces d’organisation, et de partager ses compétences avec les autres. Nous observons déjà une bonne tendance pédagogique : pendant les webinars, nous ne partons pas du principe que les autres savent. Cela permet de consolider certaines bases, ou même d’en construire pour ceux qui viennent d’arriver chez OSP. Ces webinars nous permettent à tou.te.s de développer des soft skills précieux et de mieux comprendre le détail du travail de chacun. 

“Travailler à la maison c’est moins de distractions” nous dit Eloïse, “mais vos têtes me manquent”. C’est vrai que ça nous fait tou.te.s un peu bizarre de passer d’un open space rempli (grande pensée pour l’équipe du Liberté Living-Lab) à un.e salon/chambre/cuisine un peu vide. Nous faisons donc le maximum pour que personne ne se sente trop seul.e. 

Enfin, nous utilisons Jitsi avec nos clients pour des réunions de cadrage, pour des formations, ou pour faire le point sur les plateformes en cours, car l’activité ne s’est pas ralentie pour OSP !

La démocratie continue… et la solidarité numérique se construit.

Dans les circonstances que nous vivons, les plateformes de participation sont idéales pour continuer d’animer les communautés et/ou s’organiser à distance. En une dizaine de jours, déjà 6 organisations sont venues nous solliciter soit pour ouvrir des espaces d’organisation collaboratifs internes, soit pour mettre en place des réseaux d’entraide sur un territoire. 

En adaptant à la marge les fonctionnalités, nos plateformes permettent de bien organiser le partage d’informations, l’émergence de nouvelles solutions et la communication à distance. Plusieurs de ces projets dédiés au temps du confinement sont mis en place par nos équipes de conseils.

Le reste de nos plateformes continue de tourner. A titre d’exemple, la ville d’Angers et le département de Touraine maintiennent leurs budgets participatifs. Le débat national sur Politique Agricole Commune ou la consultation de l’Assemblée nationale sur l’identité numérique se poursuivent et leurs dates sont même prolongées.

Par ailleurs, les associations dont l’organisation est perturbée, peuvent disposer de Decidim gratuitement grâce au projet Agorasso mis en place par l’association Code for France, que nous accompagnons. Decidim peut permettre à toutes les structures d’inventer de nouveaux modes de fonctionnement, adaptés à la distanciation sociale. 

Au-delà d’une démocratie numérique qui continue de tourner, nous observons qu’une nouvelle solidarité se met en place un peu partout. Citons par exemple les plateformes enpremiereligne.fr et solidarite-numerique.fr qui permettent un système d’entraide destiné à soulager ceux qui ne peuvent pas s’arrêter de travailler ou rester à l’abri chez eux d’une part, et de partager des ressources pour faciliter les démarches du plus grand nombre d’autre part. Deux autres exemples civic-tech utiles face au Covid-19.

Vous l’aurez compris, notre activité se poursuit à distance, grâce aux meilleurs outils de collaboration disponibles. Ainsi, nous pouvons continuer d’accompagner nos plateformes numériques de participation basées sur des logiciels libres et résilients, qui trouvent un nouvel usage en ce moment si particulier. Prenez soin de vous et des autres en restant chez vous. Cela ne vous empêche pas de participer !

Open Source Politics déploie une plateforme pétitions pour le Sénat

Open Source Politics déploie une plateforme pétitions pour le Sénat

Pendant plusieurs mois, OSP et les équipes du Sénat ont travaillé main dans la main au lancement d’un nouveau service : la plateforme officielle petitions.senat.fr 

Cette plateforme permet aux citoyen·ne·s de déposer des pétitions et/ou d’en signer en ligne, de manière sécurisée grâce à une intégration FranceConnect avancée. Cette innovation démocratique utilise la technologie libre et open source Decidim, et notamment le module “Initiatives” autorisant un droit d’interpellation aux citoyen·ne·s. 

Utilisé par la mairie de Barcelone depuis plusieurs années, c’est la première fois qu’il est déployé en France, et pour la première fois également dans un Parlement de l’Union Européenne

Une innovation démocratique majeure pour nos institutions

Le module Pétitions de Decidim est déployé pour la première fois à l’échelle nationale, ce qui fait du Sénat le premier Parlement de l’Union Européenne à contribuer au développement de ce bien commun numérique.

Ce dispositif n’est pas sans rappeler la plateforme petition.parliament.uk mise en place le Parlement britannique avec succès : le recueil de plusieurs millions de signatures a permis de porter 73 pétitions citoyennes devant les parlementaires outre-Manche.

Ces deux initiatives témoignent d’une volonté croissante des institutions parlementaires de s’ouvrir aux citoyen·ne·s en leur offrant la capacité de mettre des sujets à l’agenda législatif.

Après le bilan mitigé du Grand Débat, il est intéressant de voir que les exercices de concertations nationaux restés jusqu’alors purement consultatifs consacrent désormais une place progressive à des modalités qui laissent davantage  de marges de manœuvre aux citoyen·ne·s – nous pensons par exemple à la Convention Citoyenne pour le Climat et sa plateforme participative Decidim, également mise en place par OSP.

Il s’agit de nouvelles avancées importantes pour les civic tech en termes d’impact et nous nous réjouissons qu’elles se fassent sur Decidim. A chaque reprise, le choix de ce logiciel libre s’est fait en tenant compte des règles éthiques qui le gouverne et de son exemplarité en matière de protection des données personnelles. La CNIL a d’ailleurs récemment mis en avant les qualités du logiciel dans son Cahier Innovation et Prospective sur les Civic Tech (retrouvez notre article ici)

En effet, le libre et l’open source sont les meilleures garanties de transparence pour une plateforme numérique. Le code source est accessible et permet de connaître tous les rouages internes de la plateforme. Ces même propriétés autorisent la reprise, l’installation et la modification du logiciel par d’autres institutions ou collectivités. Ainsi, l’investissement que le Sénat a fait dans le logiciel va bénéficier à toutes les autres organisations qui voudront utiliser Decidim, à l’échelle parlementaire ou locale. Par exemple, la Ville de Barcelone a développé ce module pour permettre aux citoyen·ne·s de saisir le Conseil municipal et inscrire des sujets à son ordre du jour.

Une innovation technique d’importance

Open Source Politics, en collaboration avec FranceConnect et le Sénat, a donc pu partir du logiciel existant pour l’adapter à ce nouveau contexte.

Les défis que posaient la plateforme de pétition du Sénat étaient de taille :

  • s’assurer que les dépositaires et signataires sont des personnes physiques majeures inscrites sur le registre national d’identification de l’INSEE ;
  • garantir l’anonymat des personnes signataires ;
  • s’assurer que chaque personne ne dépose qu’une signature par pétition. 

Pour cela, nous avons utilisé une toute nouvelle fonctionnalité de FranceConnect qui permet de répondre à toutes ces contraintes. FranceConnect est un dispositif d’identification et d’authentification des particuliers proposé par l’État pour sécuriser l’accès aux services publics en ligne, via les identifiants de l’administration fiscale ou de l’assurance maladie par exemple. 

Petitions.senat.fr est ainsi le premier site à utiliser l’authentification France Connect de manière anonyme ! Sur chaque pétition, en cliquant sur le bouton “Signer”, l’utilisateur se créé un compte anonyme via FranceConnect. La seule information récupérée est la clé d’identification une clé d’identification unique et anonyme fournie par FranceConnect. Aucune autre donnée n’est récupérée à la suite de la signature d’une pétition.

Ensuite, le Sénat avait besoin de concevoir ses règles de traitement des pétitions. Dans cette optique, une pétition peut porter

Avant d’être examinées par la Conférence des Présidents, les propositions doivent passer deux contrôles de recevabilité :

  • Un premier contrôle de recevabilité technique avant publication (langue française, caractères non discriminatoires, etc) ;
  • Un examen sur le fond pour les pétitions qui atteignent un minimum de 100 000 signatures durant un délai de 6 mois.

Au cours de toutes ces étapes successives, la plateforme permet de suivre l’évolution des pétitions par tou·te·s les internautes. Decidim permet en effet de documenter toutes les démarches et rend le processus compréhensible et accessible tant pour les dépositaires que pour les signataires. 

Premiers chiffres et impressions

Après seulement 2 semaines d’activité on compte 31 pétitions, et plus de 6000 signatures  ! Un lancement réussi qui mériterait à être connu du grand public.
Les premiers signes d’adoption massive se font sentir avec une pétition visant à “Dresser le bilan de l’Euro et évaluer ses effets sur la société française” totalise près de 4000 signatures en seulement 10 jours !

Conclusion : 

Ce cas d’usage Decidim by OSP avec la plateforme contributive de la Convention Citoyenne du Climat témoigne de l’appétence des institutions à renforcer les interactions avec les citoyen·ne·s grâce au numérique. Il valide une fois de plus Decidim comme logiciel de référence pour l’innovation démocratique en Europe et Open Source Politics comme prestataire de confiance pour mener des projets d’envergure

Citoyen·ne·s, à vos pétitions ! C’est l’occasion de contribuer à l’agenda parlementaire.

Vers un municipalisme à la française ?

Vers un municipalisme à la française ?

Dans le cadre des élections municipales de mars 2020, Open Source Politics accompagne trois collectifs citoyens dans leur déploiement de leur plateforme participative. Retour sur un mouvement politique étroitement lié à l’histoire de Decidim : le municipalisme.

Un mouvement “des citoyen.ne.s, par les citoyen.ne.s, pour les citoyen.ne.s”

Instaurer une gouvernance participative et inclusive

Le municipalisme est un projet politique plaçant les citoyen.ne.s au centre des décisions publiques. Aussi bien urbain que rural, il s’attache à réintroduire les habitant.e.s au sein de l’espace politique et prône une gouvernance participative, transparente et efficace. Par l’instauration d’assemblées populaires et par l’acceptation de la conflictualité, le municipalisme rétablit une forme d’horizontalité dans la prise de décision.

Faire de l’espace politique un lieu d’émancipation citoyenne

Il s’agit pour les citoyen.ne.s de s’emparer des questions qui les concernent directement : crise du logement, défaillance des services publics (électricité, transports…), écologie, discriminations, accueil des réfugié.e.s et féminisation de la vie publique. Le municipalisme conçoit avant tout la ville comme un lieu de vie et un espace d’entraide. Il invite les habitant.e.s à se recentrer autour de valeurs fondamentales : solidarité, coopération, justice sociale, dignité, éthique… 

Le municipalisme, par ses combats et ses valeurs, entend donc répondre aux enjeux situés au plus près des citoyens, justifiant ainsi son action à l’échelle locale.

2015 en Espagne : la nouvelle vague d’expérimentations municipalistes

Face aux dérèglements, la mobilisation 

Crise financière de 2008, crise climatique, crise des réfugiés, crise politique… : le municipalisme est issu d’une convergence des crises et des luttes (mouvement des Indignés, 2011) qui s’est concrétisée lors des élections municipales espagnoles de 2015. Madrid, Barcelone, Valence, Saragosse, Cadix et d’autres sont alors remportées par des collectifs de citoyen.ne.s. 

Mouvement des Indignés, 2011

Qu’en retient-on ?

Si le bilan n’est pas parfait (on retiendra entre autres des critiques sur la politique sécuritaire ou encore la difficile gouvernance au sein d’un Etat espagnol de plus en plus centralisé), les municipalités en question se sont emparées des problématiques les plus urgentes, comme la démocratisation de l’accès au logement ou la municipalisation de certains services publics (les plages à Cadix, les pompes funèbres à Madrid ou encore l’eau à Barcelone). Elles ont également mis en place des systèmes de démocratie participative, à la fois en ville (à l’image des “laboratoires citoyens” madrilènes) et en ligne. 

Aux origines de Decidim

En 2015, à Madrid, la mairie a créé son propre logiciel libre (Decide Madrid), plateforme collaborative depuis laquelle les citoyen.ne.s peuvent soumettre aux madrilènes leurs propositions par référendum, si celles-ci ont obtenu un soutien en ligne d’au moins 1% des habitant.e.s. Par ailleurs, la mairie a mis en place un système de votations ainsi qu’un budget participatif de 30 millions d’euros en 2019. 

Le Conseil municipal de Barcelone a quant à lui investi plus de deux millions d’euros pour l’élaboration de la plateforme Decidim. Véritable bien commun numérique, Decidim est cohérent avec les valeurs du municipalisme aussi bien dans sa construction que dans les outils qu’il propose : gouvernance ouverte du logiciel, technologie open source et  mise à disposition de fonctionnalités participatives multiples. Le logiciel, conçu à l’origine pour établir le Plan d’Action Municipal de Barcelone, a couvert 33 000 participants, 14 000 propositions dont près de 10 000 acceptées, 5500 résultats, 13 débats et près de 200 000 soutiens. C’est alors le début d’une expérience unique à laquelle s’est rattaché Open Source Politics. 

Decidim Barcelona

Elections municipales de 2020 : les collectifs municipalistes accompagnés par Open Source Politics

En France, pour les élections municipales de mars 2020, les listes municipalistes sont nombreuses : notre partenaire Action Commune en dénombre plus de 150. Open Source Politics accompagne trois d’entre elles avec Decidim : Nous Sommes, Réveillons Annecy et Grenoble en commun

Reposant sur les principes d’autogestion collective, de distribution des pouvoirs et de gouvernance transparente, le collectif montpelliérain Nous Sommes permet la co-construction de son programme par sa plateforme Decidim.

Le procédé est sensiblement le même pour la Fabrique citoyenne, plateforme de Réveillons Annecy, dont les 198 contributions sont en cours de validation par un Parlement citoyen. 

Enfin, la Fabrique, mise en place pour la campagne participative de Grenoble en commun, comptabilise 680 propositions, dont 244 d’entre elles sont issues de rencontres physiques. Le territoire grenoblois s’inscrit depuis 2014 dans la lignée du courant municipaliste, en permettant aux citoyen.ne.s de s’impliquer par un système de votations, d’interpellations, d’unions de quartiers et de budget participatif. 


Le municipalisme, ce mouvement politique qui vise à modifier en profondeur les pratiques politiques, se présente comme une réponse crédible aux crises sociales actuelles. L’utilisation de plateformes numériques participatives, lorsqu’elles sont adossées à des stratégies démocratiques locales, participe à ces réflexions autour de la transparence de l’action publique et de la reconnaissance de l’expertise citoyenne. Dans cette période d’élections municipales en France qui voit plusieurs collectifs co-construire leur programme à l’aide d’une plateforme Decidim, il semblerait que les revendications portées par le municipalisme s’ancrent un peu plus encore dans le débat. Avec un clin d’ œil de l’histoire : la plateforme numérique Decidim est le fruit d’expériences municipalistes passées, mais aussi l’instrument de projets municipalistes futurs.

Une nouvelle synthèse pour la Convention Citoyenne pour le Climat

Une nouvelle synthèse pour la Convention Citoyenne pour le Climat

Open Source Politics (OSP) a été missionnée par le Comité de Gouvernance de la Convention Citoyenne pour le Climat pour mettre en place une plateforme de participation citoyenne en ligne et produire trois synthèses successives afin que les membres de la Convention bénéficient d’un résumé digeste et accessible de l’activité de la plateforme entre leurs sessions de travail.

La deuxième phase de contribution en ligne de la Convention Citoyenne pour le Climat se terminait le 5 janvier. Le 6 janvier, notre équipe commençait à travailler sur une deuxième synthèse pour mettre en avant les idées des Français.e.s pour lutter contre le réchauffement climatique.

La rédaction de la synthèse par nos analystes

À partir des tableaux d’exports complets, qui sont disponibles en libre accès sur la plateforme, notre équipe utilise une méthodologie d’analyse, pour faire ressortir les idées principales des contributions. Nous nous sommes penchés sur l’ensemble des propositions en ligne des citoyen.ne.s lors de la deuxième phase de contribution.

Notre équipe travaillant sur la synthèse de la deuxième phase de contribution CCC

Au total, pour cette deuxième phase, 1286 contributions ont été enregistrées sur la plateforme (un nombre plus élevé que pour la première phase de participation). Cela témoigne d’un engagement des français.e.s renforcé pour la Convention Citoyenne, et donc pour les problématiques climatiques.

Même si les contributions transversales ont de loin été les plus nombreuses (28%), les citoyen.ne.s s’orientaient plutôt vers les thématiques « se déplacer » (24% des contributions) et « consommer » (19,5%). Il en était de même lors de la première phase de contribution.

stat synthèse 2 CCC
statistiques de la 2e phase de contribution en ligne de la CCC

Côté citoyens :

Au-delà du sujet du climat et de la justice sociale, objectifs de la Convention Citoyenne, nos analystes ont constaté que les citoyen.ne.s n’hésitaient pas à contribuer sur des sujets plus vastes, comme le partage, la distribution des ressources et l’égalité.

Côté organisations :

Au total, plus d’une centaine de contributions proviennent d’organisations représentant des structures engagées sur les questions économiques, sociales et/ou les questions environnementales.

Notre synthèse est disponible ici

Qu’en pensent les citoyens de la Convention Citoyenne pour le Climat ?

Un citoyen de la convention prenant connaissance de la première synthèse

La synthèse a été remise le vendredi de la 4e session de la Convention aux 150 citoyen.ne.s tiré.e.s au sort. Ils ont confié que ces synthèses ont une grande valeur car elles leur apportent une vision extérieure et de nouvelles idées. Grâce à cette deuxième synthèse, ils réalisent le soutien dont ils bénéficient et qu’ils ne sont pas les seul.e.s à s’investir et à donner de leur temps. Les contributions en ligne viennent compléter le travail fait en assemblée grâce à leur richesse et leurs détails. Marine, une citoyenne de la convention, nous dit l’avoir utilisé avec son groupe de travail.

« A ce stade, la richesse des contributions est importante car elle nous aide à aller plus loin et à creuser les sujets abordés, pour que nous puissions faire des propositions les plus complètes et plus poussées. Les contributions des organisations sont intéressantes car elles apportent une expertise et des chiffres utiles. Et je trouve que c’est toujours important d’avoir une diversité d’opinions dans notre travail. »

Marine, citoyenne tirée au sort pour la CCC

Retrouvez la deuxième synthèse des contributions déposée sur la plateforme participative de la Convention Citoyenne du Climat dans son intégralité.

Decidim en bonne place parmi les Civic Tech selon les critères de la CNIL

Decidim en bonne place parmi les Civic Tech selon les critères de la CNIL

Le 9 décembre, la CNIL publiait son 7e cahier Innovation et Prospective : « Civic Tech, données et Demos » (à télécharger👉 ici ).
Dans ce cahier, la CNIL donne des recommandations aux acteurs des Civic Tech pour garantir un environnement de confiance et renforcer les bonnes pratiques de la participation citoyenne 🤝
Nous avons relevé six points qui nous semblaient importants, et qui donnent une bonne place à Decidim dans le champ des Civic Tech 👇🤓

1) Le code ouvert assurant une transparence

La CNIL confirme que l’ouverture du code d’une plateforme de participation et de ses données est une garantie visant à permettre l’audibilité de traitement algorithmique, indispensable pour les questions de RGPD. Les codes, qu’ils soient ouverts ou fermés, sont sensés être accessibles en cas d’audition, dès lors que des données sont collectées. Avec Decidim, les données de la participation sont totalement lisibles et accessibles. Decidim et son code ouvert garantissent cette transparence 💻.

2) Le respect de la vie privée dans un contexte de RGPD

La CNIL invite à penser des outils respectueux de la vie privée dès leur conception, avec des informations claires sur les droits des utilisateurs.  La CNIL insiste sur l’importance de construire un environnement de confiance pour les utilisateurs.
Depuis sa conception, et à travers la rédaction collective de son contrat sociale (traduit en Français ici ) Decidim revendique cette approche technopolitique. Le logiciel a été pensé dans le respect des utilisateurs et de leurs droits avant tout.


Retrouvez notre article sur la technopolitique👉ici

3) La co-construction et le partage des bonnes pratiques


De plus, la CNIL recommande aux acteurs de se féderer pour harmoniser les pratiques et aller vers la co-construction d’un code de conduite.😇
C’est ce que défend la communauté Metadecidim qui veille à faire progresser continuellement le logiciel et son contrat social. Les contributeurs de cette communauté (dont OSP figure parmi les plus actifs) s’organisent via une gouvernance démocratique pour prendre des décisions sur le logiciel. Metadecidim est dédié aux échanges de bonnes pratiques et assure un auto-surveillance démocratique du logiciel.

La communauté MetaDecidim
La page d’accueil de la communauté métadecidim

4) Des processus participatifs progressifs et adaptés

Ajouté à cela, la CNIL recommande de développer une éducation civique technologique car « les Civic Tech ne doivent pas faire de la démocratie une affaire d’experts, desquels dépendraient le contrôle et la compréhension des technologies déployée » 👩‍💼(page 39 du cahier IP)
Chez OSP, nous l’avons toujours soutenu : la participation n’est pas innée et doit faire l’objet d’un apprentissage progressif. Aussi, les processus participatifs doivent s’adapter à l’expérience et au passif participatif des utilisateurs.  

5) L’inclusion


Pour pouvoir inclure un maximum de personnes dans les processus de participation, la CNIL, tout comme OSP, recommande de combiner la participation présentielle et numérique 👫.
Ces deux types de participations sont chacune à la fois nécessaire et non-suffisante. L’une de va pas sans l’autre.
Les Civic Tech existent pour accompagner des processus participatifs larges et ambitieux. La participation numérique ne se suffit pas à elle-même au risque d’être peu représentative et et peu inclusive.


Decidim permet d’organiser, de restituer et de faire dialoguer ces deux types de participation.
Par exemple, la fonctionnalité « Rencontres » permet à la fois de cartographier des réunions publiques mais aussi de restituer la richesse de leur échange. Il est possible de lier une proposition à une rencontre, de publier un compte rendu, de mettre en ligne des photos, grâce à toutes ces possiblité de documentation une continuité s’opère entre les exercices d’intelligence collective présentiels et numériques

6) Lutter contre les formes de dépendance

Les Civic Tech sont des dispositifs de participation qui changent les dynamiques des relations entre gouvernants et gouvernés.

La CNIL met en garde les acteurs publics contre le risque de dépendance vis-à-vis d’outils propriétaires dont ils ne maîtrisent pas les règles de traitement, de modération ou d’affichage. 

C’est pourquoi, dans le cadre de projets publics, nous favorisons l’utilisation de logiciels libres, engageant une collaboration durable avec les institutions.

Les logiciels libres dont les codes sources sont en libre accès, permettent aux institutions une plus grande maitrise de leurs projets. Déjà par une meilleure visibilité sur les fonctionnement de l’outil mais aussi par ce qu’elles ont la possibilité de faire évoluer l’outil en fonction de leur besoin. À tout moment elles ont la possibilité d’installer le logiciel sur leur propre infrastructure et d’internaliser la compétence associée.

De plus, en choisissant d’utiliser des logiciels libres pour leurs projets, les institutions mettent l’argent publique à contribution de biens communs numériques, qui sont librement réutilisables par d’autres institutions.

Lors d’un événement organisé par la CNIL en partenariat avec le CESE ( Conseil Economique Social et Environnemental) sur les Civic Tech, Valentin Chaput, notre fondateur, ajoutait qu’« en matière de démocratie, il ne faut pas un acteur en situation de monopole ». En défendant le modèle des communs, dans lequel l’Etat doit jouer un rôle d’impulsion, Valentin a évoqué l’exemple de la Mairie de Barcelone, à l’origine du logiciel libre Decidim.

En conclusion

Decidim en tant que Civic Tech répond à chaque recommandation et bonne pratique énumérée par la CNIL dans son 7e carnet Innovation et Prospective.
Decidim a été pensé dès son contrat social, dans le respect des droits, des personnes et des utilisateurs.

Open Source Politics est ravie de voir que même si la CNIL ne prend pas parti entre le logiciel libre et le logiciel propriétaire, elle énumère les avantages de ce premier et insiste sur le caractère exemplaire des logiciels comme Decidim.

Si la CNIL est parvenue jusqu’à Decidim, c’est aussi par ce qu’Open Source Politics a contribué à son déploiement sur le territoire français. Ce qui a été rendu possible par la nature open source de Decidim.

L’encadré de la CNIL sur Decidim 📄👇

Retour sur le Decidim Fest 2019 : l’événement annuel de la communauté Decidim

Retour sur le Decidim Fest 2019 : l’événement annuel de la communauté Decidim

Article rédigé avec la collaboration de Nicholas Saul, Doctorant à l’école de droit de Sciences Po Paris qui également assisté au Decidim Fest.

L’objectif du DecidimFest est de réunir les différents acteurs (chercheurs, entreprises, associations, etc.) de la communauté Decidim à l’international, de présenter les dernières avancées du projet Decidim et de s’inspirer d’autres communautés et de logiciels libres aux missions similaires. Chaque année, l’équipe d’Open Source Politics (OSP) est invitée à présenter ses cas d’usages et c’est pour nous l’occasion de renforcer nos relations avec nos partenaires espagnols et internationaux.

Dans cet article vous trouverez un condensé de ce qui nous a été présenté pendant ces trois jours.

Perspective sur le futur : la Roadmap 2023

Avant que commence officiellement le Decidim Fest, nous avons eu l’occasion d’assister à l’Assemblée Générale de l’association Decidim, pour prendre la mesure de ce qui avait été accompli jusqu’ici et de la roadmap des années à venir.

Ce qu’il faut retenir :
L’association Decidim a désormais son statut légal et a enregistré sa marque. De plus, un accord entre Localret (la centrale d’achat de services informatiques catalane) et la ville de Barcelone a été signé pour promouvoir la plateforme Decidim sur les quatre prochaines années. Enfin il est désormais possible de devenir membre de l’association pour un montant annuel de 40 euros (cliquez ici pour en savoir plus).

L’un des enjeux des quatre prochaines années est de trouver différentes voies de financement pour assurer une stabilité financière. L’association souhaite faire grossir ses effectifs afin d’assurer la maintenance du cœur de la technologie, approfondir la documentation (technique, fonctionnelle, cas d’usage), le diffuser au plus grand nombre et promouvoir les garanties démocratiques et éthiques du projet. L’assemblée générale s’est terminée par une présentation des retours d’expérience sur le Decidim Day organisé par OSP le 12 septembre 2019 avec plus de 150 participants et 30 intervenants avec l’objectif global de faire connaître Decidim en France et penser le futur du bien commun numérique. Pour plus d’informations, voir ici

Premier jour : la construction d’une infrastructure accessible

L’introduction de la journée s’est faite par le nouveau responsable de la participation de la ville de Barcelone (Marc Serra). Il a annoncé la mise en place d’un budget participatif de grande envergure et d’un plan de formation à Decidim pour les plus éloignés du numérique afin d’assurer une meilleure inclusion dans les outils technopolitiques.

D’autres interventions se sont concentrées sur les problématiques clés de la gouvernance digitale : comment procurer une réponse directe à l’impact qu’ont les géants du web sur la démocratie, comment assurer la démocratisation de la technologie et de la société, ou encore comment résoudre le conflit entre la notion de vie privée et l’exigence contemporaine de la connexion permanente.

Les présentations ont illustré tout au long de la journée comment le modèle décentralisé, libre et open source qui respecte les données personnelles et l’anonymat des participants permet une distribution rapide des données et de la gouvernance dans de multiples contextes.

Ce qu’il fallait retenir :
Arnau Monterde, coordinateur du projet Decidim au sein de la ville de Barcelone a présenté la feuille de route court terme pour le logiciel. De nombreuses améliorations seront apportées à l’existant afin de continuer à améliorer la qualité, la robustesse et la facilité d’usage de Decidim pour les utilisateurs et les administrateurs. A plus long terme, la communauté Decidim continuera d’explorer la sécurisation des votes grâce à la blockchain (à noter que des prototypes très solides ont déjà été produits à l’occasion du projet Decode), l’utilisation d’une intelligence artificielle éthique au service de la démocratie participative, la fédération des instances Decidim etc.Nous retenons également l’intervention de Ben Cerveney, de la Fondation Public Code, dont l’objectif est d’accompagner les institutions publiques dans la production et l’adoption de biens communs numériques. Sa présentation a mis en avant à quel point la ville représente un échelon idéal pour produire du “public code”. Decidim est un excellent exemple de cette vision car initié par la ville de Barcelone et ayant mis en place la plupart des bonnes pratiques recommandée par la Public Code Foundation, à savoir

Bonnes pratiques Public Code FoundationCe que Decidim met en place
Animer une communauté autour du projetL’association Decidim
La communauté Meta Decidim
Le Decidim Fest, Decidim Day etc.

Avoir une équipe dédiée à la gestion du produit
Decidim Product Team
Assurer la qualité du code et respecter les standardsCouverture de toute l’application par des tests unitaires
Support utilisateur et mutualisation des bonnes pratiquesMeta Decidim, Club des utilisateurs francophones

On retient deux citations :

« Software is merging with policy that’s why public institution need technological sovereignty »

Decidim Fest 2019, Ben Cerveney Public Code Foundation

« Software is transitioning from technology to infrastructure, cities have a civic responsibility to build public codes bases »

Decidim Fest 2019, Ben Cerveney Public Code Foundation

L’après-midi fut marqué pour OSP par l’intervention de Virgile Deville au sein du panel comment améliorer concrètement les budgets et les processus participatifs ? Avec l’exemple de cinq premières institutions qui ont renouvelé l’expérience pour une deuxième édition, Virgile illustre comment OSP a mis en oeuvre des améliorations techniques sur l’expérience utilisateur qui ont permis d’augmenter sensiblement la participation lors des phases de vote des projets.

Virgile Deville au Decidim Fest
Virgile Deville au Decidim Fest

Nous étions ravis de voir que Paula Forteza avait fait le déplacement pour venir présenter différents cas d’usages de Decidim en France. Elle a donc présenté l’utilisation de Decidim par la Convention Citoyenne pour le Climat, mais aussi son site servant à recueillir des questions citoyennes à poser au  Gouvernement à l’Assemblée Nationale, et son implication dans la campagne Vivons Paris où Decidim est utilisé pour tirer au sort des candidats citoyens aux élections municipales. Sa présence en tant que pionnière de la civic tech, de l’open data, de la transparence des gouvernements est pour nous un signal fort que Decidim est maintenant largement identifié en France comme outil de référence pour mener des démarches de concertation.

Paula Forteza au Decidim Fest
Paula Forteza au Decidim Fest

Deuxième jour : Cas pratiques et recherche, les résultats de Decidim sur le terrain

Lors de la seconde journée, les présentations se sont focalisées sur des cas pratiques à succès, mais également sur la présentation de nombreuses recherches scientifiques sur l’usage des outils numériques de gouvernance et de participation dans des instances publiques ou privées.

L’un des cas concret les plus marquant fut celui du budget participatif de la ville de Helsinki, présenté par Katja Henttonen, qui utilise Decidim depuis 2 ans. De nombreuses initiatives y ont été prises, dont la mise en place d’un réseau d’ambassadeurs locaux et d’une étape supplémentaire pour approfondir collaborativement les propositions. L‘instance Decidim d’Helsinki est maintenant celle qui compte le plus d’utilisateurs au monde (plus de 70k utilisateurs).

La ville d’Helsinki a présenté le travail de user research mis en œuvre par la ville pour simplifier au maximum l’expérience utilisateur. De nombreux développements ont été réalisés par la ville d’Helsinki et reversés en open source à la communauté. C’est d’ailleurs à cette occasion qu’OSP a collaboré sur un module simplifiant l’expérience utilisateur pour la phase de vote. Le budget participatif a attiré 40 000 nouveaux utilisateurs et maintenant 10 % (59 000 utilisateurs) de la population y est inscrite !

L’autre moment fort de la matinée a été une table ronde qui a abordé le phénomène de capitalisme de surveillance et ses alternatives avec Mara Balestrini, Antonio Calleja et Liliana Arroyo Mollner.

Ce qu’il faut retenir : 

  • L’exemple du @decodeproject qui a réalisé un pilote utilisant Decidim avec un prototype de signature électronique sur la blockchain où les données de l’utilisateur sont stockées dans un portefeuille numérique dont il a le contrôle. C’est ce type de technologie permettant d’envisager l’identité de manière décentralisée qui est ciblée par la décision du gouvernement que nous mentionnons dans notre introduction.
  • L’étude toute récente « My data my rules, form data extractivism to digital empowerment »  qui démontre que d’autres modèles économiques sont possibles où la donnée est envisagée comme commun, où les utilisateurs contrôlent leurs données.
  • Le « Smart Citizen Kit » un capteur #opensource très facile à installer pour que n’importe quel citoyen puisse devenir producteur de donnée et faire ses propres mesures afin d’interpeller les pouvoirs publics ou les entreprises.

La seconde partie de l’après-midi a été ponctuée par la présentation des derniers résultats des différentes chercheurs de la communauté Decidim. Maite Lopez Sanchez de l’Universitat Autonoma de Barcelona, a fait un travail remarquable sur la manière d’utiliser l’intelligence artificielle dans les processus participatifs de Decidim. En utilisant des algorithmes d’optimisation, elle et son équipe ont démontré que l’on pouvait nettement améliorer la manière dont nous choisissons les projets lauréats d’un budget participatif. Au lieu de choisir simplement par ordre décroissant de vote les projets lauréats, cette équipe de chercheur a utilisé un algorithme sélectionnant les projets selon deux variables : maximisation de l’utilisation du budget et du nombre de soutiens représenté par la sélection. Les résultats sont impressionnants : +30% du budget utilisé, + 70% de soutiens représentés. Biens conscients de la méfiance que peuvent avoir les citoyens envers les algorithmes, Maite a insisté sur l’importance d’utiliser des algorithmes open source et de mettre au point des supports pédagogiques expliquant le fonctionnement de ces algorithmes.

Pablo Aragon a quant à lui présenté une étude comparée des plateformes de pétitions de Madrid et Barcelone. Il a notamment démontré comment des choix techniques triviaux ont des conséquences politiques importantes. Le cas d’espèce présenté expliquait comment le fait de mettre avant les pétitions les plus récentes sur Decide Madrid biaisait leur capacité à récolter suffisamment de support, c’est pour cela que sur Decidim les listes de propositions et d’initiatives sont affichées de manière aléatoire.

C’est Xabier Barrandarian qui a conclu cette édition du Decidim Fest avec une présentation du White Paper de Decidim qui se veut collaboratif et dont la vocation est de donner un contexte à ce projet technopolitique, d’expliquer les choix d’architecture technique et fonctionnelle et d’envisager comment l’avènement du réseau technopolitique décentralisé démocratise la société.

Un mot pour conclure

Le Decidim Fest a su réunir une fois de plus une diversité d’acteurs (sociaux, économiques, scientifiques et politiques) indispensable à tout projet touchant à la démocratie. Nous prenons comme un signe de maturité la présence de nombreux acteurs internationaux : la fondation Mozilla, Public Code Foundation, Better NYC, la député Paula Forteza, les villes de Mexico et d’Helsinki. Nous sommes heureux de voir que les institutions catalanes (la ville de Barcelone, Localret, la Généralité de Catalogne) initiatrices et fers de lance du projet prévoient de continuer d’investir massivement dans Decidim. Pour finir, les premiers résultats des différents projets de recherche nous ont paru prometteurs et c’est une richesse incomparable que d’avoir une communauté scientifique qui prend du recul sur l’impact de Decidim sur la société.

Nous ne pouvons nous empêcher de conclure en évoquant la décision du gouvernement espagnol interdisant les technologies de decentralized identity comme Decode Project qui donne un contrôle total à l’utilisateur sur ses données et celle de la justice catalane déclarant nul le cadre juridique encadrant la participation des citoyens, l’un des plus avancé au monde.

Lien vers le tweet de Pablo Aragon