La plateforme participative de la primaire écologiste !

La plateforme participative de la primaire écologiste !

Tandis que seulement 16% des françaises et français font confiance aux partis politiques selon le le Cevipof, plusieurs partis écologistes se sont rassemblés pour recueillir les propositions citoyennes sur une plateforme participative lancée en mai 2021. Cet article décrit le contexte de la démarche et l’organisation de la plateforme de la primaire écologiste.

Organisation de la consultation citoyenne en amont de la primaire écologiste
Organisation de la consultation citoyenne en amont de la primaire écologiste

Une plateforme participative lancée par cinq partis politiques !

L’une des particularités de la plateforme participative est sa gouvernance. En effet, cinq mouvements politiques se sont regroupés au sein d’un « pôle écologiste » en vue de désigner en commun une candidature à l’élection présidentielle de 2022. Les mouvements politiques de la primaire écologiste sont donc :

  • Europe Ecologie-Les Verts (EELV)
  • Cap écologie
  • Génération.s
  • Génération écologie
  • Mouvement des progressistes
Les cinq mouvements de la primaire écologiste
Les cinq mouvements de la primaire écologiste

L’inscription à la primaire écologiste est ouverte au grand public

La finalité de la plateforme participative commune est de recueillir les propositions citoyennes en amont de la phase de co-construction du programme législatif et présidentiel. Les contributions déposées viendront ainsi nourrir le programme commun de l’alliance de mouvements écologiques aux prochaines échéances électorales.

Ouvert au public sans restriction d’âge, de lieu et d’opinions politiques, l’objectif de la plateforme est de recueillir des propositions citoyennes puis de les prioriser. Dans ce but, l’inscription à la plateforme nécessite uniquement d’indiquer :

  • son nom
  • un surnom sur la plateforme
  • son adresse email
  • un mot de passe
  • Par ailleurs, il y 4 champs d’inscription optionnels pour une éventuelle analyse des participant.e.s à la fin de la démarche.
  • Enfin, la charte des valeurs et principes “Pour l’écologie en 2022” doit être acceptée pour valider son inscription.

L’architecture de la plateforme participative de la primaire écologiste

Comme pour la plateforme de la Convention Citoyenne pour le Climat, la plateforme des écologistes est décomposée en 6 thèmes . Les thèmes sont :

  • L’éducation et les cultures de partage
  • La justice sociale et l’économie au service du climat
  • L’égalité pour toutes et tous
  • Vivre libres en sûreté en France, en Europe et dans le monde
  • La République partout et pour tou.te.s : organiser le partage réel des pouvoirs
  • Prendre soin du vivant

Chacun de ses thèmes comporte des sous-thématiques ou catégories précises. A titre d’exemple, le thème « L’éducation et les cultures en partage » dispose de 5 catégories. Cette stratification permet d’ordonner les discussions et de mieux traiter les contributions citoyennes à l’issue de la phase de dépôt.

Les catégories sur la plateforme de la primaire écologiste
Les catégories sur la plateforme de la primaire écologiste

Chacun des 6 thèmes comporte deux modules Propositions et une page d’information. D’abord, le premier module « Propositions initiales » est le lieu de dépôt de toutes les contributions citoyennes. Il suffit d’indiquer un titre, décrire la contribution dans le corps et de la ranger dans l’une des catégories du thème pour publier la proposition sur la plateforme. Les fonctionnalités de soutien et de commentaire ont été activités pour une meilleure interactivité.

Ensuite, dans le deuxième module ‘Propositions à prioriser », les utilisateur.rice.s ont été invitées à soutenir les propositions officielles du Pôle Ecologiste. Ce module permet en effet de hiérarchiser les contributions.

Enfin, le dernier module contient les contributions des différentes commissions et élu.e.s des cinq mouvements politiques écologistes.

Un projet et un programme commun

Avec plus de 11 000 participants, 23 000 votes, 1 400 propositions et 2 500 commentaires le processus de co-construction du projet commun a connu un véritable engouement.

L’université d’été des écologistes a permis de restituer les contributions citoyennes et officielles déposées sur la plateforme. Plusieurs débats ont été organisés pour que le projet écologiste soit adopté par les inscrit.e.s à la primaire des écologiques qui se tient du 19 au 28 septembre. Ainsi, le « pôle écologique » disposera prochainement non seulement d’un.e candidat.e mais aussi d’un programme commun. L’équipe d’Open Source Politics est heureuse d’avoir accompagné et déployé ce projet de co-construction de programme commun à plusieurs mouvements politiques.

Cas pratique du 1er budget participatif de Fleury-les-Aubrais

Cas pratique du 1er budget participatif de Fleury-les-Aubrais

Située dans le département du Loiret en banlieue d’Orléans, la commune de Fleury-les-Aubrais a lancé le 20 novembre 2020 sa plateforme de participation citoyenne. Les services de la mairie de Fleury-les-Aubrais ont invité.e.s les 21 000 Fleuryssoises et Fleuryssois à déposer et voter sur les idées du 1er budget participatif de la commune.

Page d’accueil de la plateforme participative de Fleury-les-Aubrais

Un budget participatif réussi !

En dépit d’un contexte sanitaire incertain, les services de la mairie de Fleury-les-Aubrais ont lancé leur premier budget participatif doté d’une enveloppe budgétaire de 100 000€. Les idées déposés sur la plateforme doivent constituer des projets nouveaux mises en œuvre dans les espaces publics et accessibles au public sur le territoire de la commune. L’ensemble des habitant.e.s de la commune de plus de 16 ans peuvent ainsi déposer leurs idées et voter pour les projets.

Comment déposer une idée sur la plateforme du budget participatif ?

Pour s’inscrire à la plateforme, il suffit d’insérer :

  • son nom
  • un surnom sur la plateforme
  • l’adresse e-mail
  • le mot de passe

Des textes d’aides sont insérés dans le formulaire de dépôt de propositions pour faciliter le dépôt d’idées. L’utilisateur.rice doit simplement décrire son idée, choisir un titre et renseigner l’idée dans l’une des catégories du budget participatif (sport, culture, loisirs, écologie, stationnement et sécurité). Chaque idée ne peut excéder 1500 caractères. Cependant, il est possible d’y insérer un support de documentation au format docx, odt ou des images et vidéos. Enfin, les utilisateurs peuvent déposer jusqu’à 5 idées et voter pour 3 projets maximum.

Module Propositions de la plateforme participative de Fleury-les-Aubrais

Les résultats du budget participatif de Fleury-les-Aubrais

Au total, plus de 90 idées ont été déposées sur la plateforme. Suite à une étude de faisabilité de chaque idée, 32 projets ont été soumis au vote des résident.es de Fleury-les-Aubrais pendant 1 mois. La phase de vote a finalement retenue 11 projets. Bien que les réunions publiques ont du être annulées en raison du contexte sanitaire, la plateforme du budget participatif a rassemblé 600 participant.e.s et récolté 1800 votes.

Ce résultat très satisfaisant a été atteint notamment grâce au travail mené dans les bibliothèques Les Jacobins et René-Guy-Cadou ainsi que les maisons de quartier pour que les agent.e.s d’accueil de chaque établissement soient en mesure de faire de la médiation sur la plateforme.

Comment suivre l’évolution des projets retenus sur Decidim ?

Dès le départ, les services publics de Fleury-les-Aubrais ont souhaité inscrire la plateforme du budget participatif dans le temps long. La périodicité du budget participatif sera de deux ans. Par ailleurs, la plateforme participative permet d’informer directement les Fleuryssoises et Fleuryssois de l’évolution de chaque projet.

Suivi global de l’avancement des réalisations du budget participatif de Fleury-les-Aubrais
Suivi d’un projet sur la plateforme

En effet, le module Suivi de Decidim permet de suivre l’avancement des réalisations d’un budget participatif. Il suffit d’indiquer la description des étapes de réalisation, en reliant l’idée initiale ainsi que le projet soumis au vote. Les services peuvent également des joindre des images pour attester de l’avancer des travaux. Cette fonctionnalité permet d’assurer la transparence des projets comme pour l’aménagement de l’extérieur de la piscine des Jacobins.

Les agents publics de Fleury-les-Aubrais sont désormais presque autonomes dans l’administration du budget participatif sur Decidim. Les équipes en charge de l’administration de la plateforme ont suivi une formation à Decidim. Les consultants d’Open Source Politics ont assisté les services de la mairie dans le déploiement de la plateforme. Open Source Politics se félicite donc d’assurer un conseil très ponctuel auprès des agents en charge de la plateforme, devenue un bien commun numérique de la commune de Fleury-les-Aubrais.

Decidim est un logiciel modulaire s’adaptant à de nombreux besoins. Nous avons documenté plusieurs cas d’usage emblématiques de Decidim en France dans ces articles de blog :

Pour plus d’informations sur notre accompagnement, vous pouvez prendre rendez-vous depuis ce lien !

Entretien avec Paula Forteza sur un internet féministe

Entretien avec Paula Forteza sur un internet féministe

Nous avons eu le plaisir de conduire un entretien avec Paula Forteza, députée des Français à l’étranger le 18 mars dernier, quelques jours après la Journée internationale de la lutte pour les droits des femmes. Le thème de notre entretien : un internet féministe. 

Cette notion d’internet féministe (ou cyberféminisme) se veut un principe fondamental de la communauté Decidim ; plusieurs initiatives ont été prises pour lutter pour des espaces sûrs et contre les biais de genre inhérents à un service technologique (plus de détails ici). N’hésitez pas à consulter notre article sur l’inclusion numérique – un enjeu d’importance pour la participation.

Les mouvements visant à défendre les biens communs numériques et la féminisation d’internet convergent sur plusieurs niveaux : le pouvoir d’agir de la communauté, des principes démocratiques au cœur du développement technologique, l’ambition de mettre en place des espaces sûrs de discussion pour tou.te.s, le non-déterminisme technologique et la couche culturelle à apporter…  

L’article ci-présent est une retranscription de l’entretien. 

Paula forteza : l’internet féministe

Comment définiriez-vous un internet féministe ? 

Un internet féministe doit avoir au moins 3 caractéristiques : 

  • L’internet féministe doit être un espace sûr où les femmes se sentent en sécurité, où elles ne sont pas harcelées. On sait aujourd’hui que les nouvelles technologies peuvent faciliter les violences de genre à tous niveaux et il faudrait un espace où tout ça est pris en compte.   

  • L’internet féministe est un espace non discriminant. Les femmes ou des minorités n’y sont pas invisibilisées et cet internet lutte contre les biais de genre. 

  • Enfin, l’internet féministe est un internet qui donne du pouvoir d’agir aux femmes. Il devrait donner de nouveaux outils et de nouveaux espaces aux femmes et aux mouvements féministes. La lutte de ces derniers s’est amplifiée avec les outils en ligne (réseaux sociaux etc.) mais il faut leur donner davantage de place dans l’univers technologique comme dans les entreprises du secteur technologique et les espaces contributifs en ligne.   

Comment lutter contre les biais de genre sur internet si la population dans le secteur technologique est très inégale ? 

C’est une question fondamentale. Dressons le tableau du pourcentage de femmes chez Twitter, Facebook et Google. 

Chez Facebook, il y a 68% d’hommes au sein de l’entreprise, 77% d’hommes dans les postes de cadres supérieurs et 85% d’hommes dans les emplois techniques, Source. Chez Twitter, ce sont 66% d’hommes dans l’entreprise, 78% d’hommes dirigeants et 87% d’hommes dans les emplois techniques, Source. Chez Google, 69% d’hommes dans l’entreprise, 76% d’hommes dirigeants et 81% d’hommes dans les emplois techniques, Source.

Dans la plupart des cas, les femmes du secteur technologique ne sont ni dans des postes liés à la technologie ni dans des postes de direction mais très souvent dans le pôle communication. On peut faire ce constat dans plusieurs secteurs.  

L’exemple de Wikipédia est aussi parlant : il y a seulement 18% de biographies de femmes sur Wikipédia en 2020 et ces biographies sont souvent plus courtes et moins élaborées que celles des hommes. Elles font référence à des questions liées à la famille ou aux relations amoureuses – à la vie privée des femmes – alors que celles des hommes ont davantage de détails sur les parcours professionnels. Ça reflète une réalité importante sur les contributeurs de la plateforme : seulement 8,8% de femmes contribuent à Wikipédia. 

Ça me fait également penser aux applications développées par des femmes pour comprendre le cycle menstruel par exemple. Ce genre d’applications n’existaient pas du tout avant que des femmes se mettent à les développer. C’est également ça un internet féministe : quand il y aura plus de femmes codeuses, ça donnera aussi des outils et des services qui seront bien plus adaptés aux besoins féminins. 

Je suis convaincue que c’est grâce aux femmes et aux praticiennes de ce secteur que l’internet et la technologie vont être féminisés. 

Comment expliquez-vous la convergence naturelle qui existe entre cette définition d’un internet féministe et les communs numériques ? 

Le lien entre les deux mouvements est clair. Un espace numérique qui sera respectueux, ouvert, où on va faire attention à l’autre, ça sera aussi un espace où tout est transparent, auditable, où nous donnons de la place et du pouvoir d’agir à la communauté. Ce ne sont pas des espaces hiérarchiques ou centralisés mais des espaces d’entraide. Les deux mouvements proviennent d’une logique communautaire. 

Par exemple, pour faire face à la haine en ligne : la meilleure solution pour la modérer serait d’instaurer des mécanismes de modération communautaire, sur la même logique que Wikipédia. Ces mécanismes pourront mener vers des espaces plus sains tant sur ce qui se dit que sur la manière d’agir face à des cas de cyber-harcèlement et de haine en ligne.  

Il y a aussi des contre-exemples à ça.

Il n’y a pas un déterminisme technologique à 100 %. Il y a certaines plateformes qui mettent en avant leur code ouvert et une logique de code is law* – c’est une première étape. Cependant, il y a aussi tout un travail humain et culturel qui ne dépend pas uniquement du code. 

Prenons l’exemple de Github. Une plateforme de collaboration pour créer du code ensemble qui va dans le même sens des mouvements que nous portons. Des femmes ont fait une expérience dans laquelle elles ont publié des commits (contributions) avec des noms d’hommes puis avec leurs propres noms de femmes.

Les commits étaient bien plus acceptés lorsqu’il s’agissait de commits publiés en tant qu’homme. Nous pouvons retrouver les mêmes logiques dans l’univers du gaming qui reste par moments misogyne et souvent renfermé sur lui-même. Il y a donc deux couches à prendre en considération : le déterminisme technologique et la dimension culturelle et comportementale qu’il faudra combattre à un autre niveau.

Du côté des communs numériques, quand on théorise un peu trop et qu’on parle de façon abstraite, on peut perdre des gens avec notre jargon et nos références. La façon de faire passer les messages et montrer l’impact et l’intérêt à des personnes qui ne sont pas de ce secteur, c’est de donner des exemples :

montrer que nous pouvons faire un tirage au sort sur les listes citoyennes ou récupérer des questions citoyennes et les poser au gouvernement tout en ayant la possibilité d’auditer le code de la technologie et de s’assurer qu’il n’y a pas eu de biais ou de trucage dans le comptage. Ces exemples sont des pas importants vers un internet féministe.

 

Ce combat va bien évidemment au-delà des plateformes de participation.

Le futur de l’IA s’écrit aujourd’hui sur des bases de données historiques.

Quelques exemples pour illustrer mon propos : 

  • Si vous tapez “bébé” sur Google, vous n’aurez que des bébés blancs. 

  • Le finnois est une langue neutre au niveau des genres. Si vous écrivez des bouts de phrases en finnois comme “X fait la vaisselle, X part au travail, X s’occupe de son enfant”, la traduction en français vous donnera l’état de notre société actuelle en traduisant par un pronom féminin ou masculin. Il faut renouveler les bases de données sur lesquelles nous fondons le futur de nos technologies. 

Qu’est-ce que la puissance publique pourrait mettre en place pour mettre en valeur les femmes dans ces environnements-là ?

C’est assez contre-intuitif car je suis députée et spécialiste du numérique mais je ne suis pas forcément pour le fait de trop légiférer dans la sphère du numérique. Les nouvelles technologies vont bien plus vite que la loi. La loi doit rester globale sur des principes technologiquement neutres pour laisser aux acteurs la marge de manœuvre pour innover et avancer. 

Les pouvoirs publics doivent agir à la source, sur le fait d’avoir plus de femmes dans les écoles informatiques, par exemple. Une idée qui n’est pas très populaire en France est celle des politiques de discrimination positive : il faudrait envisager des quotas et des bourses dédiées aux femmes.  

J’ai longtemps été contre les quotas, car je ne souhaitais pas vraiment être stigmatisée et qu’on me dise que ma place n’était justifiée que par mon genre. Mais ça ne se fait pas tout seul.

Il faudrait, quelques fois dans notre histoire contemporaine, mettre des petits coups de pouce pour accélérer le changement.

Le but étant de faire que les mentalités s’habituent à voir des femmes dans des postes précédemment inoccupés par celles-ci. Par ailleurs, les quotas doivent toujours être complétés par la création d’espaces sûrs pour garantir une opportunité égale à la prise de parole. 

Quand nous parlons d’internet féministe, du code féministe spécifiquement, il est compliqué d’essayer de forcer le développement technologique vers une certaine direction. On voit de plus en plus de députés qui se saisissent de ces enjeux numériques mais ils le font parfois de façon très maladroite. Les députés ne sont donc pas les plus pertinents ici. Celles qui savent le mieux comment combattre ces questions-là sont les praticiennes du numérique. Elles le vivent, peuvent le décrire, s’en faire les porte-paroles et agir pour que ça change. 

Il y a finalement la question de la protection des données personnelles pour les femmes. Le cas du revenge porn est un exemple bien trop courant de violation de données personnelles et doit être pris en compte dans les textes de lois. 

Pourquoi choisir des logiciels libres et open source plutôt que propriétaires pour outiller les démarches de démocratie numérique ?

Pourquoi choisir des logiciels libres et open source plutôt que propriétaires pour outiller les démarches de démocratie numérique ?

La crise sanitaire actuelle a relancé le débat relatif aux civic tech (technologies civiques ou citoyennes) à l’occasion du déploiement de l’application TousAntiCovid, le posant alors en termes éthiques. Les discussions publiques que l’application a pu occasionner ont participé à une certaine conscientisation de la place et du rôle de l’open source et des logiciels libres au sein des technologies présentes dans notre quotidien.

On se souvient en effet des craintes relatives à l’utilisation des données ou encore les questions de transparence que pouvait poser cette application. La CNIL s’est alors saisie du dossier en décembre 2020 afin de se prononcer sur le projet de décret modifiant celui relatif au traitement des données dénommé “StopCovid”. Le paysage français est en effet de plus en plus marqué par ces réflexions, notamment dans le cadre de l’essor des technologies civiques. 

Les récents évènements et mouvements sociaux caractérisés par une certaine défiance institutionnelle ont participé à une restructuration du “rapport entre débat public et engagement privé, représentation directe et nouvelles formes d’expression démocratique” (Marie-Laure Denis, présidente de la CNIL depuis février 2019). Les civic tech ont en ce sens particulièrement été mobilisées dans le cadre de démarches participatives initiées par des institutions publiques afin de faire intervenir citoyens et citoyennes dans le débat public.

Mais l’emploi des outils numériques à des fins démocratiques doit pouvoir garantir le respect des critères de transparence et des droits relatifs aux données personnelles. C’est ici tout l’enjeu de la distinction entre logiciel open source ou libre et logiciel propriétaire. C’est aussi tout l’enjeu de ce que certains appellent la technopolitique : “l’intégration de (…) principes démocratiques au commencement de l’élaboration technique (…) des outils numériques”, ceci se traduisant par l’inscription de principes démocratiques dans le code de la plateforme.  

L’actualité des civic tech, marquée par le passage en open source d’ acteurs du secteur nous a ainsi invités à préciser à nouveau les contours et enjeux de la distinction entre logiciels propriétaires et logiciels libres et open source.


L’équipe d’Open Source Politics et ses co-fondateurs (Valentin, Virgile, Alain et Olivier) militent depuis plus de 5 ans pour que l’open source et le libre deviennent la règle, dans un paysage français pourtant majoritairement propriétaire.

Le terrain gagné par les logiciels libres et open source sur le marché des civic tech va pouvoir nourrir un débat et des questionnements que nous avons déjà amorcés au sein du mouvement des logiciels libres et des communs numériques.

A cet égard, nous ne sommes pas seulement mus par l’idée de mobiliser des logiciels libres et open source mais aussi et surtout par celle de contribuer à de véritables biens communs numériques, c’est à dire une “ressource produite et/ou entretenue collectivement par une communauté d’acteurs hétérogènes, et gouvernée par des règles qui lui assurent son caractère collectif et partagé” (Labo Société Numérique).

Pour mieux comprendre cet engagement, cet article s’emploie à expliquer le plus clairement possible ce qui oppose l’open source et le libre au propriétaire en posant une grille d’analyse accessible, permettant de qualifier de tels projets.

Comparatif logiciels Libre et open source vs Propriétaire

Logiciel Libre et open sourceLogiciel Propriétaire 
Licence d’utilisation payanteNon 
Oui
Ouverture du code sourceOui, d’où l’appellation “open source”.Non. Le code source est fermé d’accès.
Exemples Libre Office, Firefox, Linux, Android, VLC etc.Pack Office (Word, Excel etc.), Suite Adobe,  etc.
Liberté d’exécuter (utiliser) le programme pour tous les usages.Oui, tout le monde le peut.Non, seul le propriétaire le peut ou en accordant son autorisation.
La liberté d’étudier le fonctionnement du programme.OuiNon
La liberté de redistribuer des copies.OuiNon
La liberté d’améliorer le programme et de publier ses améliorations.OuiNon
Risque de dépendance à un éditeurFaible si le logiciel est mature et dispose d’une communautéForte, ce qui peut s’avérer risqué si c’est un éditeur de petite taille
Sécurité Les logiciels mature sont soumis à des audits et peuvent compter sur de nombreux contributeursSoumis à des audits mais dont les résultats ne sont pas forcément rendus publics et dont les résultats ne sont pas réplicables  
Réversibilité possible OuiRendue compliquée par la licence
Interopérabilité des logiciels entre eux Plus facile à mettre en œuvre.Rendue plus complexe. 
Mutualisation des investissements Garantie et possible à grande échelle si le logiciel dispose d’un écosystème mature de contributeurs.  Oui, mais limité aux capacités et à la volonté de l’éditeur.
Infographie open source vs proprietaire
Infographie logiciels libres et open source vs propriétaires

Zoom sur les licences :


Les logiciels libres et open source sont régis par des licences gratuites dites ouvertes ou libres.  

La formule bien connue dans les communautés libristes précise en général : 

“Free as in freedom, not as in free beer”

qui fait référence au fait que si en effet ces licences garantissent aux usagers 4 grandes libertés (exécuter, étudier, modifier, redistribuer), cette gratuité d’usage est conditionnée par le fait d’avoir les ressources nécessaires (temps, connaissances informatiques, hébergement) pour installer, configurer et utiliser par soi-même le logiciel.

À défaut de telles ressources, il faudra rémunérer le travail des prestataires ayant construit un savoir-faire et une offre de service au contact de leurs clients. De nombreux types de licences et de modèles existent pour les logiciels libres et open source, on les divise en général en deux grandes catégories : 

  • Copyleft (à l’opposé du copyright) qui garantit aux utilisateurs que les grandes libertés du logiciel libre seront respectées mais empêche la mise en place de restrictions (fermeture ultérieure du code, versions modifiées non publiées).
    Exemple : GPL (General Public Licence)
  • Non copyleft qualifiées en général de permissives puisqu’elles permettent d’appliquer des restrictions sur des versions modifiées, souvent plus complètes, qui peuvent être distribuées sous licence propriétaire.
    Exemple : la licence MIT, et les modèles open core

Les logiciels propriétaires imposent une licence d’utilisation dite propriétaire qui fixe les conditions d’accès et d’utilisation du logiciel. Si elle est payante l’éditeur est libre de choisir les modalités qu’il impose (par utilisateur, par organisation etc.).

Netflix par exemple fonctionne avec un abonnement mensuel qui permet à un ou plusieurs utilisateurs d’utiliser le service sur différents supports (téléphone, télévision, ordinateur).

“Quand c’est gratuit, c’est toi le produit”

Autre expression populaire des communautés libres qui indique que nombre de logiciels propriétaires sont utilisables gratuitement, comme Facebook par exemple qui dégage sa rentabilité en utilisant les données de ses utilisateurs afin de vendre des ciblages publicitaire pointu.

Zoom sur l’ouverture du code

La question de l’ouverture du code est le critère ayant donné son nom à l’open source. Ce code source peut être comparé à une recette de cuisine, comprenant alors ingrédients et marche à suivre pour réaliser un plat : si vous ne disposez pas de cette recette, n’ayant alors pas la liste des ingrédients à utiliser ni le processus de fabrication, il vous sera impossible de reproduire ou de modifier ce plat. En ce sens, le logiciel propriétaire ne donne pas accès à son code source tandis que le logiciel open source offre cet accès en toute transparence et gratuité. 

Zoom sur la question de la durabilité et de la scalabilité

Les logiciels libres et open source présentent des garanties de réversibilité bien plus importantes que celles d’un logiciel propriétaire. Les codes sources étant publics et généralement bien documentés pour la plupart des logiciels libres, il est  facile de trouver un autre prestataire en cas de faillite ou de mésentente. Si des ressources sont disponibles au sein de l’organisation, une internalisation est tout à fait possible via un transfert de compétences.

Ce critère est d’autant plus important dans le secteur des civic tech puisqu’il est majoritairement constitué de PME et de TPE proposant des solutions innovantes par nature risquées, et dans la mesure où les collectivités ont tendance à s’engager sur une ou  plusieurs années.

Le modèle libre et open source permet d’éviter une dépendance accrue à un seul prestataire dont la viabilité à moyen terme n’est pas garantie.

Zoom sur les questions de sécurité

Si tout système informatique est potentiellement exposé à des failles de sécurité, les logiciels libres et open source suffisamment matures sont généralement autant audités que les logiciels propriétaires, en plus d’exposer leur source en libre accès. Cette particularité permet une vérification plus large et poussée puisqu’un écosystème pluriel de contributeurs veille collectivement à assurer le meilleur niveau de sécurité. Pour faire simple, davantage de paires d’yeux (de contributeurs actifs) peuvent ainsi déceler des failles et proposer des corrections selon un protocole dicté par la communauté.


Si les logiciels propriétaires bénéficient eux d’audits ponctuels, leur résultats ne sont pas toujours rendus publics et ne sont de facto pas reproductibles, le code source n’étant pas ouvert. Enfin, la transparence sur les correctifs apportés suite à l’audit n’est pas toujours garantie et nécessite parfois un autre audit.

La mutualisation des investissements


S’il est possible de mutualiser les investissements dans le cadre du déploiement d’un logiciel propriétaire, cette mutualisation est plus riche dans le cadre de l’open source puisqu’une fois développé, le logiciel est co-amélioré sans limite géographique par une large communauté d’acteurs très diversifiée, qui le modifie en fonction des nouveaux besoins de ses utilisateurs.

Le besoin est défini alors par les utilisateurs et pour les utilisateurs, à l’inverse d’un logiciel propriétaire où le développement est tributaire des capacités et de la volonté de l’éditeur à les mettre en œuvre.

Le modèle libre et open source permet de ne pas être limité par les capacités d’un éditeur qui ne parviendrait pas à répondre aux enjeux et besoins d’une très grosse institution. Comme ça été le cas pour la plateforme de la Conférence pour le futur de l’Europe, le code de Decidim étant ouvert et libre la Commission Européenne a pu recourir à plusieurs prestataires de développement (dont Open Source Politics) en simultané afin de répondre à ses nombreux besoins.

Le fait que Decidim soit open source a permis aux institutions européennes de collaborer plus facilement entre elles, mais aussi, ce qui est crucial, avec des prestataires de services externes. En utilisant une solution propriétaire, les institutions européennes auraient été limitées au fournisseur de la solution, alors qu’en utilisant Decidim, elles ont pu « construire une équipe dédiée juste à cet effet ».

European institutions use Decidim to enable the Conference on the Future of Europe, OSOR (Open Source Observatory)

Revenons sur les chiffres de l’open source :

Conclusion

Si les différences entre logiciel libre ou open source et logiciels propriétaires peuvent sembler anodines pour les utilisateurs finaux qui ne sont pas nécessairement experts de ces questions, elles devraient pourtant être au centre des débats lorsqu’il s’agit de logiciels où ils agissent afin d’exercer leur citoyenneté. 

Le domaine de la civic tech censé (par définition) mettre les technologies actuelles au service de l’accroissement des pouvoirs citoyens en vue d’un meilleur fonctionnement démocratique avec des gouvernements plus ouverts se doit de faire des choix dans les outils employés. Ces outils peuvent être des biens communs appartenant aux citoyens dans un objectif civique défini selon des modalités démocratiques, ou bien ils peuvent être la propriété d’entreprises privées auxquelles on laisserait le loisir de définir les objectifs civiques de ces outils en fonction d’un impératif économique. 

Il ne s’agit pourtant pas non plus d’un choix manichéen. Différents modèles de logiciel sont possibles avec leurs avantages et leurs inconvénients. Dans un cadre que l’on voudrait démocratique, il est important de connaître la nature des outils que l’on met à disposition des citoyens, notamment par l’ouverture du code.

En l’absence de toute réflexion sur le sujet, on prend le risque de voir proliférer des modèles d’affaires basés sur la revente ou l’usage marchand des données obtenues lors de consultations publiques hors du cadre ouvertement consenti ou compris par le citoyen lors de sa participation initiale.

C’est en tout cas ces questionnements qui nous ont amené à choisir Decidim pour accompagner nos clients. Plus qu’un logiciel libre et open source, c’est un véritable commun numérique qui rassemble une communauté diverse d’acteurs et de contributeurs et qui permet aujourd’hui de propulser les plateformes de 200 institutions à travers le monde.

Nous verrons dans un prochain article quels critères nous ont guidé dans ce choix et comment analyser et comparer de manière très simple différents projets de logiciel libre et open source.

Comment contribuer à la Conférence sur l’Avenir de l’Europe (CoFE) ?

Comment contribuer à la Conférence sur l’Avenir de l’Europe (CoFE) ?

La plateforme de la Conférence sur l’Avenir de l’Europe (CoFE) a été lancée le 19 avril. Les contributions citoyennes déposées sur la plateforme viendront alimenter les panels de citoyens qui se tiendront à l’automne 2021. Pour contribuer, vous pouvez soutenir, commenter et déposer une contribution mais aussi participer voire organiser un événement en lien avec la Conférence. Cet article décrit comment déposer une idée et référencer un événement sur la plateforme étape par étape.

Comment s’inscrire sur la plateforme ?

Il existe plusieurs moyens pour s’inscrire afin de participer sur la plateforme de la CoFE :

  • L’électronique identification (« eID ») permet de s’inscrire à l’aide de sa carte d’identité. Cette solution est disponible pour 17 pays. A noter que la France ne figure pas parmi la liste de ces pays ;
  • L’authentification via des réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter et Google ;
  • La création d’un compte sur la plateforme à l’aide d’une adresse email et d’un mot de passe en passant par EU Login.

Des informations complémentaires sont demandées lors de l’inscription à la plateforme. Vous avez le choix de communiquer des données démographiques (sexe, âge, nationalité, pays de résidence, ville, catégorie socioprofessionnelle) et si on a déjà assisté à un événement public consacré à l’Union européenne. Ces éléments permettront de mieux traiter l’ensemble des contributions déposées sur la plateforme.

Enfin, vous devez accepter les Conditions générales de participation de la plateforme pour valider son inscription.

Quelle est la structure de la plateforme de la CoFE ?

La plateforme se structure autour des 10 thèmes de la Conférence sur l’Avenir de l’Europe. Chaque thème se décompose en deux éléments : les idées et les événements.

Pour contribuer à la Conférence, il faut se rendre dans l’un de ces 10 thèmes. Ils sont organisés en différentes catégories. Par exemple, le thème Démocratie européenne contient les catégories suivantes :

catégories de la CoFoE

Chaque page thématique est construite la manière suivante :

  • Une introduction décrivant le contexte politique et quelques ressources sur les initiatives de l’Union européenne sur ce sujet.
  • La liste des idées où vous êtes invité.e à exprimer votre opinon en soutenant, commentant et en déposant une contribution.
  • Les événements passées et à venir organisés dans le cadre de la Conférence sur l’Avenir de l’Europe.

Onglets sur la CoFoE

Les utilisateurs peuvent activer la traduction automatique de l’ensemble des contenus disponibles sur la plateforme. Cette intégration de Decidim avec le système de traduction de la Commission européenne est l’une des innovations majeures de la plateforme permettant la création d’un espace de débat public à l’échelle européenne.

En outre, il est non seulement possible de partager les contributions sur les réseaux sociaux mais de les insérer (embed) sur un site internet afin de recueillir un maximum de contributions.

Comment déposer une contribution ?

La plateforme permet à tout le monde de déposer une contribution. Toutes les contributions citoyennes déposées sur la plateforme seront analysées à l’aide de méthodes de traitement des données numériques et humaines. Les synthèses alimenteront les panels de citoyens européens et les séances plénières.

Tout d’abord, vous devez définir la langue de votre contribution, son intitulé (ou titre) et décrire votre contribution dans la rubrique corps.

Formulaire de création d'une idée

La prochaine étape consiste à comparer votre contribution avec les autres déjà déposées afin d’éviter les doublons et de favoriser l’engagement sur d’autres contributions.

Comparaison de l'idée

En dernier lieu, vous pouvez rajouter une image ou un document en annexe pour étayer votre idée. Cette fonctionnalité permet de mieux argumenter une idée et d’en renforcer son attractivité ! Il serait dommage de s’en priver…

Exemple d'une idée déposée sur la plateforme de la CoFoE

Il est possible de modifier sa proposition dans un délai de 15 minutes si personne n’apporte son soutien. Impossible donc de modifier une proposition lorsqu’une personne a apporté son soutien.

Par ailleurs, vous ne pouvez pas supprimer votre contribution une fois publiée. Il faut contacter l’équipe de modération pour masquer une contribution en apportant la justification.

Comment créer un événement dans le cadre de la Conférence sur l’Avenir de l’Europe (CoFE) ?

Pour organiser un événement, il faut également se diriger vers l’un des 10 thèmes de la CoFE. Le bouton permettant de créer un événement se situe en-dessous de la carte interative et juste au-dessus de la liste d’événements.

Evenements
Événements en cours pour le thème Valeurs et droits, état de droit, sécurité

Pour créer un événement, il suffit d’indiquer un intitulé, une description, l’adresse, le lieu (nom de la salle ou lien de la vidéoconférence), l’heure de début et de fin et le type d’inscription. Il est également possible d’indiquer les moyens d’accès dans Suggestions de lieu et de ranger l’événement dans l’une des catégories du thème.

Par ailleurs, la plateforme ne gère pas les inscriptions. Vous devez indiquer dans la rubrique Type d’inscription soit :

  • que l’événement ne dispose pas d’un système d’inscription. Vous devez sélectionner Enregistrement désactivé.
  • ou vous devez insérer le lien d’inscription vers une autre plateforme (Eventbrite, Facebook Events, etc.).

Il est également impossible de supprimer un événement. Pour retirer une contribution de la plateforme, vous devez contacter l’équipe de modération pour demander de masquer l’événement.

Comment relier une contribution à un événement ?

A l’issue de l’événement, l’organisateur de l’événement peut par exemple indiquer un compte-rendu, la liste des organisations, le nombre de participants et associer une ou plusieurs propositions ayant émergées lors de l’événement. L’organisateur peut insérer ces éléments à la clôture de l’événement.

L’organisateur peut clôturer un événement une fois la date de fin dépassée. Le bouton s’affiche automatiquement pour l’organisateur sur la page de l’événement.

Cloturer un événement

Lors de la clôture de l’événement, un formulaire s’affiche. Il permet d’insérer les livrables de l’événement tels qu’un compte-rendu, la liste des intervenants, le nombre de participants, etc.

Cette fonctionnalité permet de documenter a posteriori un événement organisé par la société civile et de valoriser les contributions issues des événements. Dans le dernier champ du formulaire, vous pouvez sélectionner les propositions qui ont émergé lors de l’événement. Vous pouvez également afficher votre soutien pour des idées déposées par d’autres participant.e.s

Comment commenter les contributions ?

Les participants peuvent commenter et débattre des idées et les événements déjà présents sur la plateforme.

Les commentaires peuvent être qualifiés « Pour » ou « Contre », il est possible de répondre aux commentaires déjà déposés et d’évaluer les commentaires déjà publié. Vous pouvez également mentionner un autre utilisateur de la plateforme en utilisant @nomUtilisateur pour l’inviter à rejoindre la conversation.

Conclusion

La plateforme de la Conférence sur l’Avenir de l’Europe (CoFoE) évolue constamment. Nous allons régulièrement vous informer sur les nouvelles fonctionnalités développées depuis ce blog. En attendant, vous pouvez consulter cet article du blog sur la genèse et le déploiement de la plateforme.

La démocratie numérique passe à l’échelle européenne avec la Conférence Sur l’Avenir de l’Europe 🇪🇺

La démocratie numérique passe à l’échelle européenne avec la Conférence Sur l’Avenir de l’Europe 🇪🇺

Officiellement lancée le 9 mai 2021, la Conférence sur l’avenir de l’Europe est un exercice politique emblématique et une étape inédite dans l’histoire de la démocratie numérique.

C’est la première fois qu’un tel processus participatif est organisé à l’échelle européenne. Reposant sur la participation ouverte en ligne de citoyens dans toute leur diversité, le travail de panels citoyens tirés au sort et de plénières délibératives, la démarche prévue pour durer un an est la plus ambitieuse que nous ayons connue à ce jour.

C’est un grand honneur pour l’équipe d’Open Source Politics de contribuer depuis plusieurs mois à la préparation et la mis en place de la plateforme participative qui est placée au cœur de la Conférence sur l’avenir de l’Europe.

Le contexte

Pourquoi Decidim ?

Dès 2019, les institutions européennes et les gouvernements des États membres ont exprimé leur souhait d’impliquer les citoyens dans la définition de l’avenir de l’Europe. Après un comparatif de toutes les plateformes existantes, le choix de l’Union européenne s’est portée sur Decidim. Renouvelant un engagement de longue date en faveur du logiciel libre, ce choix était naturel tant Decidim partage dans sa conception les principes démocratiques de la Conférence : transparence, intégrité et inclusion.

La plateforme participative

Plusieurs entreprises de l’écosystème européen Decidim ont travaillé sur la mise en place de la plateforme participative. Parmi elles, Open Source Politics a été sollicité il y a près d’un an par les services de la Commission pour aider les institutions à concevoir les modalités participatives et préparer le développement de nouvelles fonctionnalités. Lancée dès le 19 avril, la plateforme a déjà recueilli plusieurs milliers de contributions. Rédigées dans n’importe laquelle des 24 langues officielles de l’Union européenne, elles sont automatiquement traduites pour rendre possible la discussion à l’échelle du continent.

Cette plateforme est la plaque tournante centrale de la Conférence. C’est grâce à elle que les idées et événements relevant de dix thématiques identifiées sont partagés et débattus. Au-delà de ces espaces de contributions et des événements décentralisés, la plateforme sera enrichie dans le futur par la retransmission des plénières de la Conférence et la présentation des panels citoyens.

Espace des contributions

carte des événements COFE

La Conférence pour l’avenir de l’Europe

En cette période de changement sans précédent, les citoyens attendent plus que jamais une Union démocratique, cohérente et efficace, capable de faire face activement aux crises et défis actuels de l’Europe.

En réponse à ces défis, la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil lancent conjointement la Conférence sur l’avenir de l’Europe pour donner aux citoyens un rôle décisionnaire dans l’élaboration des politiques européennes.

Le 10 mars 2021 a été signée une déclaration conjointe entre les institutions européennes qui précise les contours de ce projet. Les résultats de la conférence sont attendus au printemps 2022.

Nous devons rendre ce débat aussi vivant que possible. En ces temps de COVID, cela signifie expérimenter les plateformes numériques autant que possible. Avec cette plateforme, nous offrons les outils nécessaires pour donner à chacun la possibilité de s’engager activement dans ce débat et nous veillerons à ce que ces idées alimentent l’analyse et les conclusions de la Conférence. C’est leur avenir, c’est donc leur Conférence.

L’eurodéputé Guy Verhofstadt

Préparer la plateforme de la Conférence

Plusieurs services OSP sont impliqués dans la mise en place de ce la Conférence sur l’avenir de l’Europe.

L’équipe Conseil

Notre équipe Conseil a organisé plusieurs ateliers de design au printemps et à l’été 2020 pour choisir les fonctionnalités de Decidim qui sont placées au cœur de la plateforme. Nous assurons depuis un an la coordination des acteurs impliqués dans la préparation de la plateforme, ce qui nous donne l’occasion de collaborer avec des entreprises suédoise (Digidem Lab sur les ateliers et formations), espagnole (Codegram sur les premiers développements) et roumaine (Tremend sur toutes les questions techniques).

L’équipe Produit

Notre équipe Produit intervient pour élaborer les spécifications des nouveaux développements et assurer la coordination avec la communauté Decidim. Evénements créés par les utilisateurs avec rapport de synthèses, gestion du multilinguisme, identité graphique sur mesure, carousel en page d’accueil, nouveaux systèmes d’évaluation des propositions… autant d’avancées qui bénéficieront à tous les administrateurs et utilisateurs de Decidim.

L’équipe Modération et Traduction

Nous avons constitué une équipe dédiée de quatre personnes pour assurer la modération a posteriori de la plateforme en temps réel et nous nous basons sur des experts linguistiques pour assurer une interaction avec les utilisateurs dans toutes les langues. Notre équipe de modération a également été responsable de l’intégration de tous les contenus de la plateforme dans les 24 langues.

Il est particulièrement stimulant d’échanger au quotidien avec des partenaires de tous les Etats-membres et originaires de plusieurs institutions sur l’organisation des futures étapes de la démarche et la préparation des analyses basées sur les outils d’intelligence artificielle développés par le centre de recherche de la Commission.

La plateforme n’attend que plus que vous. Vous pouvez y retrouver tous les événements créés et toutes les idées déjà déposées, mais également ajouter les vôtres et en discuter avec des citoyens de toute l’Europe. Rendez-vous sur futureu.europa.eu !

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