Rétrospective 2023 et prospective 2024

Rétrospective 2023 et prospective 2024

C’est avec détermination et conviction que nous avons œuvré toute l’année dernière à vous offrir des outils toujours plus éthiques ainsi qu’un accompagnement taillé sur mesure pour répondre au mieux à vos besoins. Nous entamons cette nouvelle année avec la même envie et nous vous partageons pour cela notre rétrospective 2023 et nos projections 2024. Que ce soit du côté de Decidim ou de notre équipe, cette nouvelle année promet d’être passionnante ! Bonne lecture 😉

Les moments forts de 2023

Decidim reconnu comme bien public numérique

Decidim a été ajouté au registre DPG de l’Alliance des biens publics numériques. L’objectif de cette alliance et de son registre est de promouvoir les biens publics numériques afin de créer un monde plus équitable. Le fait d’être reconnu comme un bien public numérique accroît la visibilité, le soutien et l’importance des projets ouverts qui ont le potentiel de relever les défis mondiaux. Pour devenir un bien public numérique, les projets doivent répondre à la norme DPG afin de s’assurer que les projets intègrent véritablement les principes open source.

Decidim, parmi les 6 finalistes du prix OSOR décerné par la Commission européenne

La Commission européenne a décerné à Decidim le prix de la réalisation Open Source dans le secteur public de l’Union européenne (EU Public Sector Open Source Achievement Award). La cérémonie de remise des prix, qui s’est tenue à Bruxelles le 21 novembre dans le cadre de l’événement OSOR Turns 15 : From Pioneering to Mainstreaming Open Technologies in Public Services, a récompensé les six meilleures solutions et initiatives en matière de logiciels libres et d’open source créées par ou pour les administrations publiques en Europe, parmi 101 propositions provenant de 23 pays.

Naissance de notre revue OSP Explore

Nous y pensions depuis longtemps, c’est maintenant fait ! Nous avons publié au printemps dernier le premier numéro d’« OSP Explore », la revue d’Open Source Politics sur les innovations démocratiques et la participation citoyenne. Cette brochure explore les moyens de promouvoir l’engagement citoyen et la démocratie participative par des outils numériques. Elle présente en outre nos réflexions et résultats sur l’usage et le développement de ces outils, et de leur capacité à permettre aux citoyennes et citoyens de s’informer, d’exprimer leurs opinions et de participer aux processus de prise de décision.

Le deuxième numéro traitera de la gamification – ou ludification – et de ce qu’implique une « participation en ligne efficace » ainsi que les critères permettant de mesurer et de soutenir le succès d’un dispositif participatif.

OSP à Sciences Po

Depuis trois ans, des membres de l’équipe animent le temps d’un semestre un cours à Sciences Po autour de la question des innovations démocratiques et consultations citoyennes. Le concept est de permettre aux étudiants de Master de se mettre en situation d’organiser des démarches participatives qui ont du sens en se posant les bonnes questions.

Les développements réalisés en 2023 par Open Source Politics pour Decidim…

Notre équipe technique a travaillé sur de nombreux projets tout au long de l’année pour améliorer les fonctionnalités de nos plateformes et leur performance. Certaines de ces améliorations ont pour but de simplifier et d’améliorer l’expérience de celles et ceux qui gèrent les projets participatifs (également connus sous le nom de back-office), tandis que d’autres visent à améliorer l’expérience des utilisateurs et utilisatrices.

  • L’assistant de participation – qui vise à accompagner les administrateurs et administratrices de Decidim dans la prise en main du back-office de leur plateforme participative.
  • Le module homepage proposals – qui permet de voir et filtrer des propositions depuis la page d’accueil.
  • Le module slider – qui permet la réalisation de carrousel sur la page d’accueil.
  • Le module private proposal fields – qui permet d’intégrer des champs privé dans les formulaires de dépôt de propositions afin de récupérer les données des porteurs de projets par exemple.
  • Le module custom proposal states – qui permet d’avoir plusieurs champs dans un formulaire de proposition.
  • Le module multiple survey answers – qui permet de recevoir plus d’une réponse par utilisateur à un questionnaire si les responsables de l’administration le permettent.
  • Le module half-sign-up – qui permet de se créer un compte plus rapidement pour voter dans le cadre du budget participatif*.

*La ville de New York, via sa Commission de l’Engagement Civique, a cofinancé cette dernières fonctionnalités qui est maintenant disponibles pour la communauté Decidim. Chez Open Source Politics, nous sommes fermement convaincus que la communauté est une force motrice. Vos idées ne sont pas seulement les bienvenues, elles sont essentielles. Que vous utilisiez quotidiennement nos solutions, que vous soyez une institution partenaire, ou que vous fassiez simplement preuve de curiosité, votre point de vue peut contribuer à façonner le Decidim de demain. Rejoignez-nous sur notre feuille de route ouverte et participez à l’évolution de ce commun numérique !

et ceux qui arrivent cette année

En avant-première, découvrez quelques-unes des nouveautés à venir. Ces améliorations incluent notamment une inscription et une connexion plus fluide aux plateformes Decidim, la mise en place de dispositif d’enquête publique et la publication de proposition anonyme.

  • Le module friendly signup 2.0 – une fonctionnalité qui simplifiera encore plus l’expérience d’inscription et de connexion.
  • Le module anonymous proposals – pour pouvoir déposer une proposition anonyme si l’administration le permet.
  • Le module budget category quotas – pour pouvoir mettre des quotas de vote minimal ou maximal sur certains types de projets.

Nos autres projets pour 2024

La rencontre du Club Open Source Politics

Découvrez notre nouveau format d’événement qui invite à discuter de l’avenir de la démocratie sur Internet. L’objectif est de partager des outils, des expériences et des idées pour relever les défis qui se situent à la croisée des chemins entre les mondes du numérique et de la démocratie. Notre équipe est convaincue qu’un environnement numérique éthique, adapté aux usages démocratiques d’aujourd’hui et de demain, doit être élaboré avec les personnes concernées par sa mise en place et son utilisation. C’est pourquoi nous vous invitons à participer à notre événement phare qui se tiendra tout l’après-midi du jeudi 4 avril 2024. Si vous vous posez des questions sur l’avenir de la démocratie sur Internet, inscrivez-vous dès maintenant !

L’intégration du nouveau design de Decidim sur nos plateformes

Comme annoncé plus tôt l’année dernière, deux nouvelles versions du logiciel arrivent dans les prochains mois. La version 0.28 apporte une profonde refonte graphique de l’interface de Decidim. Sortie en toute fin décembre, elle est étudiée par notre équipe technique durant ce premier semestre 2024 pour une application aux plateformes de notre clientèle à partir de cet été. Après la refonte du design, la version 0.29 inclura de nombreuses améliorations fonctionnelles et sera déployée assez rapidement dans la foulée.

Alors il est vrai que l’on vous parle de ces nouvelles versions depuis plusieurs mois déjà, mais la refonte d’une plateforme complexe n’était pas une tâche simple. Comme le veut le contrat social de Decidim, l’objectif est d’améliorer continuellement la couche technique pour en faire le meilleur outil technopolitique possible. Nous profitons de cet article pour remercier l’ensemble de la communauté Decidim pour tout le travail effectué ces derniers mois 💙

Merci

L’équipe d’Open Source Politics tient à exprimer toute sa reconnaissance et sa gratitude à l’ensemble de ses client·es, partenaires et sympathisant·es. Votre soutien, pour les plus anciens depuis plus de sept ans, nous touche profondément et nous motive à aller toujours plus loin. Nous sommes ravi·es de savoir que notre expertise et nos convictions rencontrent un écho favorable auprès de vous. Cela nous pousse à maintenir notre niveau d’engagement et à constamment améliorer notre travail pour répondre à vos attentes.

Comment se développe (ou non) un commun numérique ? Le témoignage de Ronan Chardonneau pour Matomo

Comment se développe (ou non) un commun numérique ? Le témoignage de Ronan Chardonneau pour Matomo

Pour ce premier épisode de notre série qui s’intéresse au développement des communs numérique, nous avons interrogé Ronan Chardonneau, formateur indépendant sur la solution libre Matomo depuis 2010. Auteur de nombreux ouvrages en analyse d’audience, dont Matomo Analytics, il est l’un des co-organisateur du MatomoCamp. Parallèlement à cela il a été maître de conférences associé en marketing digital à l’IAE Angers jusqu’en août 2023 mais aussi expert international en logiciels libres auprès du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

Bonne lecture !

Avant d’aller plus loin, Matomo, quésaco?

Anciennement nommé Piwik jusqu’en 2018, Matomo est un logiciel libre et open source de mesure de statistiques web, conçu pour être une alternative libre à Google Analytics. C’est par ailleurs une des solutions que nous utilisons pour nourrir nos tableaux de bord Metabase et ainsi fournir à notre clientèle, différents type de données afin qu’elle puisse évaluer l’ensemble du parcours utilisateur de toutes celles et ceux qui visitent leurs plateformes Decidim de participation citoyenne.

Pour commencer, comment définiriez-vous la notion de commun ? de logiciel libre ?

« À mon sens, un commun est un bien qui appartient à tous. Pour moi, un logiciel libre est un commun, c’est-à-dire un logiciel qui appartient à tous ».

Comment Matomo est-il né et comment est-ce que vous contribuez à ce projet ? 

« Matomo est né de la frustration d’un Français nommé Matthieu Aubry, qui ne trouvait pas d’alternatives libres à Google Analytics en 2005. En réalité, il avait déjà des connaissances en analyse de données statistiques, car il avait déjà créé une solution plus artisanale (phpMyvisites) par le passé. Je contribue beaucoup à Matomo, notamment sur la partie communication. En fait, il est difficile pour un marketeur de se faire une place dans le domaine de la contribution à un logiciel libre, car on imagine qu’il n’y a que sur le code que l’on peut aider. En réalité, n’importe qui peut aider au développement du logiciel. Dans mon cas, j’adore réaliser des vidéos de formation, des Moocs, rédiger de la communication, créer des événements, rechercher des conférenciers pour parler de méthodes d’usage. C’est ce que je fais pour Matomo. On parle beaucoup des influenceurs dans les actualités, et bien rien n’empêche d’être influenceur pour des logiciels libres ».

Comment avez-vous été amené à travaillé dans le monde de l’open source ? 

« Mon père travaillait dans la police au moment où OpenOffice a été mis en place, j’ai alors été tout naturellement sensibilisé à l’univers des logiciels libres. Il y a eu ensuite le lancement d’Ubuntu et le fait que l’ordinateur que j’utilisais à l’époque et qui était sous Windows, ne soit plus fonctionnel. C’est alors que j’ai découvert les install-party grâce à une association libriste. Depuis le jour où j’ai eu un système d’exploitation sous GNU/Linux, je n’ai plus réussi à en changer. Tout le reste me paraissait illogique. Lorsque j’ai cherché mon premier emploi en tant que responsable marketing digital en 2009, j’ai été séduit par la première entreprise qui mettait en avant son utilisation et son amour du logiciel libre. Un an plus tard, je découvrais Matomo, une solution beaucoup plus enrichissante sur le plan intellectuel que Google Analytics, sur lequel j’étais compétent mais lassé ».

Quelles sont les fausses idées/croyances auxquelles vous êtes confronté dans votre travail de formateur à un logiciel libre ?

« Dans mon cas précis, les nouveaux utilisateurs confondent souvent Matomo avec Google Analytics, en matière de fonctionnalités et de coûts, ce qui les déçoit souvent… En effet, Matomo est un logiciel serveur, ce qui implique un coût d’hébergement et une exigence en matière de puissance du serveur. Les utilisateurs de Google Analytics ne le remarquent pas car des entreprises comme Google utilisent un modèle économique basé sur l’exploitation des données utilisateur. Malheureusement, on ne leur présente pas l’exploitation concrète qui est faite de leurs données.

Personnellement, je pense que l’offre de service basée sur ce modèle économique est diabolique car elle joue sur l’ignorance du consommateur. C’est le cas de Gmail, Google Drive, etc. Comment peut-on être compétitif sur ce terrain, lorsque la notion de coût est souvent le premier critère de choix ?

En ce qui concerne les fonctionnalités, cela est un peu lié au premier critère. Un logiciel libre se développe grâce à sa communauté. Si la communauté est moins forte que celle des utilisateurs du concurrent et/ou celle des employés de la structure concurrente, il est certain que nous n’aurons pas les mêmes avancées technologiques.

Pour pallier cela, il faut expliquer aux clients que l’utilisation d’un logiciel libre nécessite du temps, des efforts et de la R&D, et qu’il s’agit d’un actif important pour l’entreprise/la structure. Mon problème est que les nouveaux utilisateurs ne voient pas cet aspect-là, ils veulent tout, tout de suite et pour un coût égal à 0. Il faut donc faire preuve de pédagogie, trouver les bons exemples et mettre en évidence les réalités sociétales. Ce n’est pas facile car cela nécessite de leur part de se projeter et de réaliser que les logiciels libres sont bien plus durables. En fait, il suffit de regarder les statistiques sur les parts de marché des systèmes d’exploitation pour comprendre le fossé abyssal qu’il nous reste à combler en matière d’éducation ».

Quelles sont les difficultés spécifiques au bien commun numérique qu’est le logiciel libre ? 

« Je n’ai plus la phrase exacte, mais dans son livre biographique, Linus Torvalds explique que la plupart des individus trouvent les ordinateurs ennuyants. Nous voudrions utiliser l’outil, qu’il nous donne un résultat, mais sans pour autant se soucier de son fonctionnement.

Aujourd’hui, si on y regarde de plus près de manière honnête, le logiciel libre penne à percer. Il suffit d’ailleurs de prendre un terme tel que celui de l’« open source », on reste étonné de voir le peu de gens qui savent réellement ce que cela signifie. Je pense que si on veut que le logiciel libre perce et devienne une référence, il faut éduquer la population. Il n’est pas normal que, dans l’éducation nationale par exemple, on utilise des ordinateurs qui utilisent Microsoft Windows. C’est pour moi doublement dommageable. Cela « biberonne » les plus jeunes à l’utilisation de solution propriétaires opaques et cela fait une publicité grandiose de ces outils à l’échelle nationale. Ce n’est pas un cadeau. De l’éducation découle naturellement beaucoup d’autres notions, mais de manière générale tant que nous n’aurons pas plus d’utilisateurs de logiciels libres, il nous sera impossible d’inverser la tendance ».

Pour aller plus loin, voir la conférence TEDx de Ronan Chardonneau

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