Open Source Politics au Political Tech Summit 2026

Un secteur en quête d'alternatives européennes face aux menaces d'ingérence

En cette froide fin janvier – température ressentie -14°C à Berlin – une certaine gravité a pesé sur les participants du Political Tech Summit, auquel Open Source Politics était invitée à présenter le projet de data space européen pour la démocratie. Pour la deuxième édition de ce salon européen des professionnels de la mobilisation citoyenne et des campagnes politiques, les turbulences du monde se sont imposées à l’agenda. Les menaces d’ingérence, notamment en provenance de Russie, qui planent sur les élections à toutes les échelles ne sont pas nouvelles, mais elles se démultiplient avec la généralisation des IA génératives. Le revirement trumpiste inquiète tout un secteur, qui mesure sa dépendance au numérique américain et essaye de trouver des alternatives européennes (comme le hollandais Mollie qui pourrait remplacer Stripe ou LaSuite.coop qui permet de s’autonomiser des logiciels de Google et Microsoft). 

Political tech et civic tech : des outils complémentaires pour la démocratie

Les political tech sont une famille voisine mais différente des civic tech : il s’agit notamment de générateurs de sites de campagne optimisés pour la communication ou la logistique des procurations (comme Citipo), des CRM pour l’organisation des activités et soutiens (comme l’américain Nation Builder ou le français Qomon) et de plus en plus des outils de lutte contre la désinformation et le harcèlement numérique dont sont victimes les organisations et personnalités publiques (comme le slovaque TrollWall.ai). Pour que la démocratie vive entre les élections, le Political Tech Summit avait également convié les professionnels qui développent des outils et méthodes de consultation et d’aide à la délibération, dont nos partenaires de Dembrane, Make.org, DemocracyNext et Participation Factory.

Une détermination collective face à l'urgence

L’optimisme se trouvait dans la joie des rencontres et retrouvailles ou dans l’inspiration de la campagne victorieuse de Zohran Mamdani à la mairie de New York, de nombreuses fois prise en exemple. Le sentiment majoritaire demeurait celui d’une détermination à orienter les ressources humaines et financières européennes vers le passage à l’échelle d’un modèle numérique européen, qui préserve et renforce les principes démocratiques, les droits des citoyens et utilisateurs, ainsi que les usages pertinents des avancées technologiques extrêmement rapides. Chez tous les interlocuteurs, qu’ils soient développeurs, financeurs, élus ou activistes, se retrouvait le même sentiment d’urgence : c’est dans les prochains mois que des consolidations et investissements doivent se faire.

Notre réponse : le data space européen pour la démocratie

C’est dans ce cadre que nous avons présenté nos travaux sur le data space de la démocratie. Partant du constat que les plateformes actuelles restent souvent isolées, mal coordonnées et insuffisamment reliées aux décisions finales, nous pensons qu’en permettant l’interopérabilité, la traçabilité et des normes de gouvernance partagées, un data space pensé à l’échelle européenne permettrait de connecter les contributions entre les plateformes et les territoires, et ainsi de renforcer la visibilité et l’influence des contributions citoyennes tout en améliorant la transparence et la responsabilité dans les processus démocratiques.

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  • Photos d’illustration : © Partisan (organisateur du Political Tech Summit)

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