Expérience d’un nouveau genre à l’université

Expérience d’un nouveau genre à l’université

À l’aide de la plateforme Decidim, 138 étudiants en Master 2 en science politique de l‘Université Paris Est Créteil ont la possibilité de co-construire une charte de l’égalité homme/femme en prévision de l’ouverture de l’Ecole Internationale d’Etudes Politiques en septembre 2020.

À l’origine de la démarche

Des étudiants concernés par la participation

C’est dans le cadre d’un cours sur la Civic tech qu’émerge cette initiative : bâtir, en s’assurant de la participation du plus grand nombre, un référentiel réglementaire commun encadrant les enjeux de genre à l’université – soit une première pierre décisive et forte de sens dans la construction de cette future école. Cette œuvre commune s’appuie sur plusieurs fonctionnalités mises à disposition par la plateforme qui, agencées côte à côte, favorisent l’émergence d’une intelligence collective au sujet de l’égalité homme/femme et de l’inclusion de toutes et de tous. 


Trois outils participatifs :

Pour mettre en œuvre cette démarche participative, trois outils déployés par la plateforme ont été sélectionnés : 

  • Une enquête sous forme de deux questionnaires ;
  • Des espaces de débats autour de propositions émises par les participants ;
  • La fonctionnalité de texte participatif pour une co-rédaction de la charte. 

L’enquête

L’enquête sur les inégalités homme/femme au sein de l’établissement repose sur la fonctionnalité “questionnaire” de Decidim. L’enquête est divisée en deux parties distinctes sur les sujets suivants :  

  • Perception générale des inégalités hommes/femmes
  • Faits observés aux cours de vos études supérieures 

Les questions sont pour la plupart construites selon le modèle classique des questionnaires à choix multiples. La démarche permet également aux participant·es de préciser leur pensée sur certaines questions propices à une expression plus fine et détaillée. Cet agencement sur mesure permet de cadrer l’enquête tout en laissant la place aux participants de s’exprimer librement au sein de celle-ci. Seul·e l’administrateur·ice dispose de la possibilité d’exploiter les réponses au questionnaire. 

Les débats 

La fonctionnalité “débat” de Decidim permet d’organiser des espaces de discussion virtuels autour de thèmes proposés directement par les participants. Chacun ou chacune peut choisir de s’abonner aux thèmes qu’il ou elle souhaite suivre, mais aussi apporter sa contribution par les échanges en commentaires.

La co-construction de la charte

La fonctionnalité de texte participatif de Decidim donne la possibilité à tous les participants de directement suivre, soutenir, commenter ou encore amender chaque partie de la charte en cours de co-construction. Ainsi, l’écriture de la charte n’est plus déléguée à certaines personnes précises. Elle devient une œuvre collective sur laquelle chaque participants a, individuellement, la possibilité d’apporter sa contribution. Un historique des amendements est accessible pour chaque paragraphe afin de garantir une totale transparence quant aux évolutions du texte.

Quel apport de l’outil numérique pour cette démarche ?

Nous avons demandé à Emilie Frenkiel, chercheuse au LIPHA, maîtresse de conférences en sciences politiques à l’université Paris Est-Créteil et encadrante de la démarche, quel a été l’apport de la plateforme Decidim dans cette démarche : 

Impliquer une centaine d’étudiant dans une réflexion collective

 » Tout d’abord, l’outil m’a autorisée à me lancer dans cette démarche. Je n’aurais jamais pu concevoir d’impliquer une centaine d’étudiants dans une réflexion collective et prolongée sur les questions d’inégalités et de sexisme à l’Université sans les possibilités offertes par la plateforme. Cela a permis de redistribuer la parole dans la classe, au sens où cela permet à des étudiant.e.s qui ne prennent pas facilement la parole en cours ou qui travaillent ou sont malades et ne peuvent y assister de s’exprimer sur des questions qui touchent tout le monde. 

Différentes fonctionnalités qui ouvrent le champs des possibles

La plateforme leur permet de s’enregistrer sous un pseudonyme, ce qui est très important pour notre sujet. D’autre part, en confirmation de l’importance du design pour l’imaginaire et les formes concrètes des consultations, les différentes fonctionnalités ont encore ouvert le champ des possibles, en ce qui me concerne. Je ne savais pas comment lancer la discussion et la plateforme m’a permis de créer un long questionnaire, moins destiné à recueillir des données que d’engager les étudiant.e.s à débuter ou approfondir leur réflexion sur les inégalités de sexe à l’université, en général et d’après leur expérience de témoins, victimes, participant.e.s à un climat sexiste. Je ne savais pas quoi attendre du débat en ligne et n’avais pas anticipé des débats aussi nombreux, libres, précis, réflexifs et pertinents. 

la rédaction participative d’une charte pour l’égalité

Nous sommes maintenant engagé.e.s dans la dernière étape de la consultation : la rédaction participative d’une charte pour l’égalité qui sera mise en vigueur dans l’Ecole internationale d’études politiques qui ouvrira à la rentrée. Sans la plateforme, qui nous autorise à modifier et commenter pas à pas et à différents rythmes la charte dans l’espace de quelques semaines, ce niveau de réflexion, collaboration et délibération n’aurait pas été atteignable. »

Webinaire #1 : Pourquoi l’open source devient-il la norme pour les démarches participatives ?

Webinaire #1 : Pourquoi l’open source devient-il la norme pour les démarches participatives ?

Un webinaire qui a été animé le 22 avril 2020 par Eloïse Gabadou et Léna Dumont.

Retrouvez la présentation ci-dessous. 👇

Le webinaire en quelques mots…

Un logiciel open source est un logiciel dont le code source est ouvert. Le mouvement qui s’est formé autour de ce choix technologique prend de plus en plus d’ampleur dans notre société en général, et dans le secteur de la participation citoyenne en particulier.

Pourquoi cela ? Fruit du mouvement du logiciel libre, il répond en effet directement à l’exigence de nos sociétés pour plus de transparence et de vigilance face aux technologies déployées par les institutions et les organisations. L’open source nous interpelle sur la relation entre le gouvernement et les citoyen.nes, ainsi que sur la consultation préalable à tout choix technologique ou politique pouvant interférer dans la vie de chacun.e. Nous le constatons en ce moment avec l’application StopCovid qui suscite des interrogations légitimes, notamment sur l’utilisation des données personnelles.

La relation de confiance avec le.la citoyen.ne devient déterminante lors de démarches participatives publiques, en particulier lorsque les participant.e.s consulté.e.s demandent à connaître l’origine et la nature des logiciels et du traitement des données qui dessineront le futur de leur organisation, ou de leur ville, région ou pays. Pour Francesca Bria, ex-CTO de la ville de Barcelone, les logiciels libres et open source préservent “les droits fondamentaux des citoyen.ne.s” en “[permettant] de savoir ce que [les algorithmes] font et en [garantissant] l’absence de failles de sécurité”.

En ce qui concerne les organisations et entreprises privées, le choix de l’open source permet  d’ouvrir les portes de communautés diverses et représentatives de leur écosystème d’usage (institutions, entreprises, développeurs, utilisateurs finaux, chercheurs, etc.). Ces communautés permettent également la mutualisation des ressources et des investissements de développement pour proposer un logiciel évolutif et apprenant.

Le webinaire du 22 avril 2020 est revenu sur ce qu’est l’open source et sur l’ensemble des raisons pour lesquelles ce choix devient la norme pour les processus participatifs.

(Re)visionnez le webinaire 👇

Votre organisation (publique comme privée) souhaite mettre en place une démarche de participation ? Vous êtes simplement curieux.se d’en découvrir plus Decidim ? Contactez-nous 👉contact@opensourcepolitics.eu