Rencontres du club Open Source Politics 2024

Rencontres du club Open Source Politics 2024

Open Source Politics et ses partenaires organisent un événement inédit sur les communs numériques et la démocratie

C’est notre plus grand événement présentiel depuis la période pré-Covid !

Le 4 avril 2024, à partir de 14h, nous vous accueillerons au Liberté Living-Lab pour un événement majeur dédié aux enjeux, défis et opportunités à venir pour les communs numériques et la démocratie. Cet après-midi de rencontres et d’échanges sera l’occasion de découvrir des outils, des retours d’expériences et de personnalités inspirantes pour explorer cet enjeu crucial pour l’avenir de notre société.

Pourquoi cet événement ?

Le numérique a profondément bouleversé nos modes de vie et de communication, et la démocratie n’a pas échappé à cette transformation. De nouvelles opportunités de participation et de collaboration citoyenne ont émergé, mais de nombreux nouveaux défis également.

Au programme de cet après-midi :

  • Des présentations inspirantes animées par des personnalités de renommée nationale et internationale, qui partageront leurs visions et leurs expériences sur les communs numériques et la démocratie.
  • Des retours d’expériences pour explorer des thématiques concrètes rencontrées sur le terrain (dont un serious game, la gestion hybride du présentiel et du numérique, l’analyse de données sur les projets complexes) ou du côté technique (avec notamment l’utilisation de l’IA et les enjeux de transparence et d’interopérabilité entre les plateformes participatives).
  • Une conférence pour échanger avec des acteurs engagés dans le développement des communs numériques et de la démocratie pour répondre à la question de l’avenir de la démocratie sur Internet.

→ Un moment convivial est organisé à partir de 19h autour d’un cocktail afin de vous permettre de continuer la discussion et de rencontrer toutes celles et ceux qui se sentent concernés par l’avenir du numérique et de la démocratie. Plus qu’un simple événement, il s’agit d’une invitation à un dialogue ouvert et constructif pour imaginer ensemble un avenir numérique plus juste, plus inclusif et plus démocratique.

Pour participer à cet événement, inscrivez-vous via le formulaire ci-dessous et pour ne rien rater du programme qui sera annoncé bientôt, suivez nous sur Linkedin et Mastodon.

Le budget participatif numérique : configurations et dilemmes

Le budget participatif numérique : configurations et dilemmes

Les configurations existantes en matière de budget participatif numérique

Un article récent publié dans la revue « ACM Transactions on Computer-Human Interaction » par Victoria Palacin, Samantha McDonald, Pablo Aragón et Matti Nelimarkka explore les configurations du budget participatif numérique.

L’équipe de recherche s’intéresse à l’impact des plateformes numériques sur ce processus démocratique, soulignant que leur conception n’est pas neutre et peut influencer le comportement des participants.

En analysant 31 cas de budgets participatifs numériques en Espagne, en France et en Finlande, basés sur le logiciel libre Decidim, les chercheurs ont identifié 25 configurations techniques et 15 configurations de budget participatif.

Ces configurations révèlent des hypothèses différentes sur les interactions entre l’État, la société et les différentes approches du budget participatif.

L’un des principaux dilemmes soulevés par l’étude est le suivant : dans quelle mesure les plateformes de budget participatif numérique doivent-elles être ouvertes à la configuration et à la personnalisation ? Et quelles valeurs politiques devraient être renforcées par leur conception ?

Cet article soulève des questions importantes pour l’avenir de la démocratie numérique. L’équipe de chercheurs invite donc les praticiens et les décideurs politiques à réfléchir aux implications de ces résultats pour la conception et la mise en œuvre des plateformes de budget participatif numérique.

Pour en savoir plus, consultez l’article complet en anglais sur la plateforme de l’ACM Digital Library.

Le budget participatif (BP) : origines et évolution vers le numérique

Né à Porto Alegre au Brésil à la fin des années 1980, le budget participatif visait alors à instaurer une démocratie directe et universelle (alors qu’aujourd’hui il s’inscrit davantage dans une démocratie participative). Son objectif premier était de permettre aux citoyens de débattre et de décider des budgets et des politiques publiques, devenant ainsi des acteurs permanents de l’administration.

Le succès de l’expérience brésilienne a inspiré de nombreuses villes et États à travers le monde, avec plus de 2 700 gouvernements ayant mis en place des processus similaires. En Europe, le nombre d’initiatives a été multiplié par plus de 20 entre 2005 et 2012.

Depuis 2001, le budget participatif s’est également développé sur le plan numérique, avec des propositions, des discussions et des votes se déroulant en ligne. Cette évolution présente plusieurs avantages :

  • Réduction des obstacles géographiques: La participation en ligne permet à un plus grand nombre de personnes de s’impliquer dans le processus, quelle que soit leur localisation.
  • Facilitation de l’organisation: Les plateformes numériques simplifient la gestion des budgets participatifs, en particulier pour les processus à grande échelle.
  • Réduction des coûts: Les plateformes numériques s’avèrent plus économiques que les événements en présentiel, qui nécessitent une logistique importante.
  • Amélioration de la flexibilité: Les plateformes numériques permettent aux participants de s’impliquer à leur rythme et selon leurs disponibilités.

Le budget participatif numérique représente une évolution prometteuse de la démocratie, en offrant de nouvelles possibilités d’inclusion et de participation citoyenne.

La configuration des plateformes de budget participatif : un enjeu crucial pour la démocratie numérique

Lors de la mise en place d’une plateforme de budget participatif, la configuration est une étape cruciale qui va déterminer son fonctionnement et son impact sur le processus démocratique.

Au-delà des choix triviaux tels que le nom, l’URL ou l’identité visuelle, la configuration peut avoir des implications importantes sur la participation des citoyens. Par exemple, la possibilité de commenter ou non les propositions peut être activée ou désactivée par les administrateurs.

En réalité, la configuration est une forme d’adaptation du logiciel qui permet de l’adapter aux pratiques sociopolitiques locales. Si elle ne nécessite pas de compétences en développement logiciel, elle peut néanmoins s’avérer complexe et nécessiter une coordination active de la part des citoyens.

L’exploration des différentes configurations possibles est donc essentielle pour comprendre le fonctionnement du budget participatif numérique et son impact sur la démocratie.

La démocratie est un processus qui s’invente

La participation du public et les modèles de démocratie numérique

La participation du public est essentielle pour garantir que les citoyens ont leur mot à dire dans les décisions qui les affectent. Le numérique offre de nouvelles opportunités pour la participation du public, mais il est important de choisir le bon modèle de démocratie numérique.

Il existe deux modèles principaux de démocratie numérique :

  • La démocratie référendaire: les citoyens votent directement sur les décisions.
  • La démocratie d’assemblée: les citoyens discutent et débattent des décisions avant qu’elles ne soient prises.

Chaque modèle a ses avantages et ses inconvénients. La démocratie référendaire est plus directe, mais elle peut être sujette à la manipulation et à l’ignorance. La démocratie d’assemblée est plus inclusive, mais elle peut être lente et inefficace.

Le choix du modèle de démocratie numérique dépend du contexte et des objectifs spécifiques. Il est important de s’assurer que le modèle choisi est inclusif, transparent et responsable.

Les outils numériques et la démocratie

Les outils numériques peuvent être utilisés pour soutenir ces deux modèles de démocratie numérique. Les plateformes de vote en ligne peuvent faciliter la participation des citoyens aux référendums tandis que les forums de discussion en ligne permettent aux citoyens de discuter et de débattre des décisions.

Cependant, il est important de noter que les outils numériques ne sont pas neutres. Ils peuvent influencer la manière dont les décisions sont prises. Il est important de choisir des outils numériques qui sont conçus pour être inclusifs, transparents et responsables. Winner et Nissenbaum, parmi d’autres chercheurs, soutiennent que la conception technologique est intrinsèquement politique et imprégnée de valeurs, rejetant l’idée de plateformes numériques dépourvues de valeurs. Les recherches montrent de manière constante que les choix de conception influencent profondément la manière dont les individus interagissent avec les technologies numériques, notamment dans des contextes tels que le discours politique. Les chercheurs en conception participative examinent de plus en plus la conception des plateformes, mettant au jour des pratiques tokenistes et pseudo-participatives. Bien que des études sur les civic tech explorent leurs implications politiques et les valeurs intégrées dans les processus démocratiques, il existe une lacune dans la compréhension de la configuration technologique – le déploiement et la personnalisation des fonctionnalités des plateformes. Comprendre le lien entre les configurations technologiques et les valeurs politiques est crucial pour la participation citoyenne, compte tenu de la nature contestée de la démocratie elle-même.

La participation du public est essentielle pour une démocratie saine. Le numérique offre de nouvelles opportunités pour la participation du public, mais il est important de choisir le bon modèle de démocratie numérique et d’utiliser des outils numériques qui sont conçus pour être inclusifs, transparents et responsables.

Cas, données et méthodes

Decidim

L’équipe de recherche a choisi de se concentrer sur la plateforme Decidim pour son étude des configurations de budget participatif. Ce choix s’explique par plusieurs raisons :

  • Large adoption : Decidim est une plateforme largement utilisée, avec des instances dans le monde entier.
  • Configurabilité : La plateforme offre une grande flexibilité aux administrateurs, qui peuvent choisir les composants à utiliser pour définir les processus participatifs.
  • Logiciel unique : Toutes les instances de Decidim utilisent le même logiciel, ce qui permet d’exclure les différences de fonctionnalités et de conception comme facteurs de variation.

L’équipe a étudié les différentes configurations de Decidim en analysant plusieurs cas de budget participatif. Elle a examiné comment les administrateurs avaient défini les processus participatifs, en s’intéressant notamment aux éléments suivants :

  • Le calendrier du processus (définition des différentes étapes, comme le brainstorming, la co-création, le vote et la mise en œuvre).
Fig. 1. Calendrier défini par l’organisateur du processus de budget participatif dans l’instance Decidim du conseil municipal de la ville d’Helsinki. Dans Decidim, les processus sont définis comme des séquences d’étapes, dans le cas présent : idéation, co-création, vote et mise en œuvre.
  • Les types de participation citoyenne autorisés (par exemple, la soumission de propositions, le vote, le commentaire).
  • Les outils de communication et de collaboration mis à disposition (forums de discussion, outils de vote, etc.).

En comparant les différentes configurations, l’équipe a pu identifier des liens entre les choix de configuration et les types de participation citoyenne favorisés.

Fig. 2. Processus participatif standard sur Decidim et ses composants à différentes étapes. Il s’agit de la configuration canonique proposée dans le livre “Decidim: Political and Technopolitical Networks for Participatory Democracy”, mais les administrateurs d’une instance sont en mesure de personnaliser les étapes et les composants.

La plateforme Decidim propose un large choix de composants qui permettent aux administrateurs de configurer les processus participatifs. Le choix des composants utilisés est crucial car il détermine les types de participation citoyenne possibles.

Par exemple, si le composant « budget » n’est pas activé, les citoyens ne pourront pas soumettre de propositions impliquant des financements. De même, si le composant « vote » n’est pas activé, les citoyens ne pourront pas participer aux votes sur les propositions.

Les administrateurs peuvent ajouter, supprimer et configurer les composants via une interface d’administration dédiée. Ils peuvent également modifier le nom des composants, le contenu visible par les citoyens, etc.

Le tableau suivant résume les composants disponibles dans Decidim et leur impact sur la participation citoyenne :

ComposantFonctionImpact sur la participation citoyenne
BudgetPermet aux citoyens de soumettre des propositions impliquant des financementsPermet aux citoyens de contribuer à l’allocation des ressources
VotePermet aux citoyens de voter sur les propositionsPermet aux citoyens de faire entendre leur voix et de prioriser les projets
DébatPermet aux citoyens de discuter des propositionsEncourage la collaboration et l’échange d’idées entre les citoyens
SondagePermet aux citoyens de donner leur avis sur des questions spécifiquesPermet aux administrateurs de recueillir l’avis des citoyens sur des sujets importants

Données

Il existe actuellement des centaines de plateformes de démocratie participatives fonctionnant avec Decidim. L’étude s’est basée sur un échantillon de 31 plateformes ayant hébergé des budgets participatifs entre 2016 et 2020 en Europe (24 en Espagne, 6 en France, 1 en Finlande). Les données ont été collectées via l’API GraphQL et incluaient les configurations des composants et les métadonnées associées. Seules les instances dont l’étape finale s’est achevée avant janvier 2021 ont été prises en compte pour garantir l’analyse de budgets participatifs complets.

Méthodes

L’objectif principal de l’étude était d’explorer les implications des configurations des budgets participatifs numériques. Pour ce faire, l’équipe de recherche a opté pour une approche exploratoire inductive, impliquant l’observation, la reconnaissance de modèles et la construction d’une théorie explicative. Deux développeurs indépendants ont réalisé deux séries d’analyses qualitatives (classification thématique et codage axial) sur les 31 budgets participatifs sélectionnés.

Phase 1 : Décryptage des configurations techniques

L’équipe de recherche a tout d’abord examiner la configuration technique et le déploiement des composants de Decidim (voir le tableau plus haut) sur la base des données observées dans toutes les instances. Pour explorer l’approche diversifiée du déploiement, elle a utilisé une carte thermique pour visualiser le nombre de composants de chaque type déployés dans chaque instance de budget participatif.

Carte thermique des configurations techniques dans les 31 cas en examinant le nombre de chaque type de composant utilisé dans chaque cas de budget participatif (plus la cellule est foncée, plus le nombre de composants du type indiqué dans la ligne du cas indiqué dans la colonne est élevé). L’hétérogénéité observée entre les colonnes exprime la diversité existante des types de composants parmi les cas de budget participatif.

Contrairement aux composants spécifiques, le composant Pages peut être utilisé pour afficher n’importe quel contenu. Par conséquent, les chercheurs n’ont pas pu déterminer son objectif de la même manière que nous avons pu comprendre les objectifs de ces composants. Au lieu de cela, nous avons traduit 48 titres de pages en anglais (les membres de l’équipe de recherche parlent couramment l’espagnol, le catalan, le français, le finnois et l’anglais, ce qui permet la traduction des données.). Ensuite, nous avons procédé à une classification thématique inductive de ces titres afin d’identifier des fonctions similaires. Par exemple, les pages intitulées Final Results, Execution state, ou Evaluations ont été considérées comme indiquant un objectif de la page. Cela nous a permis de déterminer les fonctions des pages.

Phase 2 : Comprendre le rôle des étapes

Pour comprendre le fonctionnement des étapes, l’équipe a examiné de manière inductive les étapes procédurales limitées dans le temps (c’est-à-dire, la sensibilisation au processus ou le vote; voir toutes les étapes dans le Tableau 2) dans le cadre du budget participatif. Elle a analysé ces étapes de manière inductive en suivant une classification thématique.

DescriptionCode axialExemplesDécompte
1.Sensibilisation au processus, annonce publique du processus de budget participatif à travers des événements virtuels et physiquesNeutreIntroduction, propositions, lancement du budget participatif14
2. Préparation de propositions participatives, étape à laquelle un soutien à la préparation de propositions est fourni aux personnes via des ateliers, des webinaires en ligne et des assemblées publiquesAxé sur la communautéAteliers avec les participants, réunion du conseil de district, préparation de propositions participatives3
3. Collecte d’idées, étape à laquelle les gens partagent publiquement leurs idées en tant que proposition de budget participatifNeutreCollecte de supports, appel à idées, phase de propositions33
4. Évaluation de l’admissibilité, étape à laquelle les propositions sont évaluées en fonction de leur conformité à la mission de la ville ou aux règles du processusManagérialeÉvaluation de l’admissibilité, idées admissibles2
5. Analyse de faisabilité, évaluation de la faisabilité technique et experte des propositions initialesManagérialeValidation technique, faisabilité du projet, phase technique : évaluation26
6. Priorisation de propositions participatives, étape à laquelle les propositions collectées sont priorisées publiquement entre les participants et les décideursAxé sur la communautéAssemblée participative pour la priorisation, ateliers de propositions3
7. Priorisation des propositions, étape à laquelle les propositions et leur mise en œuvre sont priorisées par les décideurs et les experts sans l’implication du publicManagérialePriorisation, phase technique, budgétisation des plus votés2
8. Annonce des finalistes, annonce des propositions finalistes; celles-ci sont votées à l’étape suivanteNeutrePrésentation des propositions finalistes, propositions finales pour le vote, localisez vos projets préférés6
9. Vote, étape à laquelle les idées ou les propositions sont votées par le publicNeutreVote des propositions, phase de vote, vote pour 3 idées39
10. Résultats, annonce publique des projets sélectionnés pour la mise en œuvreNeutreLes projets gagnants, résultats définitifs, Retour33
11. Approbation administrative, étape post-processus de budget participatif où les projets sélectionnés passent par l’approbation municipale avant d’être mis en œuvreManagérialeApprobation en session plénière municipale1
12. Feedback du processus, évaluation publique du processus par les participantsNeutreÉvaluation du processus, Qu’avons-nous appris de la construction de la ville ?3
13. Résultats, rapport public sur le processus de budget participatif et son impactNeutreRapport final et communication des résultats, exécution des projets, mise en œuvre des projets gagnants8

Chacun des composants de Decidim peut être utilisé à différentes étapes du processus. Par exemple, les participants pourraient être invités d’abord à discuter des idées en utilisant le composant Débat pour élaborer des propositions en utilisant le composant Propositions, suivi du vote et de l’affichage des résultats via le composant Résultats, puis les participants surveillent la progression des projets avec un grand nombre de votes via le composant Responsabilité. Ces composants pourraient également être disposés différemment, créant ainsi un processus participatif différent. Par exemple, le composant Débat pourrait être utilisé entre les composants Propositions et Résultats pour inviter les participants à discuter et délibérer sur des idées. L’arrangement des composants en étapes influence donc la manière dont le processus participatif est présenté aux citoyens sur la plateforme.

Les données de l’étude comprenaient 173 étapes provenant de 31 exemples de budgets participatifs. Les noms définis par les administrateurs comprenaient « lancement du budget participatif », « validation technique » ou encore « vote pour 3 idées ». Tous les noms et descriptions d’étapes ont été traduits en anglais, suivis d’un regroupement inductif du contenu. Pendant le codage inductif, nous avons examiné leur similarité avec les fonctions qu’elles remplissaient. Par exemple, les étapes avec les noms « vote des propositions », « phase de vote » et « vote pour 3 idées » se concentrent toutes sur le vote – qui est apparu comme une catégorie d’étapes.

Phase 3 : Impact des configurations et des étapes sur la démocratie

  • Les 13 catégories d’étapes ont été analysées pour comprendre leur impact sur la démocratie.
  • Les catégories ont été regroupées en fonction de considérations sur la démocratie et le rôle des citoyens.
  • L’étude analyse l’équilibre entre différents modèles démocratiques (dialogue, décision).

Après avoir analysé les différentes étapes des processus participatifs, l’équipe a étudié comment ces configurations impactaient la démocratie de ces processus. Pour cela, elle a regroupé les étapes selon leur rôle dans le dispositif du BP et le rôle des citoyens.

Les chercheurs ont été attentifs à l’importance de la participation des citoyens et au rôle de la discussion et du dialogue dans le processus démocratique.

Même si l’équipe a utilisé des concepts existants pour s’aider, l’analyse est originale et permet de mieux comprendre l’impact des configurations des processus participatifs sur la démocratie.

Les résultats

Au niveau des configurations techniques

L’analyse des plateformes Decidim utilisées pour des processus de budget participatif révèle une grande diversité dans le nombre de composants techniques employés. Chaque cas a pu personnaliser la plateforme selon ses besoins spécifiques, démontrant à la fois la flexibilité de Decidim et le haut niveau d’adaptation des organisateurs.

Observations principales:

  • Le composant « Proposition » est essentiel et présent dans quasiment tous les cas.
  • Le lien entre propositions et budget (composant « Budget ») n’est pas systématique, suggérant des niveaux de restriction budgétaire variables.
  • Le composant « Page » sert souvent à publier des informations générales (FAQ, etc.) en l’absence d’autres composants dédiés.
  • Le composant « Résultats » est remplacé par des « Pages » personnalisées dans la majorité des cas, montrant un manque d’utilisation ou de connaissance du composant dédié « Accountability ».
  • Certains composants restent sous-utilisés, comme « Débat » pour des discussions à plus haut niveau, ou « Résultats » (déjà remplacé par les « Pages »).

Les administrateurs ont largement personnalisé les plateformes Decidim, révélant des pratiques et besoins variés dans les processus de budget participatif. L’adoption et l’utilisation des composants restent hétérogènes, soulignant l’importance de la formation et de la documentation pour une meilleure exploitation des fonctionnalités de la plateforme.

Des composantes techniques à la compréhension du processus participatif par étapes

L’analyse des composants techniques révèle la diversité des budgets participatifs, mais ceux-ci ne sont que des outils dans le cadre d’un processus social. Par exemple, la collecte d’idées se fait via « Propositions » et le vote via « Budget », mais d’autres processus n’ont pas de correspondance directe avec un composant. Les résultats finaux pourraient par exemple être présentés sur une “Page” (comme dans l’analyse) ou à l’aide du composant de Accountability spécialement conçu. L’analyse de ces processus sociaux supportés par Decidim est donc nécessaire.

Decidim permet de définir des étapes temporaires pour chaque budget participatif. 173 étapes avec des noms et durées définis par les organisateurs ont été identifiées. Elles incluent la collecte d’idées, le vote et la publication des résultats, mais aussi des étapes spécifiques comme l’évaluation de l’admissibilité des propositions.

Pour comprendre ces étapes, un codage axial a été réalisé. 13 catégories ont été identifiées selon leur impact managérial ou participatif, inspirées de théories existantes.

Les plus communes sont la collecte d’idées, le vote et les résultats, éléments fondamentaux. D’autres budgets utilisent des analyses de faisabilité et des actions d’information. Les étapes suivantes, comme le rapport aux citoyens ou l’annonce des finalistes, sont moins utilisées.

Certaines étapes ont des effets différents. Par exemple, la « priorisation participative des propositions » implique la collaboration des citoyens, tandis que la « priorisation des propositions » est une étape managériale qui les exclut.

La plupart des étapes communes sont neutres (information et participation individuelle). Les étapes managériales filtrent les propositions avant le vote, limitant l’influence des citoyens. Les étapes centrées sur la communauté sont moins communes, offrant moins d’opportunités de discussion et de délibération.

Les budgets participatifs sur Decidim présentent une diversité dans les processus sociaux mis en œuvre. Les étapes neutres dominent, suivies par les managériales. Les étapes centrées sur la communauté sont moins utilisées, réduisant les possibilités de discussion et de délibération des citoyens.

Les configurations du BP en tant que combinaison de composants et d’étapes

Analyser chaque composant ou étape individuellement ne permet pas de saisir la configuration globale du processus de budget participatif, car ces éléments fonctionnent ensemble. En moyenne, on retrouve 5 étapes dans les 31 processus étudiés. En analysant les catégories d’étapes utilisées, on identifie 15 configurations de participation distinctes (façons d’organiser le processus avec les composants techniques et les étapes). Ces configurations sont nommées de A à O pour plus de clarté.

ÉtapeABCDEFGHIJKLMNO
Sensibilisation aux processus
Préparation des propositions
Recueil d’idées
Évaluation de la recevabilité
Analyse de faisabilité
Hiérarchisation des propositions
Priorisation des propositions
Annonce des finalistes
Vote
Résultats
Approbation administrative
Retour d’information sur le processus
Aboutissements
Nombre de cas411811216111111

L’analyse révèle 15 configurations distinctes pour organiser les budgets participatifs sur Decidim, combinant de différentes manières les composants techniques et les étapes du processus. Ces configurations offrent des niveaux de participation variés.

  • Exemple de configuration équilibrée : la configuration G du guide de Decidim (Figure 1) combine étapes communautaires (collaboration citoyenne) et managériales (contrôle administratif).
  • Exemple de participation simple : la configuration A implique uniquement la collecte d’idées, le vote et la publication des résultats (Figure 6a).
  • Configuration la plus courante : la configuration D (près d’un tiers des cas) intègre des étapes managériales comme l’analyse de faisabilité (Figure 7a), limitant la participation citoyenne par rapport à la configuration A.

Les configurations des budgets participatifs Decidim varient en termes de participation citoyenne, allant de modèles simples et directs à des processus plus contrôlés intégrant des étapes managériales.

Exemples de configurations de participation dirigée et contrôlée. La différence entre les deux est que la dernière implique au moins une étape de gestion (voir les étapes marquées en brun).
Exemples de configurations de participation centrées sur l’individu et sur la communauté. La différence entre les deux est que la dernière implique au moins une étape centrée sur la communauté.

Participation et contrôle dans les budgets participatifs Decidim

L’analyse révèle différentes manières d’organiser les budgets participatifs sur Decidim, offrant des niveaux de participation et de contrôle variés :

Contrôle administratif majoritaire :

  • La majorité des cas (77%) utilisent des configurations avec des étapes de contrôle (ex : analyse de faisabilité, validation administrative).
  • Ces configurations ne reposent pas uniquement sur la démocratie directe, mais impliquent une participation citoyenne hybride avec intervention des autorités.

Participation sans modération :

  • Certains processus ne comportent pas de modération administrative (19%).
  • Exemple : idée > vote > résultats (configuration A).

Participation individuelle vs. collective :

  • La plupart des processus sont individuels (77%) : des idées individuelles sont soumises puis choisies par vote.
  • Certains encouragent la collaboration (23%) : préparation commune de propositions, priorisation collaborative (ex : configuration H).

En résumé :

Les 15 configurations possible se différencie dans le nombre d’étapes de contrôle et de collaboration. La plupart des processus intègrent un contrôle administratif et restent individuels. Seule une minorité encourage la collaboration citoyenne. La plateforme Decidim permet différents niveaux de participation et de contrôle dans les budgets participatifs. La majorité des configurations actuelles penchent vers le contrôle administratif et la participation individuelle, laissant peu de place à la collaboration citoyenne.

Espace de conception pour les processus de BP basés sur les étapes codées axialement. La plupart des cas sont présentés dans les quadrants de droite, car ils impliquent généralement des mesures de gestion.

Une fonctionnalité = 25 formats de budget participatif

Au final, les quatre chercheurs ont étudié les configurations techniques et sociales de 31 cas de budgets participatifs en Europe. Dans l’ensemble, l’équipe a observé un degré élevé de personnalisation : au total, 25 configurations techniques uniques et 15 configurations différentes de budgets participatifs ont été identifiées. La diversité des composants de budgets participatifs intégrés à Decidim dans chaque cas met en lumière les nombreuses façons dont le budget participatif peut être mis en œuvre, même en utilisant un logiciel unique, la plupart des processus de budget participatif étant conçus comme centrés sur l’individu. Il ne semble pas y avoir de manière « optimale » de paramétrer un budget participatif, même avec la même plateforme et le même choix de composants. De plus, l’équipe a observé des cas de faible ouverture qui ont été facilités par les configurations, car les composants de suivi ont été peu utilisés dans bon nombre de ces processus budgétaires. Les résultats soulignent comment la configuration influence la politique : elle impacte les rôles des citoyens, et certaines configurations courantes peuvent même contrecarrer les valeurs fondamentales du budget participatif. Par conséquent, les chercheurs mettent en garde les développeurs de civic tech : il convient de réfléchir attentivement aux éléments de la démocratie qui doivent être disponibles pour personnaliser les configurations gouvernementales et à ceux qui sont si essentiels à la démocratie qu’ils doivent être imposés par la conception même des outils.

Rétrospective 2023 et prospective 2024

Rétrospective 2023 et prospective 2024

C’est avec détermination et conviction que nous avons œuvré toute l’année dernière à vous offrir des outils toujours plus éthiques ainsi qu’un accompagnement taillé sur mesure pour répondre au mieux à vos besoins. Nous entamons cette nouvelle année avec la même envie et nous vous partageons pour cela notre rétrospective 2023 et nos projections 2024. Que ce soit du côté de Decidim ou de notre équipe, cette nouvelle année promet d’être passionnante ! Bonne lecture 😉

Les moments forts de 2023

Decidim reconnu comme bien public numérique

Decidim a été ajouté au registre DPG de l’Alliance des biens publics numériques. L’objectif de cette alliance et de son registre est de promouvoir les biens publics numériques afin de créer un monde plus équitable. Le fait d’être reconnu comme un bien public numérique accroît la visibilité, le soutien et l’importance des projets ouverts qui ont le potentiel de relever les défis mondiaux. Pour devenir un bien public numérique, les projets doivent répondre à la norme DPG afin de s’assurer que les projets intègrent véritablement les principes open source.

Decidim, parmi les 6 finalistes du prix OSOR décerné par la Commission européenne

La Commission européenne a décerné à Decidim le prix de la réalisation Open Source dans le secteur public de l’Union européenne (EU Public Sector Open Source Achievement Award). La cérémonie de remise des prix, qui s’est tenue à Bruxelles le 21 novembre dans le cadre de l’événement OSOR Turns 15 : From Pioneering to Mainstreaming Open Technologies in Public Services, a récompensé les six meilleures solutions et initiatives en matière de logiciels libres et d’open source créées par ou pour les administrations publiques en Europe, parmi 101 propositions provenant de 23 pays.

Naissance de notre revue OSP Explore

Nous y pensions depuis longtemps, c’est maintenant fait ! Nous avons publié au printemps dernier le premier numéro d’« OSP Explore », la revue d’Open Source Politics sur les innovations démocratiques et la participation citoyenne. Cette brochure explore les moyens de promouvoir l’engagement citoyen et la démocratie participative par des outils numériques. Elle présente en outre nos réflexions et résultats sur l’usage et le développement de ces outils, et de leur capacité à permettre aux citoyennes et citoyens de s’informer, d’exprimer leurs opinions et de participer aux processus de prise de décision.

Le deuxième numéro traitera de la gamification – ou ludification – et de ce qu’implique une « participation en ligne efficace » ainsi que les critères permettant de mesurer et de soutenir le succès d’un dispositif participatif.

OSP à Sciences Po

Depuis trois ans, des membres de l’équipe animent le temps d’un semestre un cours à Sciences Po autour de la question des innovations démocratiques et consultations citoyennes. Le concept est de permettre aux étudiants de Master de se mettre en situation d’organiser des démarches participatives qui ont du sens en se posant les bonnes questions.

Les développements réalisés en 2023 par Open Source Politics pour Decidim…

Notre équipe technique a travaillé sur de nombreux projets tout au long de l’année pour améliorer les fonctionnalités de nos plateformes et leur performance. Certaines de ces améliorations ont pour but de simplifier et d’améliorer l’expérience de celles et ceux qui gèrent les projets participatifs (également connus sous le nom de back-office), tandis que d’autres visent à améliorer l’expérience des utilisateurs et utilisatrices.

  • L’assistant de participation – qui vise à accompagner les administrateurs et administratrices de Decidim dans la prise en main du back-office de leur plateforme participative.
  • Le module homepage proposals – qui permet de voir et filtrer des propositions depuis la page d’accueil.
  • Le module slider – qui permet la réalisation de carrousel sur la page d’accueil.
  • Le module private proposal fields – qui permet d’intégrer des champs privé dans les formulaires de dépôt de propositions afin de récupérer les données des porteurs de projets par exemple.
  • Le module custom proposal states – qui permet d’avoir plusieurs champs dans un formulaire de proposition.
  • Le module multiple survey answers – qui permet de recevoir plus d’une réponse par utilisateur à un questionnaire si les responsables de l’administration le permettent.
  • Le module half-sign-up – qui permet de se créer un compte plus rapidement pour voter dans le cadre du budget participatif*.

*La ville de New York, via sa Commission de l’Engagement Civique, a cofinancé cette dernières fonctionnalités qui est maintenant disponibles pour la communauté Decidim. Chez Open Source Politics, nous sommes fermement convaincus que la communauté est une force motrice. Vos idées ne sont pas seulement les bienvenues, elles sont essentielles. Que vous utilisiez quotidiennement nos solutions, que vous soyez une institution partenaire, ou que vous fassiez simplement preuve de curiosité, votre point de vue peut contribuer à façonner le Decidim de demain. Rejoignez-nous sur notre feuille de route ouverte et participez à l’évolution de ce commun numérique !

et ceux qui arrivent cette année

En avant-première, découvrez quelques-unes des nouveautés à venir. Ces améliorations incluent notamment une inscription et une connexion plus fluide aux plateformes Decidim, la mise en place de dispositif d’enquête publique et la publication de proposition anonyme.

  • Le module friendly signup 2.0 – une fonctionnalité qui simplifiera encore plus l’expérience d’inscription et de connexion.
  • Le module anonymous proposals – pour pouvoir déposer une proposition anonyme si l’administration le permet.
  • Le module budget category quotas – pour pouvoir mettre des quotas de vote minimal ou maximal sur certains types de projets.

Nos autres projets pour 2024

La rencontre du Club Open Source Politics

Découvrez notre nouveau format d’événement qui invite à discuter de l’avenir de la démocratie sur Internet. L’objectif est de partager des outils, des expériences et des idées pour relever les défis qui se situent à la croisée des chemins entre les mondes du numérique et de la démocratie. Notre équipe est convaincue qu’un environnement numérique éthique, adapté aux usages démocratiques d’aujourd’hui et de demain, doit être élaboré avec les personnes concernées par sa mise en place et son utilisation. C’est pourquoi nous vous invitons à participer à notre événement phare qui se tiendra tout l’après-midi du jeudi 4 avril 2024. Si vous vous posez des questions sur l’avenir de la démocratie sur Internet, inscrivez-vous dès maintenant !

L’intégration du nouveau design de Decidim sur nos plateformes

Comme annoncé plus tôt l’année dernière, deux nouvelles versions du logiciel arrivent dans les prochains mois. La version 0.28 apporte une profonde refonte graphique de l’interface de Decidim. Sortie en toute fin décembre, elle est étudiée par notre équipe technique durant ce premier semestre 2024 pour une application aux plateformes de notre clientèle à partir de cet été. Après la refonte du design, la version 0.29 inclura de nombreuses améliorations fonctionnelles et sera déployée assez rapidement dans la foulée.

Alors il est vrai que l’on vous parle de ces nouvelles versions depuis plusieurs mois déjà, mais la refonte d’une plateforme complexe n’était pas une tâche simple. Comme le veut le contrat social de Decidim, l’objectif est d’améliorer continuellement la couche technique pour en faire le meilleur outil technopolitique possible. Nous profitons de cet article pour remercier l’ensemble de la communauté Decidim pour tout le travail effectué ces derniers mois 💙

Merci

L’équipe d’Open Source Politics tient à exprimer toute sa reconnaissance et sa gratitude à l’ensemble de ses client·es, partenaires et sympathisant·es. Votre soutien, pour les plus anciens depuis plus de sept ans, nous touche profondément et nous motive à aller toujours plus loin. Nous sommes ravi·es de savoir que notre expertise et nos convictions rencontrent un écho favorable auprès de vous. Cela nous pousse à maintenir notre niveau d’engagement et à constamment améliorer notre travail pour répondre à vos attentes.

Comment se développe (ou non) un commun numérique ? Le témoignage de Ronan Chardonneau pour Matomo

Comment se développe (ou non) un commun numérique ? Le témoignage de Ronan Chardonneau pour Matomo

Pour ce premier épisode de notre série qui s’intéresse au développement des communs numérique, nous avons interrogé Ronan Chardonneau, formateur indépendant sur la solution libre Matomo depuis 2010. Auteur de nombreux ouvrages en analyse d’audience, dont Matomo Analytics, il est l’un des co-organisateur du MatomoCamp. Parallèlement à cela il a été maître de conférences associé en marketing digital à l’IAE Angers jusqu’en août 2023 mais aussi expert international en logiciels libres auprès du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

Bonne lecture !

Avant d’aller plus loin, Matomo, quésaco?

Anciennement nommé Piwik jusqu’en 2018, Matomo est un logiciel libre et open source de mesure de statistiques web, conçu pour être une alternative libre à Google Analytics. C’est par ailleurs une des solutions que nous utilisons pour nourrir nos tableaux de bord Metabase et ainsi fournir à notre clientèle, différents type de données afin qu’elle puisse évaluer l’ensemble du parcours utilisateur de toutes celles et ceux qui visitent leurs plateformes Decidim de participation citoyenne.

Pour commencer, comment définiriez-vous la notion de commun ? de logiciel libre ?

« À mon sens, un commun est un bien qui appartient à tous. Pour moi, un logiciel libre est un commun, c’est-à-dire un logiciel qui appartient à tous ».

Comment Matomo est-il né et comment est-ce que vous contribuez à ce projet ? 

« Matomo est né de la frustration d’un Français nommé Matthieu Aubry, qui ne trouvait pas d’alternatives libres à Google Analytics en 2005. En réalité, il avait déjà des connaissances en analyse de données statistiques, car il avait déjà créé une solution plus artisanale (phpMyvisites) par le passé. Je contribue beaucoup à Matomo, notamment sur la partie communication. En fait, il est difficile pour un marketeur de se faire une place dans le domaine de la contribution à un logiciel libre, car on imagine qu’il n’y a que sur le code que l’on peut aider. En réalité, n’importe qui peut aider au développement du logiciel. Dans mon cas, j’adore réaliser des vidéos de formation, des Moocs, rédiger de la communication, créer des événements, rechercher des conférenciers pour parler de méthodes d’usage. C’est ce que je fais pour Matomo. On parle beaucoup des influenceurs dans les actualités, et bien rien n’empêche d’être influenceur pour des logiciels libres ».

Comment avez-vous été amené à travaillé dans le monde de l’open source ? 

« Mon père travaillait dans la police au moment où OpenOffice a été mis en place, j’ai alors été tout naturellement sensibilisé à l’univers des logiciels libres. Il y a eu ensuite le lancement d’Ubuntu et le fait que l’ordinateur que j’utilisais à l’époque et qui était sous Windows, ne soit plus fonctionnel. C’est alors que j’ai découvert les install-party grâce à une association libriste. Depuis le jour où j’ai eu un système d’exploitation sous GNU/Linux, je n’ai plus réussi à en changer. Tout le reste me paraissait illogique. Lorsque j’ai cherché mon premier emploi en tant que responsable marketing digital en 2009, j’ai été séduit par la première entreprise qui mettait en avant son utilisation et son amour du logiciel libre. Un an plus tard, je découvrais Matomo, une solution beaucoup plus enrichissante sur le plan intellectuel que Google Analytics, sur lequel j’étais compétent mais lassé ».

Quelles sont les fausses idées/croyances auxquelles vous êtes confronté dans votre travail de formateur à un logiciel libre ?

« Dans mon cas précis, les nouveaux utilisateurs confondent souvent Matomo avec Google Analytics, en matière de fonctionnalités et de coûts, ce qui les déçoit souvent… En effet, Matomo est un logiciel serveur, ce qui implique un coût d’hébergement et une exigence en matière de puissance du serveur. Les utilisateurs de Google Analytics ne le remarquent pas car des entreprises comme Google utilisent un modèle économique basé sur l’exploitation des données utilisateur. Malheureusement, on ne leur présente pas l’exploitation concrète qui est faite de leurs données.

Personnellement, je pense que l’offre de service basée sur ce modèle économique est diabolique car elle joue sur l’ignorance du consommateur. C’est le cas de Gmail, Google Drive, etc. Comment peut-on être compétitif sur ce terrain, lorsque la notion de coût est souvent le premier critère de choix ?

En ce qui concerne les fonctionnalités, cela est un peu lié au premier critère. Un logiciel libre se développe grâce à sa communauté. Si la communauté est moins forte que celle des utilisateurs du concurrent et/ou celle des employés de la structure concurrente, il est certain que nous n’aurons pas les mêmes avancées technologiques.

Pour pallier cela, il faut expliquer aux clients que l’utilisation d’un logiciel libre nécessite du temps, des efforts et de la R&D, et qu’il s’agit d’un actif important pour l’entreprise/la structure. Mon problème est que les nouveaux utilisateurs ne voient pas cet aspect-là, ils veulent tout, tout de suite et pour un coût égal à 0. Il faut donc faire preuve de pédagogie, trouver les bons exemples et mettre en évidence les réalités sociétales. Ce n’est pas facile car cela nécessite de leur part de se projeter et de réaliser que les logiciels libres sont bien plus durables. En fait, il suffit de regarder les statistiques sur les parts de marché des systèmes d’exploitation pour comprendre le fossé abyssal qu’il nous reste à combler en matière d’éducation ».

Quelles sont les difficultés spécifiques au bien commun numérique qu’est le logiciel libre ? 

« Je n’ai plus la phrase exacte, mais dans son livre biographique, Linus Torvalds explique que la plupart des individus trouvent les ordinateurs ennuyants. Nous voudrions utiliser l’outil, qu’il nous donne un résultat, mais sans pour autant se soucier de son fonctionnement.

Aujourd’hui, si on y regarde de plus près de manière honnête, le logiciel libre penne à percer. Il suffit d’ailleurs de prendre un terme tel que celui de l’« open source », on reste étonné de voir le peu de gens qui savent réellement ce que cela signifie. Je pense que si on veut que le logiciel libre perce et devienne une référence, il faut éduquer la population. Il n’est pas normal que, dans l’éducation nationale par exemple, on utilise des ordinateurs qui utilisent Microsoft Windows. C’est pour moi doublement dommageable. Cela « biberonne » les plus jeunes à l’utilisation de solution propriétaires opaques et cela fait une publicité grandiose de ces outils à l’échelle nationale. Ce n’est pas un cadeau. De l’éducation découle naturellement beaucoup d’autres notions, mais de manière générale tant que nous n’aurons pas plus d’utilisateurs de logiciels libres, il nous sera impossible d’inverser la tendance ».

Pour aller plus loin, voir la conférence TEDx de Ronan Chardonneau

Lancement de Nets4Dem, le nouveau réseau européen et global de démocratie

Lancement de Nets4Dem, le nouveau réseau européen et global de démocratie

Face à la fragmentation du savoir, de l’expertise et des acteurs de la participation citoyenne, Nets4Dem répond au besoin de relier les réseaux et ressources existants. Open Source Politics a accepté le défi de piloter la mise en place de l’infrastructure participative, en tant que membre du consortium Nets4Dem : une opportunité pour une utilisation ambitieuse de Decidim pour la gouvernance interne pour des organisations à vocation démocratique.  

Innover la démocratie européenne – ensemble

Du 9 au 11 octobre 2023 à Bruxelles, nous avons participé à l’événement de lancement du consortium Nets4Dem, dont l’objectif est de répondre au défi de fédérer l’écosystème de la démocratie participative à l’échelle européenne et globale en profitant des réseaux et ressources existants. Afin de contribuer à l’émergence de ce « réseau de réseaux », nous avons intégré depuis fin 2022 ce projet Horizon Europe en tant que membre de plein droit avec, parmi d’autres, une mission principale : doter les futurs membres d’un point d’entrée en ligne qui leur permette d’assumer un rôle protagoniste dans la prise de décision et l’animation du réseau. Cet espace participatif sera déployé à partir du logiciel Decidim, un choix délibéré du consortium en faveur du logiciel libre et open source.

Network of Networks for Democracy – Nets4Dem

Nets4Dem est un projet européen de création et de développement d’un réseau européen de praticiens et de chercheurs dans le domaine de la démocratie, de la délibération civique, de la participation et de l’éducation à la citoyenneté. Conscients qu’un écosystème existe déjà, Nets4Dem construit sa stratégie sur une approche de « réseau de réseaux » : en substance, le but du projet consiste à « tisser » des liens plus nombreux et plus efficaces entre les acteurs existants et les réseaux déjà actifs dans le domaine de la démocratie au sens large, en tirant parti des forces de chacun et en réduisant la duplication. Plus spécifiquement, Nets4Dem a vocation à :

  • Relier le(s) savoir(s), aujourd’hui dispersés, sur les innovations démocratiques ;
  • Soutenir à l’élaboration des politiques et renforcer les capacités des acteurs existants (capacity building) pour avoir un impact social durable ;
  • Formuler des recommandations politiques applicables à tous les niveaux de gouvernance ;
  • Soutenir l’applicabilité de ces recommandations à court et long terme ;
  • Bâtir l’infrastructure démocratique nécessaire pour appuyer le réseau ;
  • Disséminer le savoir et les ressources produits par les acteurs du réseau, et les maintenir pour assurer leur pertinence dans le temps.

Le réseau primaire (le consortium) rassemble 12 organisations, largement interconnectées qui ont une expertise de longue date en matière d’innovation démocratique dans un large éventail de domaines (y compris la démocratie numérique, l’État de droit, le changement climatique, ainsi que l’approche culturelle et créative) :

  • Association transeuropéenne d’études politiques (TEPSA)
  • Centro de Estudos Sociais (CES)
  • Coglobal
  • Democracy Reporting International (DRI)
  • Demos Helsinki
  • Eurocities
  • Institut Egmont – Institut royal des relations internationales (Egmont)
  • Institut za filozofiju i društvenu teoriju, Univerzitet u Beogradu (IFDT)
  • Open-Source Politics
  • Partenariat européen pour la démocratie (EPD)
  • People Powered
  • Société démocratique (DemSoc)

Profitant chacune au mieux de ses domaines d’expertise, ces organisations ont comme mission le lancement des différents chantiers de mise en place d’une infrastructure qui permette l’émergence d’un réseau utile et durable. 

Une mention spéciale pour le réseau People Powered, qui assure la dimension globale du projet outre les frontières de l’Europe. Basé aux États-Unis, ce réseau rassemble des acteurs à l’échelle mondiale portant des projets participatifs d’avant-garde. OSP est un partenaire de People Powered depuis 2021 et les deux ont travaillé ensemble dans plusieurs projets comme par exemple, la plateforme participative du réseau ou la participation de Valentin Chaput, co-fondateur et directeur général d’Open Source Politics, en tant que mentor de leur programme Digital Democracy Accelerator.

Le rôle d’Open Source Politics dans le consortium Nets4Dem

Depuis le début du projet, le consortium a spécifié que la gouvernance du projet devait être démocratique et inclusive : une fois constitué, les membres du réseau devraient avoir à leur disposition une infrastructure les rendant capables de participer à la prise de décisions et d’exercer au mieux leur pouvoir d’initiative. C’est pour cela que nous avons été appelé à joindre le consortium fin 2022 en tant qu’intégrateur numéro 1 de Decidim, logiciel de participation libre et open source. De plus, nous avons une expérience privilégiée de part notre participation dans plusieurs projets à l’échelle européenne : nous avons travaillé sur les plateformes participatives des institutions européennes, notamment pendant la Conférence sur l’avenir de l’Europe, mais aussi des organisations comme Renew Europe et d’autres projets Horizon comme le Real Deal. 

Bien que Decidim ait été conçu comme un réseau social de démocratie, les démarches qu’il soutient souvent répondent à des dynamiques descendantes, pilotées par des collectivités. En revanche, la plateforme participative à déployer pour Nets4Dem doit permettre un protagonisme horizontal de tous les membres dans les trois piliers essentiels : la gestion de projet, la délibération et la fédération autour du réseau. En ce sens, ce projet représente une opportunité pour l’utilisation ambitieuse d’un maximum de modules à disposition de la communauté. 

Si l’architecture finale de la plateforme a vocation à évoluer, quelques pistes ont été déjà élucidées : en l’espèce, la plateforme pourra combiner des espaces internes transparents pour les différentes unités de travail, auxquels les membres pourront être invités à participer selon leurs différents engagements, puis des espaces transversaux plutôt orientés vers la délibération générale. Ces espaces pourront être associés de façon matricielle selon les besoins et le public de chaque processus, et seront dotés de fonctionnalités de propositions, débats, votes, sondages, suivi, blogs, etc. Ces fonctionnalités pourront agir comme des outils de candidature, de validation, d’annuaire, de reddition de comptes, des espaces de question/réponse avec des experts, entre autres solutions créatives, au-delà de leur utilisation prévue lors de leur conception.

L’objectif de cette configuration est de permettre ainsi une gestion décentralisée des différents processus délibératifs, en octroyant des droits d’administration de chaque espace à des organisations intéressées par l’animation de ceux-ci. En même temps, les fonctionnalités de type « communautaire » (messagerie, notifications, groupes privés de discussion, etc.) auront vocation à favoriser l’émergence d’une habitude de participation chez les utilisateurs. Finalement, certains modules dédiés et la granularité des droits d’accès des espaces permettront aussi d’optimiser la transparence et le rendement de comptes vis-à-vis de la totalité des membres sur les délibérations et les décisions réservées au consortium. 

Au-delà de la plateforme Decidim, nous pilotons aussi deux autres chantiers concernant le remaniement de deux ressources en ligne existantes mises à disposition par People Powered : le Participation Playbook et le Online Resources Center, qui ont besoin d’être adaptés à leur nouvelle dimension européenne et globale (adaptation de leur structure, amélioration de l’expérience utilisateur et du design web).

Le lancement officiel

L’événement de lancement du réseau Nets4Dem est la cristallisation de plus d’un an de travail coordonné des membres du consortium depuis septembre 2022 et le début de la construction d’une réponse à l’appel à projets d’Horizon Europe. Du 9 au 11 octobre nous avons pu participer aux côtés d’une trentaine de partenaires aux discussions des différents groupes de travail et apporter notre vision pour chacun d’entre eux. De même, dans les chantiers où notre structure a un rôle central, nous avons pu profiter de l’expérience et des opinions du reste des membres du consortium.

Open Source Politics dans le cadre des missions du consortium participera aussi dans le suivi de la Conférence sur l’avenir de l’Europe, pilotée par Eurocities, en tant qu’ancien prestataire de l’institution. En outre, l’aide d’Open Source Politics a un intérêt spécial à être sollicitée dans tous les chantiers qui concernent la gestion de projet (articulation des outils et portails numériques du réseau, politique de transparence) qui ont une dimension délibérative (prise de décisions, réflexion) ou un caractère fédérateur (diffusion, sensibilisation, partage). Les différents chantiers auxquels nous participons activement sont déjà lancés et leurs livrables devraient tous être complétés avant la fin de l’année 2024.

Pour ne rien rater des prochaines avancées du réseau Nets4Dem et de notre implication dans le consortium, vous pouvez :

Retour sur la rencontre des membres du Digital Democracy Accelerator

Retour sur la rencontre des membres du Digital Democracy Accelerator

En photo, 5 des 6 mentors de la première promotion du Digital Democracy Accelerator : Tomas Rakos, Domenico Di Siena, Annie Cook, Valentin Chaput et Jon Stever (photo : ©People Powered).

Un programme signé People Powered

People Powered est un réseau global qui connecte depuis plusieurs années les personnes et organisations qui construisent des projets participatifs d’avant-garde à travers le monde. Parmi de nombreux programmes de partage et formation, People Powered a lancé cette année un double programme d’accélération de démarches de démocratie climatique et de démocratie digitale, intégré dans un nouvel outil d’élaboration et de suivi de démarches appelé Participation Playbook. Valentin Chaput, co-fondateur et directeur général d’OSP, a été choisi pour être l’un des 6 mentors du programme.

L’implication d’Open Source Politics

Open Source Politics est heureux du partenariat fécond engagé avec People Powered depuis trois ans. Nous avons mis en place une plateforme participative Decidim pour les discussions stratégiques de la communauté, nous participons à des projets européens et internationaux ensemble et à travers ce nouveau programme, nous allons contribuer au succès de nouvelles démarches : la conception d’un débat sur l’IA avec la communauté éducative de l’Université de Malaga et l’association CoGlobal, ainsi que l’émergence d’une culture participative dans les start-ups danoises et leurs relations avec les institutions en accompagnant l’association de dirigeants Danish Tech Startup.

Une rencontre berlinoise placée sous le signe du collectif

Les 7 et 8 novembre derniers, les membre de la promotion 2023 du Digital Democracy Accelerator se sont retrouvés à Berlin, pour deux jours de réflexions collective centrés sur les projets lauréats et leurs plans d’action initiaux. Au programme : lutte contre la désinformation, implication des jeunes dans l’élaboration des réglementations contre le harcèlement en ligne, développement d’une culture du logiciel libre dans les administrations publiques, organisation des premiers panels citoyens dans de nouveaux pays européens ou encore mise en place d’un dialogue mondial sur l’intelligence artificielle…

Lors de cet événement, nous avons eu le plaisir de retrouver nos partenaires de l’association Decidim, de Platoniq et de Missions Publiques, ainsi que les mentors qui nous inspirent depuis des années et les soutiens financiers sans qui un tel projet ne pourrait exister (Open Society Foundation et Bertelsmann Stiftung notamment).

Les leçons apprises

Avec les autres mentors du programme (Annie Cook de Decision Matters, Domenico Di Siena de DemSoc, Reema Patel d’Ipsos, Tomas Rakos de Participation Factory et Jon Stever d’Innovation For Policy), nous avons partagé de nombreuses leçons apprises sur les 5 continents au cours de la décennie écoulée.

Il faut repenser nos vies numériques

Alors que nos vies numériques ont été complètement privatisées et enfermées dans des bulles de confort qui influencent nos comportements au-delà de ce dont nous avons conscience, il faut concevoir de nouvelles politiques numériques et de nouveaux outils publics, centrés sur les besoins collectifs et la justice sociale.

Les outils numériques ne sont pas magiques

Leurs succès dépend de l’usage que l’on en fait et de notre capacité à atteindre des publics cibles diversifiés et éloignés des décisions et/ou des usages numériques. Pour cela, il est important de trouver le bon degré de simplicité d’usage et de complexité des politiques publiques à transformer, le bon alliage entre participation en ligne et hors ligne, et les modalités qui égalisent les participants entre eux.

Un équilibre entre consensus et controverse doit être trouvé

Il faut également trouver le bon équilibre entre des démarches délibératives (comme les assemblées citoyennes) qui tendent vers le consensus, et le besoin d’exprimer et explorer les controverses et la polarisation présentes dans la société. Les démarches doivent être plus créatives, fondées sur une réelle intelligence collective qui n’émerge que si nous alternons les phases de dialogue ouvert et de convergence.

La mise en perspective est primordiale

Il est important de mettre en perspective nos propres conceptions de ce que doit être une bonne démocratie, au regard de démarches très ambitieuses conduites dans des pays que l’on pourrait qualifier d’autoritaires, alors que certaines démarches ne sont que des artifices dans les pays occidentaux. La session de Jon Stever sur le co-design des innovations démocratiques au Rwanda et au Sénégal a ainsi été très appréciée. Au-delà des temps de travail, de passionnantes discussions ont confronté nos regards sur l’état – souvent préoccupant – des démocraties en Europe, aux États-Unis, en Amérique latine et en Afrique.

Rien n’est figé dans le marbre

Il est possible de répliquer des modèles, de reproduire des recettes, mais il est toujours nécessaire de les adapter pour des démarches sur-mesure, qui restent par nature expérimentales et peuvent donc échouer en raison de multiples facteurs externes difficilement prévisibles. Nous avons notamment évoqué l’impact des alternances politiques, qui peut remettre en cause de fragiles acquis en matière de culture de la délibération.

La participation citoyenne est efficace et audacieuse

La participation citoyenne apparaît particulièrement efficace sur les sujets très controversés pour lesquels la population se trouve généralement en avance sur une classe politique frileuse (mariage homosexuel, fin de vie) ou émergents et non régulés (l’IA est dans toutes les têtes en ce moment).

L’innovation ne fait pas tout

Enfin, et c’était peut-être le conseil le plus contre-intuitif et marquant pour nous, nous avons retenu la recommandation de Tomas et Domenico : il n’est pas nécessaire de mettre en avant le caractère innovant et démocratique des exercices participatifs que nous menons pour convaincre et embarquer des parties-prenantes qui veulent surtout prendre des décisions plus efficaces, obtenir des données plus précises, améliorer la gestion de leurs projets, produits ou services publics. Comme des héritiers modernes des personnages de Molière, ils finiront par s’apercevoir des plus-values de la participation dont ils vont faire l’expérience sans en avoir conscience.

Rendez-vous au printemps pour évaluer les avancées des projets de démocratie numérique et justice sociale que nous avons hâte de voir se concrétiser.

Pour aller plus loin, lire l’article rédigé par Melissa Zisengwe pour People Powered

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